Quelles sont les aides à la reconversion professionnelle ?

Fleur Chrétien

Marquée par la COVID-19, l’année 2020 a généré beaucoup de remises en question, notamment sur le plan professionnel. Nombreux sont les salariés à avoir envisagé un changement de poste, d’entreprise, de lieu de travail, voire même une toute nouvelle orientation professionnelle. Mais avec la question de la reconversion se pose nécessairement celle du financement, qui conditionne souvent la suite des projets professionnels. Est-il possible de se reconvertir tout en conservant son salaire ? Quelles sont les possibilités de prises en charge des coûts de formation ? Quelles sont les différentes aides et conditions pour les obtenir ? Découvrez les aides à la reconversion professionnelle auxquelles vous pouvez prétendre.
Quelles sont les aides à la reconversion professionnelle ?

Les aides à la reconversion professionnelle pour les salariés

En tant que salarié, vous bénéficiez de droits à la formation, dont des droits de financement.
Vous souhaitez faire une reconversion professionnelle pendant un CDI et voulez connaître les aides financières pour mener à bien votre projet ? Découvrez ci-dessous la liste des dispositifs d’aide à la reconversion professionnelle accessibles aux salariés qui envisagent de se reconvertir. 

Les aides à la reconversion des salariés avec maintien de salaire (et de contrat de travail)

Il existe quatre aides à la reconversion professionnelle des salariés permettant le maintien de salaire lorsque l'on est en poste :

  • Le Compte Personnel de Formation (CPF) :

Auparavant connu sous le nom de DIF, le CPF est un dispositif de financement public de la formation continue, destiné à tous les actifs qui souhaitent se former. Fonctionnant initialement sur la base d’un volume horaire de temps de formation (ne permettant alors que des formations courtes), le CPF a fait l’objet d’une réforme avec la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » du 5 septembre 2018.
Il fonctionne désormais sur le principe du cumul d’un montant en euros. Le salarié cumule 500€/an sur son CPF pour un emploi à temps plein, avec un plafond fixé à 5 000€.
L'avantage du CPF : pouvoir effectuer une formation tout en maintenant son salaire.

  • Le Plan de Développement des Compétences (PDC) :

Anciennement Plan de Formation, le PDC est à l’initiative et à la charge de l’employeur, dans le but de développer de nouvelles compétences au sein de l’entreprise. Il est donc nécessairement en rapport avec le secteur d'activité du salarié. Avec un PDC, le salarié conserve sa rémunération, et tous les frais supplémentaires sont à la charge de l’entreprise.

  • Le CPF de Transition Professionnelle (ancien CIF) :

Déclenché à l’initiative du salarié qui souhaite se reconvertir, le CPF de transition professionnelle est valable quels que soient le secteur d’activité et le métier choisis pour la reconversion. Sa mise en oeuvre requiert l’accord de l’employeur, et permet le maintien de la rémunération durant toute la durée de la formation. Celle-ci peut s’effectuer à temps complet ou à temps partiel, de manière continue ou discontinue.

  • Le Pro-A :

Pour combiner évolution professionnelle et maintien dans l’emploi sans perte de salaire, le Pro-A est une solution complémentaire au CPF et au PDC pour se former en alternance sur le temps de travail. Il peut être à l’initiative du salarié ou de l’employeur.

Les aides à la reconversion professionnelle pour les personnes en recherche d’emploi

Pour favoriser le retour à l’emploi des personnes en inactivité, nombreuses sont les aides à la reconversion professionnelle.

Les indemnités Pôle Emploi pour les salariés qui démissionnent et les demandeurs d'emploi

Vous estimez ne pas pouvoir combiner votre emploi actuel avec votre projet de reconversion professionnelle ? Si vous êtes à l’initiative de la rupture du contrat, et que celle-ci prend la forme d’une démission, vous pouvez depuis le 1er novembre 2019 bénéficier de droits à l’allocation chômage sous certaines conditions (jusque-là réservés aux licenciements et ruptures conventionnelles) :

  • Avoir un nouveau projet professionnel
  • Etre titulaire d’un contrat à durée indéterminée de droit privé
  • Justifier d’au moins 5 années d’activité salariée continue (1300 jours) dans les 60 mois qui précèdent la démission (congés sans solde, sabbatiques ou périodes de disponibilité non pris en compte)

A noter : cette ouverture de droit n’est possible que si votre employeur de droit privé n’est pas en auto-assurance.

Dans les autres cas (personnes en recherche d’emploi suite à un licenciement ou à une rupture conventionnelle), l’ouverture de droits au Pôle Emploi permet de bénéficier d’indemnités calculées sur la base de votre ancien salaire, pour une durée de 2 ans. Soit une aide financière non négligeable dans un projet de reconversion professionnelle impliquant une période de formation et d’absence de rémunération.

Les aides à la reconversion pour les demandeurs d’emploi

Un large éventail d’aides à la reconversion professionnelle vous permet d’être accompagné financièrement dans la concrétisation de votre nouveau projet professionnel. Pour y voir plus clair, découvrez ci-dessous l’ensemble de ces aides ainsi que les conditions requises pour en bénéficier.

  • Le Compte Personnel de Formation (CPF) : comme les salariés, les demandeurs d’emploi peuvent utiliser leur CPF durant leur période de chômage, et ainsi bénéficier d’un financement pour se former dans une perspective de reconversion professionnelle.
  • L’Aide de Retour à l’Emploi Formation (AREF) :  l’AREF s’adresse aux bénéficiaires de l’Aide de Retour à l’Emploi (ARE) qui suivent une formation Pôle Emploi dans le cadre du Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi (PPAE). Le montant est égal à celui de l’ARE de base, mais peut varier pour les salariés à temps partiel.
  • La rémunération des Formations de Pôle Emploi (RFPE) : dédiée aux demandeurs d’emploi qui ne sont pas ou plus éligibles aux aides telles que l’ARE, la Rémunération des Formations de Pôle Emploi (RFPE) est une indemnité versée par Pôle Emploi aux demandeurs d’emplois qui suivent une formation agréée (par le Pôle Emploi) dans le cadre de leur projet personnalisé d’accès à l’emploi.
  • L'Action de Formation Préalable au Recrutement (AFPR) : ouverte à toute personne inscrite à Pôle Emploi (qu’elle bénéficie, ou pas, d’indemnités chômage), l’AFPR est un financement de formation permettant au demandeur d’emploi d’acquérir les compétences requises pour un emploi visé ou proposé par le Pôle Emploi.
  • Préparation Opérationnelle à l’Emploi Individuelle (POE I) : la POE I a pour but de former un demandeur d’emploi inscrit au Pôle Emploi, sur des compétences requises pour une offre d’emploi déposée par une entreprise auprès du Pôle Emploi. Si le niveau requis est atteint à l’issue de la formation, l’entreprise est tenue à l’embauche.
  • Actions de Formation Conventionnées (AFC) : ce dispositif de formation pris en charge par le Pôle Emploi permet d’ajuster les compétences d’une personne aux besoins du marché du travail.
  • Aide Individuelle à la Formation (AIF) : cette aide s’adresse aux demandeurs d’emploi, aux personnes en CRP (Convention de Reclassement Personnalisé), en CTP (Contrat de transition professionnel) ou en CSP (contrat sécurisation professionnelle). Elle permet de financer une formation non couverte par d’autres dispositifs de financement.
  • Préparation Opérationnelle à l'Emploi Collective (POE C) : cette aide, qui s’adresse à toute personne inscrite au Pôle Emploi, permet de former aux métiers pour lesquels il existe une pénurie de compétences sur le marché.
  • Chèque Formation : cette aide du Conseil Régional permet de suivre une formation professionnelle, à l’issue de laquelle le demandeur d’emploi obtient un diplôme ou un titre professionnel enregistré au Répertoire national des certifications (RNCP) ou éligible au Compte personnel de formation (CPF).
  • Rémunération de Fin de Formation (RFF) : pour les demandeurs d’emploi arrivant en fin de droit durant leur formation pour reconversion, ce dispositif permet de prolonger la prise en charge du Pôle Emploi jusqu’à la fin de la formation.
Fleur Chrétien
Fleur Chrétien

Formée au journalisme et à l’édition, Fleur commence sa carrière chez Hachette Livre au département jeunesse. Après Bécassine et Franklin, elle s’immerge dans l’univers du luxe en agence de communication. Très vite, le digital devient incontournable. Petites agences et jolis clients - Harry Winston, Benjamin de Rothschild, l’Atelier BNP Paribas, Yann Arthus-Bertrand - permettent d’alterner réflexions stratégiques et création de contenu innovant. En 2010, Fleur fait le choix de l’indépendance. Elle se concentre alors sur son cœur de métier : donner du sens par le contenu. Cadremploi figure parmi ses heureuses collaborations.

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