Qu’est-ce qu’une entreprise agile ?

Publié le 16 septembre 2020 Mathilde Hardy

L’agilité est une méthode de travail qui est aujourd’hui sur toutes les lèvres dans les entreprises. Si l’agilité en entreprise s'est au début illustrée dans un environnement très digital, elle est dorénavant revendiquée par toutes les entreprises, peu importe sa taille (une start-up ou une entreprise traditionnelle) ou son domaine d’activité. Révolutionnaire pour certaines d’entre elles, car elle place la satisfaction du client au cœur de son organisation, l’agilité demande un peu de temps pour être mise en place. Qu’est-ce qu’une entreprise agile ? Cadremploi vous informe et vous livre le décryptage de spécialistes du management.
Qu’est-ce qu’une entreprise agile ?

Comment définir l’agilité ?

Pour Michel Fender, professeur affilié à HEC et co-fondateur du programme Humanité et Performance à l’ICP, « l’agilité est la capacité à changer d’état dans un temps limité, en fonction de différents facteurs ». Pour le dictionnaire Larousse, l’agilité est la capacité à se mouvoir avec légèreté et souplesse.

La méthode Agile est l’héritière de ces définitions. Appliquée par petites touches dans les entreprises dans un premier temps, c’est finalement un fonctionnement entièrement agile qu’elles recherchent dorénavant.

À noter : attention à ne pas confondre agilité et flexibilité ! « La flexibilité va de soi : il s’agit de s’organiser autrement quand le contexte vous y oblige. L’agilité est beaucoup moins naturelle ! Elle consiste à changer sa façon de faire, mais également son comportement en fonction d’un contexte donné », précise Karim Benameur, enseignant-consultant à Grenoble EM.

Et l’agilité en entreprise ?

L’agilité est une compétence concrète dans les entreprises. C’est la capacité de ces dernières à s’adapter rapidement et efficacement à des changements. Mais, elle ne s’acquiert pas du jour au lendemain. Elle nécessite une transformation en profondeur de son état d’esprit, mais aussi de ses pratiques.

Une entreprise agile adopte une culture agile

Pour devenir agile, l’entreprise doit modifier en profondeur son état d’esprit et adopter une véritable culture agile pour remporter l’adhésion de tous les collaborateurs.

Concernant son état d’esprit, l’objectif principal de l’entreprise ne doit plus uniquement être la quête de productivité. Le curseur se déplace aussi vers la satisfaction du client, au cœur de sa stratégie agile. Les équipes vont devoir apprendre à s’adapter et à réagir rapidement aux demandes des clients. En clair, même si un développement/une amélioration ne fait pas gagner beaucoup de clients mais qu’elle a un impact positif sur son image, c’est favorable à l’entreprise.

Une entreprise agile adopte un fonctionnement agile

Pour devenir agile, l’entreprise doit mettre en place des pratiques spécifiques :

  • Une organisation agile : la collaboration pluridisciplinaire doit devenir la norme. La réussite d’une entreprise agile passe par la création d’équipes composées de compétences différentes. Tous les services peuvent être amenés à travailler en mode projet.
  • Des cycles courts de travail doivent être mis en place (on parle de sprint d’une à deux semaines la plupart du temps), ce qui permet de livrer rapidement les projets/produits. Une expression de besoin est réalisée, le sprint débute, des points réguliers sont réalisés et les équipes avancent par itération avec une approche incrémentale. Ce fonctionnement permet d’avoir un produit fonctionnel, à périmètre minimum. On parle de MVP (Minimum Viable Product).
  • Un management agile : l’autonomie et la confiance envers les équipes doivent être au cœur du management agile, mené par un manager agile. Le management transversal est beaucoup utilisé.
  • Une innovation favorisée pour se réinventer en permanence et ne pas stagner sur ses acquis.
  • Une remise en question perpétuelle de ce qui est réalisé. L’environnement et les attentes des clients sont en constants changements. L’entreprise doit être capable de se remettre en question et d’apporter des modifications à ce qu’elle livre. L’agilité en entreprise permet de travailler par itérations. Les équipes agiles procèdent par test pour évaluer la pertinence de leur réponse ou bien pour tester différentes solutions, avant de généraliser la meilleure.
  • Le droit à l’erreur : les salariés agiles ne doivent pas travailler sous la menace de représailles en cas d’erreur. L’erreur est possible. Et est acceptée par la hiérarchie, si elle est constructive.
  • L’utilisation d’outils favorisant le fonctionnement agile : par exemple, Jira, Trello, Slack, Teams, Google Analytics…

L’agilité est-elle une nécessité pour les entreprises ?

« Depuis une vingtaine d’années, on est en train de passer d’un modèle de société de consommation de masse à un modèle beaucoup plus individualisé », observe Jérôme Barrand, responsable de l’Institut d’Agilité des Organisations (IAO) de Grenoble Ecole de Management. Dans les entreprises, cette évolution se traduit par l’abandon du système pyramidal, qui gérait la production de masse. « Les organisations ont besoin de développer leur capacité de mouvement pour faire face à l’incertitude », affirme le spécialiste de l’agilité.

Sans compter que, sur la même période, on s’est rendu compte que les ressources de notre planète n’étaient pas infinies. « Cela a introduit une notion de responsabilité plus forte dans notre société et pousse les entreprises à développer un esprit plus collectif », analyse Jérôme Barrand.

Jean-Michel Caye, directeur associé senior chez Boston Consulting Group abonde dans ce sens : « en vingt ans, la complexité des entreprises a été multipliée par 35 et celle de l’environnement par six ! Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que les organisations se penchent aujourd’hui sur la question de l’agilité ! ».

Et si elles ne le font pas ? Que risquent-elles ? Tout simplement de disparaître. « C’est un processus très darwinien, estime Michel Fender, les entreprises qui ne sont pas capables de se remettre en question meurent. Regardez Kodak, qui était un géant dans son secteur. Il a pourtant été balayé en quelques années avec l’arrivée du numérique, auquel il n’a pas su s’adapter ».

Propos recueillis par Marion Senant

Mathilde Hardy
Mathilde Hardy

Après l'obtention du diplôme d'avocat, je me suis tournée vers l’édition et la production de contenus print et web pour différents Médias. Je suis aujourd'hui en charge de la rubrique Conseils du site Cadremploi. À ce titre, je rédige des articles afin d'accompagner les candidats à l'embauche et leur permettre de décrocher l'emploi de leurs rêves. J'informe également les cadres sur tout ce qui touche de près ou de loin au monde du travail.

Vous aimerez aussi :