Réussir une séance de brainstorming

Fleur Chrétien

Vous avez besoin d’insuffler des idées innovantes dans votre entreprise, de développer de nouvelles pratiques pour remotiver les troupes ou d’explorer de nouveaux process pour faire face à la concurrence ? Et si vous sollicitiez la matière grise qui vous entoure en organisant une session de brainstorming ? Loin d’être réservé aux métiers créatifs, le brainstorming est de plus en plus prisé dans le cadre professionnel. Cadremploi vous en dit plus sur ce qu’est le brainstorming et comment le mettre en œuvre.
Réussir une séance de brainstorming

Qu'est-ce que le brainstorming ? 

Littéralement traduit par remue-méninges, le brainstorming est une technique créative qui s'appuie sur le collectif. L’idée : réunir plusieurs cerveaux pour réfléchir ensemble à des solutions innovantes, voire disruptives, sur un sujet donné.

Les problématiques de base peuvent être variées : un problème de management, un besoin d’optimisation des process ou le lancement d’une nouvelle offre.

La séance de brainstorming permet ainsi de laisser libre cours à l’imagination de collaborateurs aux expertises variées, pour aller explorer de nouvelles voies.  

Le brainstorming est une technique aujourd’hui utilisée dans tout type de structure - de la startup aux grandes entreprises - et dans tout type de service - R&D, commercial, marketing, RH.
À l’origine, cette méthode provient de l’univers de la publicité puisqu’elle a été théorisée en 1939 par Alex Osborn, alors vice-président de l’agence de publicité new-yorkaise BBDO.  

Comment faire un brainstorming efficace ? 

Contrairement aux idées reçues, le brainstorming nécessite d’être structuré et piloté pour être efficace. Si la réunion de brainstorming repose sur un principe de créativité, il est toutefois nécessaire d’y mettre de l’ordre afin de rendre le résultat du brainstorming exploitable.  

Étape 1 : définir l'objectif de la séance de brainstorming 

  • Quel est le problème à résoudre ?
  • Quel est le sujet exact ?
  • Pourquoi a-t-on besoin de trouver des solutions innovantes sur cette question ?

Avant de solliciter le temps et l’énergie de plusieurs collaborateurs, il est essentiel de définir vos attentes par rapport à la réunion de brainstorming. Ce point de départ permettra de bien la préparer en amont, et de bien la piloter dans son déroulé. Un bon brief de départ garanti un brainstorm satisfaisant.  

Étape 2 : définir le nombre de participants pour un brainstorming efficace 

Ni trop, ni trop peu : puisqu’un brainstorming repose sur le partage et l’extrapolation d’idées, un nombre minimum de participants est requis. Mais pour pouvoir laisser la parole à chacun, il faut également veiller à ne pas avoir un groupe trop important. Le nombre idéal de participants se situe entre 8 et 12, à ajuster en fonction des conditions dans lesquelles se déroule le brainstorming.  

Étape 3 : sélectionner des participants aux profils variés et motivés  

La diversité et la complémentarité des profils fait toute la richesse d’un brainstorming. Parmi les collaborateurs, choisissez ceux qui possèdent des expertises, des parcours et des expériences différentes. Et qui sont motivés.

Vous pouvez par exemple convier des collaborateurs non cadres, dont le point de vue sera différent de celui des managers. Et si vous souhaitez vraiment ouvrir les perspectives, pourquoi ne pas convier des personnes externes à l’entreprise, partenaires ou fournisseurs de confiance par exemple ? 

Étape 4 : expliquer l’objectif et les règles du jeu du brainstorming

 Pour mener à bien une séance de brainstorming, il est important de présenter vos objectifs à l’ensemble des participants. Car eux aussi doivent comprendre l’enjeu de la réunion.

Les règles du brainstorming doivent également être clairement énoncées : la durée de la séance, les étapes, la nécessaire implication des participants, l’écoute active, l’attitude constructive, la formulation positive des remarques, l’interdiction de jugements de valeurs. Chacun doit pouvoir s’exprimer librement : c’est la condition sine qua non pour permettre une réunion efficace

Étape 5 : l’idéation au cœur du brainstorming 

L’idéation correspond à la phase de production d’idées. Cette étape de travail est encadrée par un animateur qui lance le débat, l’anime, modère les participants et synthétise les idées.

Pour jouer ce rôle d’animateur/modérateur, il est possible de faire appel à un professionnel externe à l’entreprise. Ou de le gérer soi-même en tant que manager, sous réserve d’être bien préparé à la méthodologie du brainstorming.

Pour favoriser la créativité des équipes, l’idéal est de travailler dans un environnement stimulant éloigné du quotidien. Voire même de prévoir une journée dédiée qui permettra aux collaborateurs d’être pleinement présents et concentrés sur le process créatif.  

Étape 6 : faire une synthèse de brainstorming pour un brainstorming efficace 

Le brainstorming se pense en 2 étapes :

  • une première phase créative qui consiste à mentionner toutes les idées qui viennent en tête (en s’éloignant parfois du réel et du sujet de base).
  • Et une deuxième phase qui consiste à sélectionner les idées les plus en phase avec la réalité ; l’objectif étant d’aboutir à une solution.

La synthèse du brainstorming et la création de la solution sont ensuite partagées au groupe.  

Étape 7 : vérifier et évaluer la solution issue du brainstorming 

Le test de la solution par sa mise en œuvre effective permet d’en valider l’efficacité. Cette étape relève du rôle de l’initiateur du brainstorming, qui pourra partager le résultat de son évaluation avec l’ensemble des collaborateurs ayant participé à la réflexion initiale.  

Exemples de méthodes créatives du brainstorming

De nombreuses techniques existent pour animer un brainstorming. Ci-dessous quelques méthodes créatives couramment utilisées dans le cadre de réunions de brainstorming. 

La méthode de l’analogie

La méthode de l’analogie est une technique de brainstorming qui consiste à répondre à une problématique similaire, mais en se transposant dans un autre univers.

Par exemple : je souhaite lancer une crème anti-rides révolutionnaire. Plutôt que de réfléchir en me positionnant dans l’univers de la cosmétique, je me transpose dans celui de l’automobile en m’appuyant sur le lancement d’une nouvelle gamme de voitures électriques.  

La méthode du « Et si… »

Cette technique de brainstorming consiste à penser à la place de quelqu’un d’autre ou à se positionner dans un contexte différent. 

Par exemple : « Si j’étais Emmanuel Macron, quels critères prendrais-je en compte pour concevoir une crème anti-rides révolutionnaire ? ». 

La méthode du copier-réinventer

Il s’agit de reprendre l’existant et de le modifier.

Par exemple : « Je veux lancer un service haut de gamme de livraison de repas à domicile. Je prends le modèle Uber Eats et je l’upgrade en proposant des services complémentaires ». 

La méthode « Retour vers le Futur »

Imaginez-vous en 2040 et pensez votre offre (produit ou service) pour qu’elle soit adaptée aux nouveaux usages.

Par exemple : je lance un nouveau modèle de vélo électrique hybride entre le VTT et le vélo hollandais. Quels seront les modes de déplacement en 2040 ? Quels seront les critères de choix d’un vélo ? Bref, posez-vous les questions qui vous permettront d’apporter une solution visionnaire et durable. 

Une image et des mots

Le point de départ du brainstorming est une image sur laquelle chacun peut s’exprimer librement. Quels sont les ressentis ? Les idées qui viennent ? Les liens avec l’objectif fixé ?  

Les exemples d’outils et de supports pour brainstormer 

Pour stimuler la créativité des participants, vous pouvez également miser sur la diversité des supports, des outils et des modes d’expression : écrit, oral, dessin, collage, carte mentale (ou mind-mapping), post-its, tableaux, outils digitaux. Le brainstorming peut s’imaginer et se mettre en oeuvre de multiples façons. À vous d’opter pour celle qui vous semblera la plus efficace au vu de votre objectif et de vos participants.       

Fleur Chrétien
Fleur Chrétien

Formée au journalisme et à l’édition, Fleur commence sa carrière chez Hachette Livre au département jeunesse. Après Bécassine et Franklin, elle s’immerge dans l’univers du luxe en agence de communication. Très vite, le digital devient incontournable. Petites agences et jolis clients - Harry Winston, Benjamin de Rothschild, l’Atelier BNP Paribas, Yann Arthus-Bertrand - permettent d’alterner réflexions stratégiques et création de contenu innovant. En 2010, Fleur fait le choix de l’indépendance. Elle se concentre alors sur son cœur de métier : donner du sens par le contenu. Cadremploi figure parmi ses heureuses collaborations.

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