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Assurance chômage : les nouvelles règles qui impactent les cadres

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Mathilde Hardy

Les décrets mettant en œuvre la réforme de l’Assurance chômage ont été publiés au Journal officiel du 28 juillet 2019. Depuis le 1er novembre 2019, une grande partie des mesures est entrée en vigueur. Conditions pour ouvrir les droits à indemnisation, règles d’indemnisation, durée de versement, dégressivité des allocations, mais aussi droit au chômage sous conditions pour les démissionnaires, le nouveau décret réforme en profondeur le système de l’Assurance chômage. Assurance chômage : de nouvelles règles qui impactent les cadres, Cadremploi vous dit tout dans cet article.

Quelles sont les modifications apportées au système en vigueur d’Assurance chômage ?

Le nouveau règlement d’assurance chômage figure en annexe du décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019.

>> L’ouverture des droits à indemnisation de l’Assurance chômage

Le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d’Assurance chômage « modifie en particulier la durée minimale d'affiliation exigée pour s'ouvrir des droits au chômage ». Depuis le 1er novembre 2019, il faut avoir travaillé 6 mois (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois qui précèdent la fin du contrat de travail : « Les salariés privés d'emploi doivent justifier d'une durée d'affiliation correspondant à des périodes d'emploi accomplies dans une ou plusieurs entreprises entrant dans le champ d'application du régime d'Assurance chômage. La durée d'affiliation est calculée en jours travaillés ou en heures travaillées. Elle doit être au moins égale à 130 jours travaillés ou 910 heures travaillées :

  • au cours des 24 mois qui précèdent la fin du contrat de travail (terme du préavis) pour les salariés âgés de moins de 53 ans à la date de la fin de leur contrat de travail ;
  • au cours des 36 mois qui précèdent la fin du contrat de travail (terme du préavis) pour les salariés âgés de 53 ans et plus à la date de la fin de leur contrat de travail ».

À noter : jusqu’au 1er novembre 2019, la durée d’affiliation nécessaire pour les moins de 53 ans était de 4 mois (88 jours ou 610 heures de travail) sur les 28 derniers mois (pour les plus de 53 ans, la période de référence n’a pas été modifiée). Découvrez les règles particulières et le régime de chômage applicable aux seniors.

>> La durée d’indemnisation par l’Assurance chômage

Jusqu’à présent la durée d’indemnisation correspondait au nombre de jours travaillés multipliés par un coefficient de 1,4. Pour les travailleurs privés d'emploi dont la fin de contrat de travail intervient à compter du 1er avril 2020, la durée d'indemnisation est égale au nombre de jours calendaires déterminé à compter du premier jour de la première période d'emploi incluse dans la période de référence d’affiliation, jusqu'au terme de cette période.

*Durée minimale

« La durée d'indemnisation donnant lieu au versement de l'allocation ne peut être […] inférieure à 182 jours calendaires ». La nouvelle durée minimale d’indemnisation est donc passée le 1er novembre 2019 à 6 mois (versus 4 mois, ou 122 jours auparavant).

*Durée maximale

Cette durée ne change pas avec la réforme. Elle reste de 2 ans pour les moins de 53 ans : « La durée d'indemnisation donnant lieu au versement de l'allocation ne peut être […] ni supérieure à 730 jours calendaires.

Pour les salariés privés d'emploi âgés d'au moins 53 ans et de moins de 55 ans à la date de fin de leur contrat de travail, cette limite est portée à 913 jours calendaires.

Pour les salariés privés d'emploi âgés de 55 ans et plus à la date de fin de leur contrat de travail, cette limite est portée à 1 095 jours calendaires ».

>> Le seuil permettant un rechargement des droits de l’Assurance chômage

Si vous avez repris une activité professionnelle alors que vous n'aviez pas épuisé vos droits au chômage (cumuler salaire et indemnités chômage, c’est possible), et que vous la perdez par la suite, vous profitez de la reprise de vos droits au chômage initiaux jusqu’à leur épuisement.

La condition d’activité pour bénéficier de ce rechargement de droits a été relevée : elle est passée à 910 heures travaillées ou 130 jours travaillés au cours des 24 derniers mois précédant la dernière fin de contrat de travail (36 derniers mois pour les salariés âgés d’au moins 53 ans).

À noter : jusqu’au 1er novembre 2019, il fallait avoir travaillé au moins un mois (150 heures) au cours des 28 derniers mois (36 mois pour les salariés âgés d’au moins 53 ans).

>> Le mode de calcul de l’allocation chômage : salaire journalier de référence

  • Jusqu’au 1er avril 2020, la règle ne change pas. Le salaire de référence pris en compte pour fixer le montant de la partie proportionnelle de l’allocation journalière est établi à partir des rémunérations des 12 mois précédant le dernier jour travaillé et payé. Le 1er avril 2020, ce délai passera à 24 mois (36 mois pour les salariés âgés d’au moins 53 ans).
  • Le « salaire journalier de référence », base de calcul de l'allocation chômage, est, jusqu’au 1er avril 2020, égal au salaire de référence divisé par le nombre de jours travaillés, lui-même multiplié par 1,4.

À partir du 1er avril 2020, il sera obtenu en divisant les salaires de la période de référence par l'ensemble des jours calendaires à partir du premier jour de la première période d’emploi incluse dans la période de référence jusqu’au terme de cette période de référence.

Bon à savoir : pour en savoir plus sur les règles de calcul de l’Allocation chômage, vous pouvez lire notre article Allocation chômage : combien toucherez-vous ?

Quelles sont les nouvelles règles relatives à l’Assurance chômage pour les cadres ?

>> La dégressivité des allocations chômage pour les hauts revenus

L’article 17 bis du nouveau règlement d’assurance chômage instaure un coefficient de dégressivité des allocations chômage égal à 0,7 %, à partir du 183e jour (7e mois) d’indemnisation, sans que cette réduction puisse porter le montant de l’allocation journalière en-dessous du seuil de 84,33 euros (environ 2561 euros par mois).

Ce coefficient ne s’applique pas :

  • lorsqu'il a pour effet de porter le montant journalier de l'allocation en dessous d'un plancher fixé à 59,03 euros, ce qui sera le cas pour les salariés ayant un salaire brut mensuel inférieur à 4 500 euros environ ;
  • pour les salariés âgés de 57 ans ou plus. Le plafond d’indemnisation maximale reste à 254,13 euros brut par jour (chiffres pour 2019).

>> Le droit au chômage pour les démissionnaires

Depuis le 1er novembre 2019, l’allocation chômage est ouverte aux démissionnaires d’une entreprise si deux conditions sont réunies (c’est un nouveau cas de démission légitime) :

  • Le salarié doit avoir travaillé dans la même entreprise au cours des 5 dernières années.
  • Le salarié doit avoir « un projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi d'une formation ou un projet de création ou de reprise d'une entreprise ». Ce projet est évalué par « la commission paritaire interprofessionnelle » de la région du salarié qui juge notamment de la « cohérence du projet de reconversion », la « disponibilité et la pertinence de la formation identifiée, la pertinence des modalités de financement envisagées ». En cas d'acceptation, le salarié a 6 mois pour déposer une demande d'allocation de chômage.

À noter : découvrez les règles particulières et le régime de chômage applicable aux seniors.

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commentaires

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Clodomir 1er

28/06/2017

à 17:36

Merci qui ?
Merci Manu !

> Répondre

En réponse à Clodomir 1er

PIO

07/11/2017

à 17:48

Non ! Merci François, c'était son cadeau de départ :-()

> Répondre

En réponse à Clodomir 1er

emimesli

29/06/2017

à 11:27

Aucun rapport avec Emmanuel Macron.
Cette convention a été signée avant qu'il ne devienne Président et actuellement le Président de la République n'intervient pas dans les négociations des conventions d'assurance chômage. Ceux sont les partenaires sociaux (Medef et syndicats).
Mais attendez vous au pire car bientôt vous aurez raison Clodomir 1er! Emmanuel Macron veut financer le chômage par la CSG et non plus par les cotisations d'assurance chômage. Ce qui signifie que l'Etat fixera ses propres règles en augmentant ou diminuant les cotisations CSG et donc ses propres règles en matière d'indemnisations versées aux chômeurs sans consultation aucune avec les partenaires sociaux.
Certes les démissionnaires, les créateurs d'entreprises seront indemnisés mais à quel prix pour tous les autres...
a suivre!

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Létang, Claudie, CL

27/06/2017

à 19:13

Les statistiques parlent d'elles mêmes, les seniors ont beaucoup de mal à retrouver un emploi.
Les entreprises trouvent un tas de "bonnes raisons" pour répondre négativement à une candidature senior. En réalité ce ne sont que des prétextes pour ne pas attirer l'attention sur le fait qu'il y a discrimination à l'âge.
Les seniors seraient trop chers, c'est ce qu'on peut lire ou entendre régulièrement. A un poste donné n' y a t-il pas une rémunération ? Les seniors refusent t-ils les postes ou les postes ne leur sont- ils tout simplement pas donnés ?
Seuls les résultats de l'entreprise donc le carnet de commandes permet d'envisager des embauches. Si reprise il y a, ne serait il opportun d'apporter aux entreprises de bonnes raisons à embaucher un senior ?
une piste : une réduction de charges patronales pour des postes donnés aux seniors ainsi le senior coûtera moins cher à l'entreprise et pourra enfin se sentir à nouveau utile à la société en apportant ses compétences et ses expériences. De surcroît il coûtera moins à cette même société qui envisage lui réduire ses indemnités de chômage au seul prétexte qu'il n'intéresse plus les entreprises.

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En réponse à Létang, Claudie, CL

Phil CdS

03/07/2017

à 09:53

d'autre motifs en + d'une rémunération plus elevée que pour un jeune:
un "vieux" ca en sait bien plus sur les bonnes pratiques patronales, sur le code du travail, il se peut même qu'il ait été dans les IRP durant sa carrière....
de fait c'est beaucoup moins maléable qu'un jeune qui a les dents qui rayent le sol.....
alors forcement ca bosse moins vite et comme c'est mieux payé , c'est beaucoup moins rentable.....

discrimination vous dites????

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Hln 31

27/06/2017

à 18:45

Actuellement âgée de 53 ans, je recherche une formation en contrat de professionnalisation ( ayant été reconnue admissible pour cette formation), j ai beaucoup de mal à trouver un employeur qui en fonction de mon âge ( plus de 26 ans) sera obligé de me payer à la hauteur d un smic et ce pendant 18 mois. Il va falloir changer les mentalités des employeurs!!! Modifier c est bien

> Répondre

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