Chômage partiel : les cadres sont-ils concernés ?

9 mars 2012 Fabien Humbert

Si les cols blancs sont peu exposés au chômage partiel, les managers de PME-PMI en difficulté, d’autant plus s’ils ne travaillent pas au forfait-jour, le sont davantage que leur confrères des grands groupes. Le point sur ce qu’il faut savoir en la matière.
  1. Les mesures de chômage partiel
  2. Le chômage partiel et les cadres
  3. Une incitation à la formation

Du secteur bancaire à l'industrie, on nous l'annonce : les plans sociaux risquent de se multiplier après la présidentielle. La mesure du chômage partiel, qui vise à adapter l'activité des entreprises en période difficile, devrait refaire parler d'elle. Et les cadres, même s'ils le sont dans une moindre mesure, sont aussi concernés.

Les mesures de chômage partiel

Le 7 février dernier, les partenaires sociaux ont trouvé un accord pour faciliter la mise en œuvre des deux dispositifs encadrant le chômage partiel : l’allocation de chômage partielle, qui fait effet pour 6 semaines, et l’allocation d’activité partielle de longue durée (APLD), qui coure sur une période de 2 à 12 mois. A travers ces dispositifs, l’Etat prend en charge une partie du salaire et assure aux salariés de toucher 75% de leur rémunération horaire brute le temps du chômage partiel.

Le chômage partiel et les cadres

Selon Marie Françoise Leflon, la secrétaire nationale à l’emploi de la CFE-CGC, « les cadres sont moins menacés par le chômage partiel, car ce dernier touche surtout des métiers opérationnels (ouvriers, techniciens…) »  Lorsqu’une entreprise est mise en chômage partiel, soit elle ferme complètement pour une période limitée, soit le temps de travail de ses salariés est réduit. Or les 70 % de cadres qui travaillent au forfait-jour ne sont pas du tout concernés par cette dernière éventualité car ils ne peuvent pas voir leur salaire affecté par une réduction de l'horaire de travail dans l'entreprise. Cependant, les 30% de salariés qui ont le statut de cadre mais qui ne sont pas au forfait-jour et qui n’ont pas de fonctions de management peuvent être exposés au chômage partiel.

Enfin, dès lors qu'il y a une fermeture même temporaire de l'entreprise, tous les cadres seront indemnisés au titre du chômage partiel, et ce dès le premier jour. Ce qui peut par exemple arriver notamment dans les TPE et PME qui traverseraient une période difficile.

Une incitation à la formation

Si votre entreprise vous met en chômage partiel, autant préparer l’avenir en vous formant, au cas où le chômage partiel se révèlerait… une mise à pied définitive. « La formation est doublement intéressante pour les cadres qui le sont devenus en gravissant les échelons, mais qui n’avaient pas forcément de diplômes en entrant dans la vie active, explique Vanessa Walch, avocate au barreau de Seine-Saint-Denis. Ce peut être l’occasion de valider leurs acquis d’expérience pour se valoriser en cas de licenciement par la suite. »

Cette formation  n’est pas obligatoire mais fortement recommandée, comme en témoigne la mise en place d’une incitation en espèce sonnante et trébuchante. « Le salarié qui accepte de se former recevra 100% de son salaire net de référence », précise Vanessa Walch. Cette mesure a aussi pour objectif d’inciter les entreprises à proposer des formations à leurs salariés.

Fabien Humbert © Cadremploi.fr

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