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Comment se faire proposer une rupture conventionnelle par son entreprise ?

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Benjamin Fabre

[Chronique] Vous rêvez de changer d'horizon professionnel. Mais votre entreprise ne pratique pas la rupture conventionnelle. Comment lui donner une folle envie de faire une exception ? La réponse de notre chroniqueur Benjamin Fabre.

C’est décidé. Vous allez quitter votre boîte. Amorcer une nouvelle carrière, ouvrir une nouvelle tranche de vie. Mais comment négocier la sortie ? Il n’est pas question de démissionner. Vous avez cotisé comme un castor à l’assurance-chômage, c’est votre tour d’en croquer un peu les fruits. Et puis, vous n’avez aucune envie de vous faire licencier (votre père ne s’en remettrait pas). Reste la rupture conventionnelle… Las. Elle n’est pas du tout dans les mœurs de votre DRH, un individu d’un autre âge qui porte des montres à gousset et milite pour un gel du code du travail.

Retrouvez toutes les chroniques de Benjamin Fabre

Les DRH sont comme les enfants : ils aiment qu’on les bouscule un peu. Pour obtenir une belle rupture à l’amiable, il ne faut pas la leur demander à genoux (encore moins par écrit) ; il faut en susciter le désir dans leur cœur angoissé. Semez, dans vos rapports avec votre employeur, quelques gravillons bien choisis : ni trop lisses, ni trop coupants. Tout l’art consiste à tiédir subtilement la relation, mais sans jamais vous mettre à la faute (pensez à votre papa).

 

Quelques idées imparables :

- Diminuer ostensiblement votre productivité (d’un tiers au maximum)

- Feindre un spleen visible en réunion : regard vague, vêtements dépareillés, phrasé lent (a-t-on déjà vu un licenciement pour cause de regard vague, de vêtements dépareillés et de phrasé lent ?)

- Prendre l’habitude de traîner nonchalamment vos savates dans les couloirs des bureaux

-Vous faire surprendre deux trois fois par des collègues en train de dire que vous n’avez plus « la motivation nécessaire pour le job »

- Garder vos horaires habituels (pas d’éléments tangibles)

- Vous faire surprendre deux trois fois par des collègues en train de dire que vous avez déjà identifié votre remplaçant (plus jeune, plus motivé et MOINS CHER)

- Dire à votre chef que vous trouvez votre stress au travail « particulièrement étouffant ces temps-ci » (alerte rouge garantie)

- Laisser traîner sur votre bureau une feuille imprimée avec les adresses des meilleurs cabinets d’avocats en droits social (avec, le cas échéant, une petite mention manuscrite du genre « spécialisé harcellement moral » = une bonne grosse faute d’orthographe pour crédibiliser le malaise)

- Etc. 

Usé par ce traitement, votre employeur devrait finir par prendre les devants et vous proposer de « faire le point ». Déclinez poliment son invitation à démissionner (qui ne manquera pas de survenir). Puis, quand il prononce le mot rupture conventionnelle, répondez sobrement « Bonne idée… Je n’y avais pas pensé. ». Jurez de n’en parler à personne. Faites un grand pot de départ et restez en excellents termes avec tout le monde. En douceur, j’ai dit.

 

Et vous ? Avez-vous déjà « pratiqué » la rupture conventionnelle ? Témoignez sur la page Facebook de Benjamin Fabre 

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commentaires

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Adri

17/10/2017

à 17:39

Article assez intéressant. Moi en plus j'ai demandé à mon rh pour démarrer un congés création entreprise (que je ne voulais pas spécialement) et qu'ils ne pouvait pas refuser plus de 2 fois avec obligation de le remplacer. Bref dans le contexte de la boîte ils son revenus vers moi en me disant que ça les arrangeaient pas et ils m'ont proposé une rupture

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VL

17/10/2017

à 12:20

Toute fraîchement issue sur le marché début 2009, mon employeur m'a proposé une rupture conventionnelle voyant que mon intégration dans l'entreprise ne se passait pas au mieux. Néanmoins, l'employeur a rapidement changé de fusil d'épaule sachant que nous avions une différence d'opinion concernant la mesure de ma performance ; au final une transaction pour éviter le risque juridique lié à la nouvelle procédure de rupture conventionnelle et un chèque x10 que l'indemnité légale de séparation.

Conseil : laisser l'employeur se prendre les pieds dans le tapis s'il n'a pas un dossier béton pour se séparer de vous ; négociation et professionnalisme jusqu'au bout commandent le respect !

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