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Comprenez enfin votre fiche de paie

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Farah Sadallah

Votre bulletin de salaire évolue régulièrement dans la forme comme dans le fond, avec des changements de cotisations par exemple. Ça a encore été le cas en janvier 2018. On vous dit tout sur la fiche de paie.

La fiche de paie avait déjà été clarifiée en janvier 2016 pour les grandes entreprises. Les PME se voient désormais obligées d’adopter cette modification au premier janvier 2018. Plus clair, le bulletin de salaire subit d’autres modifications notamment en termes de cotisations salariales. Et le salaire se verra directement impacté.  

Ce qui change sur la fiche de paie en 2018 ?

A- Les prélèvements protections salariales

Toutes les fiches de paie françaises classent désormais les informations dans le même ordre. Commençons pas les prélèvements liés aux protections salariales qui sont par regroupées en 6 familles.

- Première famille : La santé qui comprend la sécurité sociale, et la complémentaire santé, telle que la mutuelle.

- Deuxième famille : La participation de l’employeur aux accidents, on l’appelle accident du travail maladies professionnelles. Ne comportant qu’une seule ligne contrairement aux autres familles, cette rubrique n’apporte pas plus de détails (comme les familles 4, 5 et 6).

- Troisième famille : La retraite et son financement. Elle comprend : le régime de base, le régime complémentaire obligatoire pour les cadres ou les non cadres (les deux complémentaires cadre et non cadre ne feront plus qu’une en 2019).

Les salariés doivent être affiliés à un régime complémentaire de retraite. Il existe deux régimes pour les cadres : l'ARRCO qui concerne les salariés issus du privé ou du secteur de l’agriculture ou s’ils sont agents non titulaires de l’état. Et l'AGIRC qui concerne les cadres issus du secteur privé de l’industrie, du commerce, des services et de l’agriculture. Il est possible de cotiser au deux.

- Quatrième famille : Famille et sécurité sociale, en d’autres termes les prestations familiales.

- Cinquième famille : L’assurance chômage.

- Sixième famille : Autres contributions dues par l’employeur.

Ces trois dernières familles ne sont pas détaillées sur la fiche de paie. Elles sont inscrites sur une ligne. Selon Abdelkader Berramdane, directeur de la veille législative chez le gestionnaire de paie ADP, « cette nouvelle architecture ne suffit pas si le collaborateur souhaite connaître l’exactitude de ses prestations et prélèvements ». Rien n’est prévu pour éclairer davantage les salariés. « Imaginons un cadre qui, en fin de carrière souhaiterait passer à temps partiel tout en continuant à cotiser à taux plein pour sa retraite. Avec une simple ligne retraite, il n’aura aucun moyen de vérifier si sa demande est bien prise en compte. Si ce n’est pas le cas, il devra travailler plus longtemps », illustre-t-il. Abdelkader Berramdane conseille donc de poser directement la question directement à l’employeur possédant le détail pour chaque famille. Néanmoins n’existant pas encore de cadre juridique pour encadrer la demande du salarié auprès de l’employeur, celui-ci peut très bien refuser.

B- Les autres cotisations

Les cotisations, qui arrivent à la suite de la liste des protections salariales, subissent aussi des modifications. La CSG, (la contribution sociale généralisée) n’apparaît plus comme déductible ou non déductible sur la fiche de paie, mais comme imposable et non imposable. De plus la CSG non imposable sur l’impôt subit une augmentation de 1,7 %. Le salarié voit donc son taux de cotisation passer de 5,10 % à 6,80 %.

Du côté des cotisations salariales, elles apparaissent obligatoirement sur la fiche de paie sur deux lignes comme ceci : réduction générale de cotisation, cotisation salariale. Autrefois elles n’étaient pas toujours mentionnées, selon le directeur de la veille législative d’ADP. Ce changement s’accompagne d’un allègement de ces cotisations voire même d’une suppression. Le taux de cotisation salariale maladie de 0,75 % est supprimé. Et celui de la cotisation salariale d’assurance chômage passe de 2,4 % à 0,95 %. Il sera supprimé définitivement au 1er octobre 2018.

Ces allègements et hausses de cotisations ont bien entendu un impact sur le salaire. Le collaborateur a donc vu une augmentation de sa rémunération à hauteur de 1,45 %, selon Abdelkader Berramdane. Et pour qu’il puisse apprécier son gain, il ne faut pas que son salaire ait bougé entre décembre 2017 et janvier 2018.

Lire aussi : Bulletin de paie électronique : quels changements pour les salariés ?

Ce qui n’a pas changé sur le bulletin de salaire ?

En revanche, certains éléments sur la fiche de paie ne changent pas. La rémunération brute et la rémunération nette reste indiquées sur le nouveau bulletin de salaire. Celle-ci indique toujours l’identité du salarié (emploi, nom, coefficient ou niveau hiérarchique). Évidemment, l’identité de l’employeur avec le code NAF ou APE, numéro Siret. Sont également précisés le nombre d’heures travaillées, ainsi que le volume et la nature du forfait pour les salariés concernés. La convention collective apparaît ainsi que les dates des congés, et le montant de l’indemnité des congés payés.

Le calcul des cotisations reste le même

Les cotisations sont calculées suivant le salaire global déplafonné, et le plafond de la sécurité sociale (PFSS). C’est le cas par exemple pour le calcul de la cotisation vieillesse. Sachant que la valeur annuelle du PFSS en 2018 est de 39 732 €, soit 3 311 € par mois. En revanche la cotisation d’assurance chômage et la cotisation de retraite complémentaire sont uniquement calculées suivant le PFSS.

Accident du travail :

Le mode de calcul du taux de cotisations est déterminé selon l'effectif dans l'entreprise. Ainsi, ce taux sera calculé à partir des accidents du travail réalisés au sein de la structure et/ou un taux collectif correspondant à l'activité exercée.

Versement de transport :

Le "versement de transport" est calculé suivant le prix des transports en commun en Île-de-France et en province et selon le nombre d'habitants de la commune.

CSG CRDS :

Les contributions sociales (CSG CRDS, contribution à la réduction de la dette sociale) sont calculées sur une base égale à 97 % du salaire brut et les cotisations patronales de prévoyance.

Les employeurs doivent prendre en charge une cotisation prévoyance égale à 1,5 % du salaire plafonné des cadres. Plus de 0,75 % de ce taux doit être consacré à la couverture du risque décès. Même si elle est prévue dans de nombreuses conventions collectives, le cadre doit vérifier la bonne application de ce taux.

La retraite

La GMP, la garantie minimale de points, est une cotisation forfaitaire due à l’AGIRC au titre de la retraite complémentaire.

Le salarié et l'employeur doivent cotiser à la GMP lorsque la rémunération brute annuelle à temps plein est inférieure à 43 977,84 € soit 3 664,82 € par mois. Sachant que le GMP plancher mensuel pour 2018 est de 353,82 euros. Cette cotisation déduit de la rémunération brute, est destinée à garantir un minimum de points retraites aux cadres.

Par exemple, pour un salarié cadre dont la rémunération brute est de 3 000 euros, et dont la contribution de l’employeur au financement de la complémentaire santé est à hauteur de 1,60 % le net à payer en janvier 2018 est de 1 979,12 euros avec déduction d’une cotisation GMP de 353,82 euros.

La Tranche B sert également à calculer le montant des cotisations de la caisse de retraite complémentaire des salariés cadres. Mais elle concerne uniquement ceux qui touchent entre 1 et 4 fois le plafond de la sécurité sociale contrairement à la GMP.

Au total les cotisations (dues à la sécurité sociale, l’assurance chômage, la retraite complémentaire et la CSG CRDS), sont également regroupées en un seul taux appelé le taux de retenu salariale qui s’élève environ à 20,4 %. Mais pour avoir le taux exact, renseignez-vous auprès de votre employeur. Selon Abdelkader Berramdane ce pourcentage est faussé puisque désormais les entreprises ont une liberté contractuelle de financement de la complémentaire santé. Ce pourcentage peut donc être disparate d’une entreprise à une autre. 

Exemples fiches de paie

La fiche de paie en décembre 2017 La fiche de paie en janvier 2018

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14

commentaires

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mika

15/11/2018

à 18:32

bonjour je voulais savoir si quelqu'un savait ce que c'est le remboursement de versement

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alain

28/10/2018

à 17:38

Bonjour sur ma feuille de paie il y a ecrit estimation PAS qu'est ce que c'est?

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En réponse à alain

Van

05/11/2018

à 16:29

Bonjour,

Cela signifie: Prélèvement à la Source
Il s'agit d'une simulation à partir des bulletins d'octobre 2018, qui indique quel taux sera appliqué à partir de janvier 2019 pour vos prélèvements d’impôts

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En réponse à alain

LT

29/10/2018

à 14:10

L'estimation du prélèvement à la source, une simulation de ce que vous allez payer par mois prochainement

> Répondre

Arnaud Quenon

04/05/2018

à 17:09

Bonjour les deplacement sont til impossable car ma societe me les impose merci de repondre

> Répondre

TONIO

15/03/2018

à 10:02

Exemples fiches de paie complètement faux.

> Répondre

ISACAR

14/03/2018

à 11:49

bonjour, comment comprendre ses bulletins de salaire suite à arrêt maladie avec maintien de salaire et arrêt maladie prolongation avec prévoyance ?!
Mes bulletins de salaires sont très confus, même l'inspection du travail ne les trouve pas compréhensible. A qui m'adresser pour les contrôler ?
Merci pour votre aide.

> Répondre

juju59

13/03/2018

à 21:24

Ne voyant pas de réponse à la question que je me pose, la voici:quand est-il de la prime d'ancienneté dans le secteur de l'immobilier(cafés,hôtels,restaurants)dans une entreprise de moins de 10 salariés.Je viens de savoir que je peux en bénéficier,et est-ce rétro-actif sur les années précédentes ?

> Répondre

Frédérique

13/03/2018

à 15:36

"Les contributions sociales (CSG CRDS, contribution à la réduction de la dette sociale) sont calculées sur une base égale à 97 % du salaire brut et les cotisations patronales de prévoyance." Correction: les contributions CSG CRDS sont calculées sur une base égale à 98,25% du salaire brut et non pas 97%.

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S PANNETIER

08/04/2014

à 19:19

Bonjour

Au niveau légal, les entreprises sont obligées de cotiser à hauteur de 1,5 % sur la tranche A au niveau de la prévoyance.

Au niveau de la convention collective, il existe d'autres obligations.

Je vous propose d'aller sur notre site internet

http://www.aspectaudit.fr/

afin de pouvoir échanger sur ce sujet.

Cordialement.

> Répondre

masopana

28/01/2014

à 09:45

Bonjour sur mon bulletin de paie apparaît prevoyance c cotisations patronales1,500 taux 28,16 montant qu est ce que ça veux dire. Merci de votre réponse.

> Répondre

juju59

11/09/2012

à 09:40

Bonjour, ne trouvant pas de réponse positive sur votre site, je vous soumets cette question concernant la c.s.g. déductible. En juillet et août j'ai touché le même salaire et le même montant en heures supplémentaires, mais la somme de référence pour la c. s. g.déductible est plus importante en août qu' en juillet, alors que celle de référence pour toutes les autres retenues sont identiques sur les 2 fiches de paie.
y voyez-vous une explication? Merci pour votre réponse

> Répondre

En réponse à juju59

PLT

13/03/2018

à 16:45

Bonjour Juju,
Dans ma boîte on a des indemnités transport, à hauteur d'une trentaine d'euros par mois (couverture des transports en commun ou du véhicule perso).
Ces indemnités ne comptent pas pour la csg dans la limite de 200€ par an. Du coup, à partir du moment où on dépasse la limite, et en général c'est vers juillet/août, la csg augmente.
C'est peut-être qqch qui n'a rien à voir, mais ça pourrait être une explication ...

> Répondre

Philippe Dion

17/10/2011

à 09:43

Ce modele est assez simplifié dans la mesure ou il y aurait beaucoup a dire sur :
- les avantages en nature
- l'application de la GMP et ses regularisations
- la tranche C
- le regime de prevoyance complementaire voire le regime de retraite supplémentaire avec les reintégrations
- la question des rémunérations différées...

> Répondre

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