L'art de démissionner dans les règles

19 juillet 2010 Tiphaine Réto

Ras-le-bol de votre job actuel ? Un poste qui vous motive dans une autre boîte ? Ou une simple envie d'année sabbatique ?... Pour poser votre démission, les raisons peuvent être multiples. Mais la marche à suivre, elle, reste la même.
  1. Pas de rétractation
  2. Un préavis variable
  3. Des exceptions
  4. Les fausses-bonnes idées
  5. Des patrons pressés d'en finir
  6. Évitez les abus

Ça y est. Votre décision est prise : vous quittez votre boîte. Très bien, mais comment faire ? La loi ne prévoit pas grand chose pour encadrer l'annonce de la démission. « Personnellement, je conseille toujours d'annoncer sa décision par oral à son employeur et d'envoyer une lettre de démission en recommandé avec accusé de réception dans la même journée, note Fabien Kovac, avocat au barreau de Dijon. L'information orale, c'est de la courtoisie. Le courrier, c'est une assurance en cas de problème par la suite. »

 

Pas de rétractation

Réfléchissez bien, néanmoins, avant de tout envoyer valser : « On ne peut revenir unilatéralement sur une rupture de contrat, précise Fabien Kovac. C'est valable dans le cadre d'un licenciement comme dans celui d'une démission. » En clair : vous n'aurez pas de possibilité de vous rétracter. Ou presque... Car la démission, dans sa définition juridique, résulte « d'une volonté claire et non équivoque du salarié de mettre fin à son contrat de travail » et ne peut donc être prise en compte lorsqu'elle est faite sous le coup de l'émotion.

 

Un préavis variable

Une fois votre démission enregistrée, ne pensez pas pouvoir flâner... Il est fort possible que vous ayez encore à bosser. Car qui dit « démission », dit « préavis ». « Sa durée est très variable, remarque l'avocat. Elle est indiquée dans le contrat de travail et bien souvent définie par convention collective. »

 

Des exceptions

Dans quelques rares cas, vous pouvez en être dispensé de préavis. Pour une grossesse par exemple. « Même s'il est rare qu'une femme enceinte décide de quitter son emploi... », observe Fabien Kovac. Plus courant : en cas de rupture de la période d'essai avant son terme. Et plus problématique : lorsque le salarié juge que les termes de son contrat ne sont pas respectés. « On peut, par exemple, démissionner parce que l'employeur ne fournit pas le matériel de sécurité nécessaire pour la réalisation d'une mission. »

 

Les fausses-bonnes idées

Mais sinon gare aux mauvaises astuces pour réduire son préavis comme l'utilisation des congés payés. S'il est possible de les prendre durant cette période, cela reportera d'autant le terme du préavis. Dans ce cas, rien n'interdit de trouver un compromis avec son employeur. À contrario, un arrêt maladie ne suspend pas le préavis.

 

Des patrons pressés d'en finir

Cependant, une fois votre démission signifiée, l'entreprise est souvent la première à souhaiter vous voir partir : « C'est parfois le moment où le salarié est en roue libre. Il n'est plus motivé. Et l'employeur n'a pas de moyen de pression pour raviver cette motivation : le contrat est déjà rompu. » Sans l'angoisse du licenciement, le salarié sur le départ peut vaquer un peu plus librement au bureau... ou en dehors si sa convention collective l'autorise à deux heures de liberté par jour pour chercher un nouvel emploi.

 

Évitez les abus

Gare toutefois aux abus ! Évitez notamment de procéder à un abandon de poste. « Un salarié qui part du jour au lendemain, juste après avoir posé sa démission peut se retrouver aux Prud'hommes, reprend l'avocat. Et si l'employeur justifie du fait qu'il l'a mis dans l'embarras en laissant son poste vacant, il peut avoir à payer une indemnité équivalente aux salaires qu'il aurait dû recevoir pendant son préavis. »

Sans en arriver à ces extrémités, mieux vaut toujours partir en bons termes. « C'est une question de bon sens : dans le cadre d'une future recherche d'emploi, c'est toujours mieux d'avoir ses anciens employeurs de son côté. »

Voir aussi un modèle de lettre de démission sur le mini-site Cadremploi "Je quitte ma boîte".

Tiphaine Réto
Tiphaine Réto

Vous aimerez aussi :

  1. Accueil
  2. Droit du travail
  3. L'art de démissionner dans les règles