Les 4 plus mauvaises façons de démissionner

Publié le 18 septembre 2019 Ingrid Falquy

La campagne Cadremploi vous a fait sourire*. Dans la réalité, une démission doit répondre à quelques règles et certaines attitudes, encore trop courantes, doivent être évitées. Cadremploi fait le tour pour vous des 4 plus mauvaises façons de démissionner.
Les 4 plus mauvaises façons de démissionner
  1. La démission « surprise »
  2. La démission « ras-le-bol »
  3. La rupture conventionnelle « menace »
  4. Abandon de poste : le licenciement forcé
  5. Vous avez démissionné : attention au préavis à la carte
  6. Et toutes les autres...

Vous souhaitez démissionner d'un CDI ? Nouveau job, création d’entreprise, mutation de son conjoint, burn-out… Il y a mille raisons de vouloir quitter une entreprise, même si certains signes montrent qu'il est temps de démissionner. Mais quel que soit le motif du départ, on ne le fait pas n’importe comment. Florilèges des pires erreurs.

La démission « surprise »

Vous êtes sur le point d’envoyer votre lettre de démission ? Vous oubliez peut-être une étape : parler de votre départ avec votre manager et les ressources humaines de votre boîte. Si vos relations professionnelles sont bonnes, aucune raison de les gâcher en coupant la communication. Si au contraire vous êtes en conflit, pas besoin de mettre de l’huile sur le feu. « Il ne faut pas oublier qu’il y a un préavis à respecter et qu’il vaut mieux que celui-ci se déroule sereinement. Sans compter que l’employeur pourrait être amené un jour à devoir vous recommander », rappelle Vanessa Joly-Calpas, consultante en RH.

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La démission « ras-le-bol »

« Quand on est dans une situation de harcèlement ou de surmenage, il est primordial de se ménager. Plutôt que démissionner trop vite, envisagez l’arrêt maladie (arrêt de travail). Il est tout à fait valable de demander plusieurs mois d’arrêt », conseille Caroline Kiehl, consultante et professeur en ressources humaines.

« Forcément quand on est dans cette situation, on réfléchit moins, on veut agir vite. Sauf que rédiger une lettre de démission non-équivoque trop rapidement amène à perdre ses droits aux indemnités. Au contraire, il faut signaler sa situation auprès du CSE, de l’inspecteur du travail, du médecin du travail et faire valoir ses droits auprès de la CPAM », développe Vanessa Joly-Calpas. Elle précise également que d’être poussé à la démission est aussi constitutif d’un harcèlement et doit être signalé.

Et surtout, pensez à réunir des preuves en restant dans la légalité, tant que vous avez accès à vos outils de travail : impression d’e-mails, copies de SMS, de votre agenda… Avant d’agir n’hésitez pas à contacter un avocat, une association, un consultant.

La rupture conventionnelle « menace »

De plus en plus de salariés demandent une rupture conventionnelle. Celle-ci, dans le cas d’une création d’entreprise par exemple, permet d’être aidé par Pôle emploi dès la sortie de l’entreprise. « Les patrons sont nombreux à accepter ce compromis », assure Vanessa Joly-Calpas. Mais à condition que cette demande soit faite avec les formes, que le salarié explique bien son projet et qu’il soit prêt à la négociation. Par exemple, il peut proposer un préavis plus long, assurer qu’il bouclera ses dossiers ou préparer une formation pour son successeur.

« La pire erreur, c’est de croire qu’on est en position de force et de donner l’impression à l’employeur qu’on le menace de ne plus travailler correctement s’il refuse », assure Caroline Kiehl. À bannir donc, les formules telles que "c’est dans votre intérêt, ce serait dommage que je reste alors que je suis démotivé".

Abandon de poste : le licenciement forcé

L’abandon de poste est pour beaucoup une situation de repli : on ne vient plus au travail, et on attend calmement que son employeur décide de nous licencier. Non seulement ce n’est pas une bonne stratégie si on compte avoir des recommandations plus tard, ou travailler à nouveau avec certains membres de l’équipe, mais en plus on prend le risque que l’employeur laisse traîner, et à juste titre ! « Cela peut durer plusieurs mois, pendant lesquels des lettres de rappel sont envoyées, les salaires suspendus, et le salarié ne peut prétendre au chômage », explique Vanessa Joly-Calpas.

« Et attention, une démission doit forcément être écrite. Le fait de crier qu’on veut partir en claquant la porte ne suffit pas pour que votre patron présume que vous ne reviendrez pas. Là encore, il pourra temporiser avant de procéder à un licenciement pour abandon de poste », précise-t-elle.

Vous avez démissionné : attention au préavis à la carte

« C’est une erreur assez courante : la politique de la terre brûlée. Le salarié à partir du moment où il sait qu’il va partir commence à saboter son travail, à arriver en retard au travail, voire à ne pas venir », raconte Caroline Kiehl.

Pourtant, Vanessa Joly-Calpas rappelle : « Beaucoup de personnes pensent que démissionner protège des procédures disciplinaires mais une insuffisance est tout à fait possible pendant un préavis ! Et pour le salarié qui décide de zapper son préavis, le risque est simple : l’employeur peut demander au salarié de rembourser les sommes correspondant. »

Et toutes les autres...

Évidemment, les erreurs à éviter sont encore nombreuses. Par exemple, sachez que si vous refusez un CDI après un CDD, l’employeur n’est pas obligé de vous verser vos indemnités, alors mieux vaut l’annoncer en douceur. De même, ne le sous-estimez pas si vous allez chez la concurrence malgré une clause de non-concurrence : les conséquences peuvent faire mal. Et enfin, peu importe l’ampleur de vos conflits, que ce soit avant pendant ou après la démission, les étalages de votre frustration sur les réseaux sociaux sont à proscrire. Bientôt vous quitterez la boîte, courage, tenez bon sans dépasser les limites !

 * Démissionnez à dos de licorne, comme par magie, déguisé en cheerleader, en rondade flip... Retrouvez ici les videos de la campagne Cadremploi.

Ingrid Falquy
Ingrid Falquy

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