Statut cadre : quels sont les avantages ?

14 mai 2019 Xavier Thierry

Début 2019, parmi l’ensemble de la population active, 18,4 % sont des cadres (chiffre de l’Insee). Le statut cadre n’a pas de définition légale. Jusqu’à présent, devenir cadre correspondait à certains avantages. En janvier 2019, le régime de retraites complémentaires des cadres, l’Agirc, a été fusionné avec le régime Arrco s’appliquant aux salariés du privé non-cadres. Statut cadre : quels sont les avantages ? Passage en revue des avantages qui se cachent derrière le statut cadre et des menaces qui planent.
Statut cadre : quels sont les avantages ?
  1. Les avantages du statut cadre
  2. Menace sur le statut cadre : le mode de calcul des retraites modifié

Les avantages du statut cadre

>> Des cadres au forfait jours

C’est bien connu, les cadres ne comptent généralement pas leurs heures. Ils dépassent les 35 heures hebdomadaires et connaissent des journées à rallonge. Le calcul de leur temps de travail est donc formalisé dans le forfait jours : les cols blancs travaillent un nombre de jours dans l’année, dans la limite maximale de 218 jours par an. En contrepartie, ils bénéficient de jours de RTT. Du moins, en principe. « Beaucoup ne les prennent pas, sans recevoir de compensation financière, car ils sont trop pris par leur fonction », estime Carole Couvert, présidente du syndicat des cadres CFE-CGC.

>> Une couverture sociale plus avantageuse pour le statut cadre

18 % des cadres bénéficient d’une assurance-vie grâce à leur entreprise. Mais surtout, 88 % d’entre eux souscrivent à une mutuelle santé via leur société. Attention ! Cet avantage va perdre de sa vigueur : les cotisations patronales sur les mutuelles devront dorénavant être intégrées au calcul de l’impôt sur le revenu. Une réforme qui fait dire à Carole Couvert, de la CFE-CGC, que « le statut perd de son attractivité au fil des années. »

>> Statut cadre : des avantages lors du licenciement

Le préavis de licenciement pour un cadre est plus long que celui des autres catégories de salariés : l’employeur est tenu de le payer pendant trois mois une fois l’annonce effectuée. En contrepartie, la période d’essai dure plus longtemps (trois à quatre mois renouvelables contre un à trois mois pour les autres).

Autre privilège : les cadres peuvent négocier des indemnités transactionnelles en plus des indemnités légales. Les avantages en nature (téléphone, voiture de fonction) qui sont perdus après un licenciement peuvent aussi être intégrés dans le calcul de l’indemnité, à condition que leur montant soit mentionné sur la fiche de paie.

À lire aussi >> Raccourcir votre préavis, les astuces qui marchent

>> Un suivi spécifique en cas de chômage

De manière générale, les cadres au chômage profitent d’indemnités plus longues que le reste de la population : deux ans d’indemnités chômage à taux plein. Si vous êtes cadre, vous cotisez à l’Apec (Association pour l’emploi des cadres). La cotisation APEC est assise sur les rémunérations des cadres dans la limite de 4 fois le plafond de la Sécurité sociale. En contrepartie de cette cotisation, vous pouvez ainsi bénéficier d’un suivi personnalisé en cas de chômage. Les spécificités du statut cadre sont mieux connues dans cette association.

À noter : le Gouvernement réfléchit à une réforme de l’assurance chômage qui impacterait l’indemnisation des cadres puisque cette dernière pourrait être revue à la baisse. Affaire à suivre…

À lire aussi >> Allocation chômage : combien toucherez-vous ?

Menace sur le statut cadre : le mode de calcul des retraites modifié

Avant le 1er janvier 2019, c’était LE gros avantage du statut : les cadres préparaient mieux leur retraite. L’ensemble des salariés du privé cotisait à la caisse de retraite Arrco. Une tranche du salaire des cadres alimentait en plus une autre caisse, l’Agirc (l'Association générale des institutions de retraite des cadres). À salaire brut égal, un cadre gagnait donc moins qu’un non-cadre. Mais il cotisait plus et touchait une pension de retraite plus élevée. La fusion des régimes de retraite complémentaire pour les salariés du privé Agirc-Arrco, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2019, a eu pour conséquence de fragiliser le statut de cadre :

  • À la retraite, le cadre ne perçoit plus qu’une pension complémentaire.
  • Le statut cadre n’entre plus en compte pour les cotisations réglées au titre de la retraite complémentaire : cadre et non cadre cotisent de la même manière.

Bon à savoir : cadre, vos points Arrco et vos points Agirc sont regroupés au sein d’un seul compte de points. Au 1er janvier 2019, vos points Arrco deviennent sans conversion des points Agirc-Arrco, vos points Agirc sont convertis en points Agirc-Arrco.

Notre conseil Cadremploi : pour connaître vos nombres de points Agirc-Arrco, utilisez la calculette de conversion disponible sur le site agirc-arrco.

À lire aussi >> RIP, le statut cadre ?

À lire aussi >> Retraite complémentaire : ce qui change pour vous au 1ᵉʳ janvier 2019

Xavier Thierry
Xavier Thierry

Vous aimerez aussi :