Manager de transition

Publié le 14 septembre 2020 Mathilde Hardy

Intervenant pour une mission ponctuelle auprès d’entreprises faisant face à des enjeux de changement ou à une problématique nouvelle, le manager de transition a pour rôle de les accompagner en s’assurant que la performance s’améliore en dépit de la situation parfois difficile. Qu’est-ce qu’un manager de transition ? À quoi sert-il ? Combien est-il payé ? Zoom sur ce pompier d'un nouveau genre qui ne connaît pas la crise.
Manager de transition

Quel est le rôle du manager de transition ?

Apparu aux États-Unis dans les années 70, le manager de transition est arrivé sur le marché français au cours de la décennie suivante. Longtemps considéré comme un expert à faire intervenir en cas de crise, il est aujourd’hui un accompagnateur chargé d’apporter son soutien aux entreprises pendant une transformation d’envergure, notamment :

  • la réduction de coûts ;
  • la gestion d’une crise ;
  • la restructuration d’entreprise ;
  • la mise en œuvre d’un PSE ;
  • l'accompagnement de projets comme la fusion et/ou l'acquisition d'une entreprise.

Le temps de sa mission, à temps partiel, à temps partagé ou à temps plein, le manager de transition endosse le rôle de dirigeant ou de manager. Ses missions de management peuvent varier entre 3 mois et 2 ans, selon l’ampleur de la transformation.

Le management de transition est destiné aux cadres supérieurs, voire dirigeants, qui ont effectué pendant de nombreuses années des fonctions à responsabilité techniques et/ou managériales.

Bon à savoir : il existe plusieurs options pour exercer le métier de manager de transition : en portage salarial, en indépendant, ou encore au sein d’un cabinet spécialisé qui vous dépêchera en mission auprès de ses clients.  

Quelles sont les compétences-clés du manager de transition ?

Le manager de transition a au moins 15 ans d’expérience derrière lui, c’est un profil senior, et présente plusieurs compétences et qualités indispensables pour réussir sa mission :

  • Leadership : parce qu’il intervient dans des moments souvent difficiles, mobiliser les équipes peut s’avérer compliqué. Le manager de transition doit être capable de motiver les salariés, de leur faire comprendre les enjeux du changement en cours, de les rassurer : c’est un leader.
  • Écoute et communication : ce sont des qualités que doivent posséder tous es managers, mais qui sont d’autant plus indispensables pour un professionnel qui travaille temporairement au sein d’une entreprise qu’il ne connaît pas : il doit pouvoir très vite prendre la mesure de ses interlocuteurs, savoir ce qu’on attend de lui, et faire passer ses messages.
  • Adaptabilité et réactivité : l’entreprise fait face à une situation urgente qui exige d’être aussitôt opérationnel. Le manager de transition doit cerner la culture, les valeurs morales et s’y adapter dès son arrivée. Il doit aussi pouvoir réagir immédiatement et modifier sa stratégie en cas d’imprévu.
  • Mobilité : ses missions peuvent l’amener à se déplacer partout en France, voire à l’international.

Bon à savoir : une connaissance du secteur est souvent exigée par les entreprises qui font appel à un manager de transition, pourtant, un regard neuf peut permettre d’avoir le recul nécessaire pour faire bouger les choses.  

Quels défis attendent le manager de transition ?

Le manager de transition intervient dans des projets de grande envergure qui peuvent avoir un lourd impact sur les résultats et l’avenir de l’entreprise. Son champ d’action peut aller de quelques modifications dans la façon de travailler jusqu’aux grandes réorganisations structurelles. Le manager de transition occupe donc un rôle-clé dans la performance, voire la survie de l’entreprise.

À noter : se faire accepter par l’ensemble des salariés sera l’un des grands défis du manager de transition. 

Quel est le salaire du manager de transition ?

La rémunération du manager de transition dépend de son expérience, de son niveau de qualification, de la durée et de la complexité de chaque mission. D’après la Fédération nationale du management de transition (FNMT), il peut espérer gagner au minimum 80 000 euros brut par an, mais le salaire moyen oscille plutôt entre 120 000 et 150 000 euros. 

Quelles sont les modalités d'exercice du métier ?

Les modalités d’exercice du métier de manager de transition sont multiples.

Le contrat d'intérim

Employé du cabinet qui a un statut d'entreprise de travail temporaire et qui vous met à la disposition du client et vous rémunère.

Contrat à durée déterminée (CDD)

Salarié du cabinet qui vous rémunère durant la période de la mission.

Le portage salarial

Salarié de l'entreprise de portage qui facture vos honoraires auprès de votre client. L'entreprise de portage vous reverse ensuite ces revenus en salaire. Vous agissez indépendamment sans que la création de votre propre société soit nécessaire.

Indépendant

Vous pouvez exercer comme indépendant par la création de votre propre société.  

Quelle est la formation du manager de transition ?

Les managers de transition fondent largement leur légitimité sur leur expérience professionnelle : minimum dix années d'expérience. La fonction requiert de pouvoir intervenir lors des différents cycles de la vie d'une entreprise : réorganisation, gestion de projets ou remplacement.

Face à la recrudescence du besoin en cadres confirmés de ce type, certains grands groupes universitaires comme l'Université Paris-Dauphine ou l'école de management Audencia proposent des programmes en formation continue. Ces parcours pour cadres supérieurs, dirigeants ou directeurs peuvent s'étaler sur plusieurs mois et permettent d’accompagner les managers expérimentés dans le développement de leurs compétences sur des aspects à la fois commerciaux, stratégiques ou comportementaux. Leur but : fournir les méthodologies pour se positionner et se préparer à intervenir dans le cadre des premières missions.

Enfin, des formations plus courtes en développement personnel type « asseoir son leadership » ou « gérer des situations complexes » proposées sur quelques jours sont également un plus pour des experts techniques souhaitant ajouter des responsabilités  managériales à leur réorientation.   

Quelle évolution professionnelle pour le manager de transition ?

Un manager de transition peut revenir dans une fonction salariée et occuper des postes de direction. Il peut aussi prendre la direction générale d'une entreprise.

Photo d'Olivier Perrot

Témoignage d’un cadre reconverti en manager de transition

Après avoir travaillé pendant plus de dix ans en entreprise, Olivier Perrot, expert comptable et financier de formation, a relancé sa carrière en 2004 en devenant manager de transition.

Qu'est-ce qui vous a motivé à devenir manager de transition ?

Ce sont les aléas de mon parcours professionnel qui m'ont amené à me repositionner. La transition s'est faite petit à petit. Il s'agit d'un ensemble de bonnes rencontres au bon moment. Des personnes qui m'ont accompagné dans ce sens et boosté, mais cette réorientation professionnelle n'était pas programmée.

Comment s'est-elle déroulée ?

Directeur financier d'un groupe dans les Côtes-d'Armor, j'ai quitté mon poste suite à un désaccord avec la direction. Je me suis alors inscrit dans un cabinet d'intérim pour cadres à Rennes. Lors de ma première mission, l'entreprise m'a proposé de travailler en tant que freelance. J'ai donc créé ma propre société de manager de transition. Une fois la mission terminée, je me suis inscrit dans les cabinets spécialisés à Paris. J'ai très vite été contacté pour une nouvelle mission, à Arras cette fois. Cela fait maintenant 11 ans que j'enchaîne les missions par le biais de ma structure.

Pouvez-vous donner des exemples de missions ?

J'ai assuré plusieurs remplacements pour des entreprises en attente d'un nouveau Tax Manager France, c'est-à-dire d'un fiscaliste. Ou encore, comme responsable administratif et financier dans le cadre de restructuration.

Avez-vous suivi une formation ?

Si je poursuis une documentation journalière pour me tenir informé au sujet des lois fiscales, juridiques, des cadres contentieux…, je n'ai suivi aucune formation particulière. Je dois surtout cette réorientation à mon expérience professionnelle. Et au fil des années, les problématiques sont de plus en plus techniques lors des missions.

Que retirez-vous de votre reconversion ?

C'est un métier qui me convient parfaitement. Changer régulièrement d'entreprise vous oblige à rester au top, à réussir à vous intégrer dans des contextes différents, toujours plus ou moins tendus. Il faut se faire accepter, s'adapter, comprendre les méthodes de travail tout en évoluant dans des secteurs opposés. Je suis passé de l'agroalimentaire à la plasturgie, à l'automobile, à l'énergie… Une trajectoire qui m'a permis de connaître la richesse de la diversité des activités industrielles françaises. Mais il faut aussi être prêt à se déplacer et à accepter des périodes d'inactivité.

Propos recueillis par Benjamin Dusaussoy

Mathilde Hardy
Mathilde Hardy

Après l'obtention du diplôme d'avocat, je me suis tournée vers l’édition et la production de contenus print et web pour différents Médias. Je suis aujourd'hui en charge de la rubrique Conseils du site Cadremploi. À ce titre, je rédige des articles afin d'accompagner les candidats à l'embauche et leur permettre de décrocher l'emploi de leurs rêves. J'informe également les cadres sur tout ce qui touche de près ou de loin au monde du travail.

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