La Check-List du candidat # 7 : Comment réagir si une question illégale vous est posée pendant l’entretien ?

Publié le 6 décembre 2019 Mathilde Hardy

L’entretien d’embauche est l’occasion pour le recruteur d’en apprendre un peu plus sur vous, notamment pour vérifier si vous pourriez correspondre d’un point de vue technique et humain au poste à pourvoir. Comment va-t-il s’y prendre ? En vous faisant passer des tests de personnalité, des tests techniques mais également en vous posant de nombreuses questions. Quelles sont les « bonnes » et les « mauvaises » questions en entretien d’embauche ? Et surtout comment réagir si une question illégale vous est posée par un recruteur ? Ce podcast répond à toutes ces questions !
  1. Quelles sont les questions que l’on peut vous poser en entretien d’embauche ?
  2. Quelles sont les questions que l’on ne doit pas vous poser en entretien d’embauche ?
  3. Comment réagir si une question illégale vous est posée pendant l’entretien d’embauche ?

Quelles sont les questions que l’on peut vous poser en entretien d’embauche ?

Le Code du travail encadre l’entretien d’embauche ou du moins donne des directives sur ce à quoi il doit servir : les informations demandées par le recruteur au candidat lors d’un entretien d’embauche ne peuvent avoir qu’une finalité : « apprécier sa capacité à occuper l'emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles ».

Les questions posées doivent donc présenter un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation de vos aptitudes professionnelles.

Par exemple :

Quelles sont les questions que l’on ne doit pas vous poser en entretien d’embauche ?

Lors d'un entretien, ils vous arrivent surement de répondre à des questions qui vous semblent parfois personnelles voire indiscrètes ou même farfelues.

Si ces dernières n’ont aucun lien avec le poste visé, vos compétences ou l’entreprise, c’est probablement qu’elles sont interdites. Pourquoi ? Parce que tout ce qui relève de votre vie privée peut ensuite faire l’objet d’une discrimination à l’embauche. En fonction de la réponse que vous apporterez, le recruteur pourra ou non décider de vous recruter.

Par exemple, voici 8 questions totalement interdites en entretien d’embauche :

  • Quel âge avez-vous ?
  • Êtes-vous enceinte ?
  • De quelle nationalité d’origine êtes-vous ?
  • Êtes-vous marié ?
  • Êtes-vous croyant ?
  • Qu’avez-vous voté aux dernières élections ?
  • Avez-vous des problèmes cardiaques ?
  • Avez-vous une appartenance syndicale ?

Comment réagir si une question illégale vous est posée pendant l’entretien d’embauche ?

En tant que candidat vous bénéficiez d’une protection légale durant le processus de recrutement, notamment fondée sur le respect de la vie privée ou le principe de non-discrimination à l’embauche.

Si une question illégale vous est posée lors d'un entretien d'embauche, sachez que vous n’avez aucune obligation d’y répondre et que la personne qui vous la pose s’expose à des sanctions judiciaires si vous souhaitiez par la suite la poursuivre.

Soyez malin et tentez d’éluder la question.

Si vraiment le recruteur insiste et veut connaître votre réponse, deux options s’offrent à vous :

  • Mentir au recruteur et par exemple lui dire que vous n’avez pas d’enfants si vous sentez que répondre par l’affirmative risque de vous pénaliser. L’employeur ne pourra pas ensuite se prévaloir de ce mensonge pour vous sanctionner ou vous licencier puisqu’initialement la question est illégale.
  • Refuser de répondre en invoquant le caractère déplacé ou inapproprié de la question eu égard au poste convoité. Par exemple, vous pouvez lui dire calmement : « Je ne pense pas que la réponse à cette question puisse vous renseigner sur mes compétences professionnelles pour le poste ».

Si vous pensez avoir été victime d’une discrimination à l’embauche, c’est-à-dire écarté du processus de recrutement en raison d’une réponse fournie liée à votre sexe, votre orientation sexuelle ou votre état de santé par exemple, vous êtes en droit de poursuivre en justice le recruteur devant le Conseil de prud’hommes, mais également devant les tribunaux pénaux. À charge pour ce dernier de rapporter la preuve qu’il vous a écarté du processus de recrutement sur des critères objectifs.  Pour information, la discrimination à l’embauche est punie par le Code du travail par 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende (C. trav., art. L1132-1).

Mathilde Hardy
Mathilde Hardy

Diplômée avocat, Mathilde Hardy est ensuite formée à l’édition et à la production de contenus print et web pour différents Médias. Elle rédige des articles pour Cadremploi afin d'accompagner les candidats à l'embauche et leur permettre de décrocher l'emploi de leurs rêves, mais informe aussi les cadres sur tout ce qui touche de près ou de loin au monde du travail.

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