BTP : quel salaire pouvez-vous espérer ?

30 août 2019 Hays

Une légère reprise s'amorce et part sur de nouvelles bases plus « prudentes ».
BTP : quel salaire pouvez-vous espérer ?
  1. Évolution du marché
  2. Les changements sur les pratiques de recrutement
  3. Évolution des politiques de rémunération
  4. Quelle vision pour l'avenir ?
  5. Profils les plus recherchés
  6. Formations, compétences et critères

Évolution du marché

Globalement, deux grandes tendances se dégagent pour le marché du BTP : tout d'abord, une reprise légère s'amorce, reprise qui part sur de nouvelles bases plus « prudentes ». Ensuite, les clients, qui recrutaient en payant leurs nouveaux collaborateurs au-dessus des rémunérations du marché, sont à présent plus exigeants et plus regardants sur le niveau de rémunération qu'ils offrent aux candidats.

Dans le but d'être le plus précis et complet possible sur les tendances de ce domaine, nous allons réaliser un focus sur les cinq subdivisions qui existent au sein du secteur BTP, à savoir l'entreprise générale de bâtiment, l'entreprise de travaux publics, le second œuvre, la maîtrise d’œuvre bâtiment et enfin le génie civil. L'entreprise générale de bâtiment, tout d'abord, est un secteur qui a énormément souffert pendant la crise avec des commandes mises en veille. Nous avons constaté une légère reprise en 2010 et cette dernière devrait être plus prononcée en 2011.

Les entreprises de ce secteur, qui n'avaient plus de visibilité pendant la crise, ont maintenant des carnets de commandes bien remplis, ce qui leur permet d'avoir une visibilité claire et précise sur 1 an, voire 1 an et demi. Les grands acteurs du bâtiment pensent même déjà à 2012. Les entreprises de travaux publics, pour leur part, se trouvent toujours dans une situation délicate malgré la sortie de crise et ont un manque de visibilité à moyen et long termes. Les entreprises de second œuvre, essentiellement composées de PME, ont toujours très bien fonctionné, y compris pendant la crise. Cela étant, nous constatons une situation pénurique des candidats, la demande étant supérieure à l'offre.

La maîtrise d’œuvre bâtiment connaît une légère reprise depuis l'été 2010 et possède à présent une meilleure visibilité quant à l'avenir. Le génie civil, enfin, est un domaine où nous constatons une pénurie de candidats en raison des niveaux de complexité et de technicité très élevés des projets de ce secteur. Malgré tout, cette pénurie n'empêche pas les clients d'être très exigeants dans leurs recrutements. La construction d'ouvrages spécifiques, par exemple les viaducs, implique une sélection très exigeante de la part des clients, dans le sens où ils n'ont pas le droit à l'erreur.

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Les changements sur les pratiques de recrutement

La période 2008-2009 fut très floue pour les entreprises générales de bâtiment et celles de travaux publics : le recrutement, géré en flux tendu, était limité à des missions de remplacements et des départs en retraite. Aujourd'hui, la reprise relance la création de postes. Plus globalement, le niveau d'exigence des clients a considérablement augmenté et une nouvelle problématique est apparue à leurs yeux : désormais, les compétences du candidat ne seront plus les seuls critères de décision. Le candidat doit être également en phase avec l'environnement, les valeurs et la culture de l'entreprise.

De plus, les clients prennent en compte à présent l'adaptabilité du candidat au mode de fonctionnement de l'entreprise, ainsi que les perspectives d'évolution qui s'offriront à lui à moyen et long termes. Concernant le processus de recrutement en lui-même, de plus en plus de tests de personnalité et de compétences viennent s'ajouter aux contrôles de références. À titre d'exemple, les Dessinateurs-Projeteurs peuvent être testés lors d'exercices portant sur le logiciel AutoCAD.

En plus de ces différents tests, les clients multiplient les entretiens : le candidat rencontrera successivement le DRH, un opérationnel et enfin le Responsable de site. Côté candidat, le salaire n'est plus le critère de choix primordial. En effet, les missions confiées et l'environnement de travail entrent également en ligne de compte.

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Évolution des politiques de rémunération

Les années précédentes, les clients avaient tendance à très bien rémunérer un niveau d'expérience peu élevé. Dorénavant, les entreprises ont revu leur politique salariale à la baisse, et ce même si la situation est toujours pénurique concernant les candidats. Ces derniers sont ainsi payés à leur juste valeur et la mentalité de « mercenaires » qui prédominait a aujourd'hui disparu. En résumé, la rémunération est définie en fonction des responsabilités du collaborateur et de son niveau d'expérience.

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Quelle vision pour l'avenir ?

La crise a eu l'avantage de mettre en lumière certains abus. Des candidats étaient par exemple placés à des postes nécessitant plus d'expérience qu'ils n'en possédaient. Nous assistions donc à un dérèglement du marché. Ce dernier semble ainsi plus porteur maintenant : les clients sont devenus plus raisonnables dans le choix de leurs candidats et la relance de l'activité a permis la réouverture de postes auparavant fermés.

Cette situation devrait perdurer pour les deux prochaines années. Par ailleurs, il est intéressant de souligner que le secteur de l'Environnement promet un avenir meilleur pour le BTP, notamment avec le développement durable. Une spécialisation des candidats dans ce domaine est très appréciée.

Profils les plus recherchés

Tout d'abord, les entreprises générales de bâtiment recherchent essentiellement des Conducteurs de travaux principaux ainsi que des Ingénieurs études de prix. Concernant les Conducteurs de travaux, les clients exigent 4 ans d'expérience, contre 2 années auparavant.

Pour les postes d'Ingénieurs études de prix, ils demandent moins d'expérience (une année est parfois suffisante) car les compétences associées à ce métier sont rares sur le marché. Ensuite, les entreprises de travaux publics recherchent des Ingénieurs études de prix, des Chefs de chantier ainsi que des Conducteurs de travaux. Pour l'ensemble de ces métiers, les clients demandent des candidats confirmés ayant 5 à 7 ans d'expérience.

Nous notons que l'Ingénieur études de prix est un métier pénurique. Les entreprises de second œuvre, pour leur part, ont besoin de Conducteurs de travaux, notamment en ravalement. Sur ces besoins, les clients préfèrent les profils ayant au minimum 4 années d'expérience. La maîtrise d’œuvre bâtiment nécessite des Économistes de la construction, ainsi que des Ingénieurs structures.

Pour ces deux types de métiers, 5 à 7 années d'expérience sont grandement appréciées pour les missions proposées. Le génie civil, enfin, recherche principalement des Ingénieurs ferroviaires ayant 5 années d'expérience. Cela s'explique par une hausse de l'activité des transports.

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Formations, compétences et critères

Nous constatons que les entreprises générales du bâtiment possèdent une liste d'écoles d'Ingénieurs de référence : l'ESTP, HEI, ECOTEC, Les Mines, Centrale, INSA et CESFA BTP. Pour le métier d'Ingénieur études de prix spécifiquement, le BTS Études & Économie de la Construction Saint-Lambert est très apprécié.

Pour les entreprises de travaux publics, l'ESTP est l'établissement de référence numéro un. Pour les entreprises de second œuvre, les clients sont moins exigeants quant au niveau de technicité des candidats : un BTS Conduite de travaux est par exemple suffisant à l'embauche. Les entreprises de maîtrise d’œuvre, pour leur part, recherchent des candidats issus de l'ESTP, d'ECOTEC, de CHEBAP et de CHEC. Le Génie civil, enfin, se réfère aux mêmes écoles que les entreprises générales de bâtiment.

 

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