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Augmentation : comment bien négocier au bon moment

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La rédaction Cadremploi

Partez du principe que si vous ne demandez pas, vous n’aurez pas d’augmentation. Alors préparez vos arguments, car la situation est plus compliquée que vous ne le pensez.

Pour beaucoup la demande d’augmentation est un moment stressant. Calmez-vous, l’important est de bien se préparer. « Vous pouvez même faire des simulations », conseille Raphaël Marraud des Grottes, manager en finance au sein du cabinet de recrutement Robert Half. Le tout est d’avoir les bons arguments, de connaître la politique salariale de son entreprise, de choisir le bon le moment, de s’adresser à la bonne personne, et surtout de ne pas avoir peur du refus…Bref, même pour ceux qui se sentent à l’aise, une petite révision des règles du jeu pour obtenir une augmentation ne vous fera pas de mal.

Les bonnes raisons selon les managers de donner une augmentation

- Après l’atteinte d’objectifs ou plusieurs succès

Vous avez dépassé vos objectifs, relevé un challenge important et enchaîné les succès sur le long terme, alors il est temps de demander une augmentation car vous le méritez.
Attention à ne pas confondre l’augmentation avec la prime. La réussite totale d’un projet, ne justifie pas forcément la demande d’une augmentation. « Dans ce cas, mieux vaut demander une prime, c'est plus logique », assure François Enius, coach de dirigeants. Une augmentation vient en général reconnaître un travail continu ou une évolution des responsabilités.

 

- Si votre salaire est en dessous du marché

Pour différentes raisons, votre rémunération est inférieure à la moyenne en vigueur dans votre fonction et avec expérience. « Un rattrapage de salaire de l’ordre de 4 à 5 % doit être anticipé dans les budgets. Le salarié ne doit pas mettre son manager au pied du mur mais évoquer la question avec lui bien avant la clôture des budgets. Le mettre en condition pour qu’il accepte d’ouvrir la négociation », conseille François Enius. Encore une fois, « il faut bien se renseigner sur la politique salariale de l’entreprise, afin de ne pas être trop gourmand dans sa demande. Si l’entreprise a pour habitude d’augmenter de 4 %, n’allez pas demander 10 % », conseille Laurence Salvador, coach personnelle et professionnelle.

L’attitude à adopter pour une demande d’augmentation

Commencez l’entretien par des sujets faciles. « On élimine le stress en abordant le rendez-vous par des banalités comme un fait positif, ou l’ambiance de l’équipe », conseille la coach Laurence Salvador. La courtoisie et l’assurance sont de rigueur. Et pendant votre argumentaire, demandez l’avis de votre manager. « Quelle est votre position au sujet de ma demande ? Et vous lancez le débat avec d’autres arguments », imagine la coach. Posez également des questions ne pouvant donner lieu qu'à des réponses affirmatives de votre manager, du type "Êtes-vous d'accord avec moi sur le fait que mes résultats ont apporté une réelle plus-value à l'entreprise ?", ajoute le consultant.

Les bons arguments pour négocier son augmentation

Il faut bien comprendre la question du côté de l’employeur : "Pourquoi augmenter ce collaborateur plutôt qu’un autre ?". Olivier Gélis, directeur général de Robert Half International France explique : « C'est à ce stade qu'intervient la notion de rareté et de rentabilité du salarié. Très clairement, on a très peu de chance d'obtenir une augmentation si on est un collaborateur "interchangeable". L'entreprise sera plus ouverte à augmenter les éléments qui sont absolument nécessaires et indispensables à son développement. »

Il est primordial d'accumuler des éléments factuels, quantitatifs et qualitatifs donc tangibles, permettant de mesurer la performance : économies réalisées, revenus générés, erreurs évitées, augmentation de la productivité... L'accumulation de ces preuves incontestables démontreront la valeur ajoutée apportée à l'entreprise.

« Vous avez contribué à l'amélioration de la qualité, de la satisfaction des clients ou avez développé une intelligence émotionnelle au service de l'entreprise, il ne tient qu'à vous de rappeler à votre manager les éléments sur lesquels vous fondez votre demande », ajoute le consultant.

Lire aussi : 3 cadres expliquent leur technique pour négocier leur augmentation

Quelle est le meilleur moment pour demander une augmentation ?

- Après une promotion


« Une évolution ou un changement de poste est un moment privilégié pour négocier une augmentation. Une charge de travail supplémentaire peut mériter un nouveau salaire.
C’est donc le moment de négocier autre chose qu’un nouveau titre ou de nouvelles responsabilités », résume François Enius.

- Lors de votre entretien annuel d’évaluation

Ce rendez-vous avec votre manager est l’occasion de faire le bilan de l’année écoulée mais aussi de parler de vos projets, de vos attentes, de vos envies, de ce qu’il prévoit pour vous… « Dans la deuxième partie de l’entretien annuel portant sur les projets à venir, le salarié a l’occasion de motiver factuellement sa demande d’augmentation auprès de son manager », rappelle Audrey Brichant, senior manager de la division assistanat de Walters People.

Certains, néanmoins, conseillent de déconnecter cet entretien d’évaluation de la demande d’augmentation. « Souvent les collaborateurs jaugent l’entretien à l’aune de la réponse du manager sur le sujet. S’ils essuient un refus, ils considèrent que l’entretien s’est mal passé et cela dénature complètement l’objectif premier de cette entrevue », argumente François Enius. Catherine Perrin, fondatrice et dirigeante de Finance Technique, est d’accord et recommande plutôt « de demander un rendez-vous spécial à votre manager ».

Dans les faits, votre choix devra tenir compte de la culture d’entreprise. Si, dans cette dernière, les augmentations sont négociées dans le cadre de l’entretien annuel, rien ne sert de vous opposer à cette norme. lI est recommandé de ne faire sa demande d’augmentation qu’une fois par an, selon Raphaël Marraud des Grottes, même s’il ne s’agit pas d’une règle immuable.

Les pires moments pour demander une augmentation de salaire

Après une récente sous-performance : même si vous êtes un bon élément, mieux vaut laisser couler de l’eau sous les ponts après un échec, car votre manager aura beau jeu de vous retorquer que vous n’avez pas assuré sur la dernière mission. Pourquoi courir ce risque ?

En cas de difficultés économiques graves de l’entreprise : cela laisserait à penser que vous n’avez pas conscience de la situation de votre groupe, ou que vous la jouer un peu trop perso.

Quand votre manager a la tête sous l’eau : il ne sera pas à l’écoute et il y a peu de chance qu’il étudie votre demande de manière approfondie.

Si vous avez été augmenté dans les 6 mois précédents : là vous risquez de passer pour le glouton de service et de perdre en crédibilité.

À qui demander une augmentation ?

Il est primordial de demander solliciter son manager, « qu’il soit décisionnaire ou pas, recommande Raphaël Marraud des Grottes. Celui-ci relaiera ensuite la demande à son propre manager. Et la négociation se fera peut-être à trois. » En revanche, faire sa demande auprès des RH est mal perçu. « Cela met le manager dans une position inconfortable. Vous faites fi de son autorité, analyse la coach personnelle et professionnelle. Pour les plus petites structures, une demande auprès des RH est moins choquante. L’équipe étant plus petite, le manager n’a pas toujours le temps. »

 

Si l’augmentation ne vous convient pas

Votre augmentation n’est pas à la hauteur de votre demande, ne renégociez pas, mais prenez rendez-vous pour l’année prochaine. Dans certaines entreprises, comme les cabinets d’audit, les augmentations sont automatiques, le cas pour KPMG ou encore Deloitte. « Il y a une grille des salaires qui fixe les augmentations pour chaque grade passé, explique Raphaël Marraud des Grottes du cabinet Robert Half. D’autres entreprises demandent au manager de faire un état des lieux de leurs équipes, pour définir qui mérite d’être augmenté ou pas. »

Lire aussi :  Les 7 phrases qui tuent une augmentation

 

Comment réagir en cas de refus ?

- Demander pourquoi on vous refuse une augmentation

Il faudrait s’y attendre. « Cette question m'inspire spontanément une comparaison avec le judo, sourit Laetitia Quatrevaux, regional manager au sein du cabinet Hays. L’idée est de savoir tomber pour ne pas se faire mal. Et de penser au coup d’après, sans violence ! » Autrement dit, rien de pire qu’une réaction épidermique. « Un scénario courant est d’être vexé et de s’emporter. Or, on ne peut pas décréter que l'on mérite une augmentation. Il faut la demander en se basant autant que possible sur des arguments factuels et des résultats chiffrés. Et si elle est refusée, il ne faut surtout pas rompre le dialogue mais plutôt demander sereinement une explication à son interlocuteur pour pouvoir rebondir le mieux possible, voire pouvoir obtenir ce que l’on veut plus tard. »

- Se remettre en cause en cas d’avis négatif

Même si un employeur ne peut pas vous augmenter, la nature de sa réaction - et sa bonne volonté à atténuer sa déception - seront des indices de son intérêt pour le salarié. « Cependant, en cas de refus, le salarié doit aussi se préparer à la possibilité que, peut-être, il n’avait pas mérité cette augmentation », poursuit Anne-Sophie Luçon co-fondatrice du cabinet de conseil HTAG Recrutement. Mais même si cette réponse est dure à entendre - et parfois difficile à formuler pour un manager - le salarié ne quittera pas forcément l’entretien les mains vides. « Le salarié doit être capable de se remettre en cause. Ensuite, c’est l’occasion de demander une formation, pour pallier une éventuelle insuffisance, et qui sera toujours payante par la suite. »

- Prendre un autre rendez-vous et demander plus d’objectifs

« C’est simple : soit votre interlocuteur ne peut pas, soit il ne veut pas », résume Noémie Cicurel, directrice chez Robert Half. Pour cette consultante, ces deux alternatives appellent des réactions différentes. « S’il ne peut pas parce que les enveloppes ont déjà été distribuées par exemple, on peut prendre rendez-vous pour l'année suivante et surtout déjà se positionner. C’est l’occasion de fixer ensemble des objectifs clairs et atteignables pour décrocher cette augmentation l’année suivante en cas de réussite. Et en tout cas, la demande est déjà actée. »

- Demander des avantages en nature

Mais rien n’empêche de formuler immédiatement une autre demande. « On peut encore proposer des alternatives à une hausse de salaire, poursuit Noémie Cicurel. Souvent un employeur ne peut pas accorder d’augmentation à cause d’un gel de la masse salariale. Dans ce cas, le salarié peut reformuler sa demande et suggérer l’octroi d’un bonus, une ou deux fois par an, sur atteinte d’objectifs. » Mais il peut aussi réfléchir, en amont, à d’autres avantages susceptibles d’adoucir sa déception sans grever le budget de l’entreprise. « On peut, sans demander d’argent, suggérer un avantage en nature comme un téléphone, un ordinateur portable ou une carte essence. Ou encore la possibilité de travailler de chez soi, voire carrément de passer en 4/5e payés à la même rémunération. » Manager exécutif senior au cabinet Michael Page, Anne-Sophie Luçon invite elle aussi les salariés à être créatifs. « À défaut d’être augmenté, l’idée est de se demander ce qui peut faciliter sa vie professionnelle. Parmi les autres leviers intéressants, on peut demander des moyens humains dans son équipe, comme la possibilité de prendre un stagiaire. »

- Demander une formation

À la place de l’augmentation, la formation peut être une alternative intéressante pour acquérir nouvelles compétences et ainsi doper son salaire pour l’année prochaine. Par exemple des formations haut de gamme comme le MBA visent les cadres de 7 à 15 ans d'expérience souhaitant évoluer (en interne ou en externe) ou se reconvertir, se révèlent à moyen terme d'excellents accélérateurs de carrière. « Si vous envisagez un MBA pour acquérir une double compétence tout en y ajoutant une touche internationale, vous pouvez même doubler votre salaire », estime Bernard Belletante, président du Chapitre qui représente les 38 plus importantes écoles de management. Ces dernières peuvent être financées, du moins en partie, par votre employeur et via vos droits à la formation (le CPF ou CIF).

- Évitez le chantage à tout prix

« Même s’il est des cultures d’entreprise où le chantage reste le meilleur moyen de décrocher une augmentation, on ne peut pas élever ça au rang d’une méthodologie efficace », prévient François Enius. En tout cas, ce n’est pas une solution pérenne à moyen et long terme. « Le manager forcé à augmenter un collaborateur au-delà des grilles prévues dans son entreprise risque de mettre en place une stratégie visant à remplacer cette personne par une autre tout aussi compétente et moins chère », renchérit Catherine Perrin. Donc attention aux dommages collatéraux de ce type de chantage. S’il peut arriver que votre employeur vous propose une augmentation pour vous garder, cela doit venir de lui.

 

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commentaires

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Nom, Prenom, Pseudo

20/11/2017

à 18:34

comment préparer un débat sur le pour ou le contre de l'augmentation des salaires (ses 1ere es)

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En réponse à Nom, Prenom, Pseudo

razorvla

06/05/2018

à 23:19

tu cherches des arguments sur le pour et le contre puis tu les enchaîne de manière logique

> Répondre

Alex

14/03/2017

à 13:44

Ouais plutôt d'accord

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Sarra

10/08/2016

à 20:53

vins

19/07/2016

à 16:57

Choupinours

10/03/2015

à 16:35

Intéressant ;-)

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