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Cadres seniors : comment baisser ses prétentions salariales sans perdre la face

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Méréva Balin

Quand on est senior et en recherche d’emploi, il y a de fortes chances d’être confronté à une baisse de ses prétentions salariales. Faut-il y succomber et si oui jusqu’à quel point ? On vous révèle les dessous de ce type de négociation.

1. Se faire une raison

Cela commence souvent par une mauvaise nouvelle. « Les seniors en recherche d’emploi doivent impérativement baisser leur salaire par rapport à ce qu’ils avaient avant », assène François Humbert, directeur du cabinet Cadres Seniors Consulting. En cause, un contexte économique difficile menant à une baisse généralisée des salaires et un marché du travail ultra concurrentiel. « Il faut peut-être faire le deuil de son ancien salaire pour mieux rebondir, conseille Alexandra Rieu, responsable de la Mission seniors de Synergie. Il y a un grand danger à être inactif dans un marché encore plus difficile pour les seniors. » Selon l’APEC, plus la période d’inactivité est longue, moins le cadre a de chances de négocier un salaire avantageux.

 

2. Baisser, oui mais pas trop

Il n’est pas question de brader son expérience et ses compétences. Cette attitude porte non seulement un coup au moral du candidat mais elle laisse également un a priori négatif aux futurs recruteurs. Les limites de baisse acceptées sont propres à chacun. Néanmoins « le message que je fais passer aujourd’hui est de baisser ses prétentions d’au moins 20 à 25 % par rapport au salaire précédent, explique François Humbert. Si vous baissez votre salaire de plus de 50 %, vous n’êtes plus crédible. » Persuadé que ce coût modique cache un manque de motivation, une méconnaissance du secteur ou tout autre défaut, le recruteur embauche une autre personne, certes plus chère mais en phase avec les réalités du marché. 

 

3. Démontrer que recruter un junior coûte aussi cher

Il est vrai qu’à l’embauche, le salaire d’un cadre senior pèse plus lourd sur le budget de l’entreprise que celui d’un junior. Face à cet argument asséné pendant l’entretien, le candidat est souvent déstabilisé. Néanmoins, c’est oublié un peu vite les coûts cachés du recrutement d’un junior. « Il faut le former et l’encadrer alors que le senior sera opérationnel tout de suite, précise François Humbert. Au bout de 18 mois, le jeune de 30 ans change d’entreprise. Le senior, lui, reste 10 ou 15 ans. » Plus stable et plus fiable, le recrutement d’un senior est selon lui plus avantageux pour l’entreprise au bout de 3 ans.

 

4. Être acteur de son recrutement

Quand vient le temps de la négociation salariale, Christian Boulaine, président de Cadr’action recommande « de regarder de très près tous les avantages en nature que peut accorder un groupe ». Tickets-restaurants, comité d’entreprise, voiture de fonction…  Autant de petites économies qui peuvent à terme rattraper un salaire jugé trop bas. Pour Alexandra Rieu, « il faut s’attacher aux missions ou aux projets de l’entreprise ». Un candidat, bilingue en chinois, par exemple, peut donner une dimension asiatique à la prochaine campagne du groupe. Il tient là un argument parfait pour faire pression et obtenir plus de responsabilités, voire une rallonge sur sa fiche de paie. « Il est important d’être force de proposition pour trouver un deal gagnant-gagnant avec le recruteur », préconise Alexandra Rieu. 

 

5. Penser le poste à long terme  

La fin de la période d’indemnisation chômage approche. Le couteau sous la gorge, le candidat est prêt à accepter un poste, quel que soit le salaire proposé. Pourtant il lui reste encore une carte à jouer. « On peut proposer un compromis en acceptant un salaire moindre avec une renégociation dans 6 mois à 12 mois en fonction des résultats », assure Alexandra Rieu. Le temps de montrer ses talents et de gagner la confiance d’une hiérarchie souvent frileuse avec les nouveaux embauchés.

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laurent

30/09/2016

à 10:54

Cet article me donne envie de pousser un bon coup de gueule. Il ne faut pas se faire leurrer. On est senior de plus en plus top, aujourd'hui 45 ans demain 40 ? Dans les faits, les secteurs qui embauchent des seniors sont de plus en plus rare. Les lois contre la discrimination à l'embauche ont aseptisés les offres d'emplois. Dans la fonction commerciale cette discrimination déguisées est flagrante, les annonces proposent des postes demandant une certaine expérience, mais lorsque un sénior qui présente la totalité des compétences requises postule, il reçoit toujours une lettre type le remerciant de sa candidature et signalant que le choix s'est porté sur des candidats plus en adéquation avec le poste. Plus en adéquation avec le poste, je me marre. Il faut lire plutôt : un candidat plus jeune. Un RH m'a récemment dit : "je connais tes valeurs et tes compétences, je sais que tu ferais largement le job, mais la stratégie de l'entreprise est de recruter des candidats dont l'âge ne dépasse pas les 35 ans ".Donc, la négociation d'un salaire par un senior lors de son embauche est plutôt bon signe. Les seniors sont par essence plus sage et donc plus réaliste, ils ne vont pas refuser un poste sous prétexte qu'il est sous rémunéré. On parle régulièrement du chômage chez les jeunes mais quid sur celui des seniors. Ce qu'il faut forcément mettre en exergue ce sont ses compétences, son expertise, sa flexibilité, sa disponibilité et surtout sa joie de pouvoir trouver chaussure a son pied. Car pour finir, les dispositifs d'aides à l'embauche de seniors mis en place par le gouvernement sont très rarement pris en considération lors des recrutements.

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En réponse à laurent

aline thibault

13/10/2016

à 19:14

je suis très sensible à cet article
a 43 ans, après 6 ans de chômage je me suis laissé entendre que j’étais trop vieille et trop chère
j’évolue dans les métiers de l'image, et les séniors en bavent
si vous êtes architectes d’intérieur comme moi je serais ravie de vous entendre
,

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Cinq fois dix heureux

13/12/2015

à 13:30

Calamité Jane et Pascal, bravo pour votre œil et humour.

Les salaires en France sont à la traîne du fait des 35 heures et nos homologues en européens ne travaillent pas plus ( temps de travail tourne autour de 40h) mais gagne et plus.

Expérimentés, ne vous bradez pas. Le mot senior devrait être banni des sites et de notre vocabulaire.

> Répondre

Calamity Jane

09/12/2015

à 08:33

Article rédigé en total désordre : Les points à aborder sont dans l'ordre point 1, point 4, point 3, point 2, et le point numéro 5 est à manier avec discernement selon l'âge du senior. Si 45 ans OK, si 60 ans c'est non. A cet âge il est illusoire de parler de prévisions à long terme !!!

> Répondre

Pascal

08/12/2015

à 20:21

Bonjour,

Mon expérience de senior facétieux m'a conduit à me faire la raison sur le long terme suivante :

Comme les jeunes démarrent dans la vie active de plus en plus tard, à 25 puis à 30 ans, pour cause d'études de plus en plus longues et de postes de plus en plus difficiles à trouver, ils démarrent toujours plus nombreux au smic (après avoir évité l'écueil des stages encore moins rémunérés!);

Comme on est senior de plus en plus jeune professionnellement, hier à 60 puis à 50 et aujourd'hui à 40, alors qu'on le restera de plus en plus longtemps de part l'espérance de vie qui recule l'âge de départ à là retraite au delà de 55 avant hier, 60 hier puis 65 aujourd'hui;

Il est probable que demain, dans un ajustement parfait du marché, les jeunes démarreront leur vie active à 35 en qualité de senior au smic et termineront leur carrière de façon idoine ! ;-)

Qui à dit que le marché ne jouait pas son rôle de régulateur ?!!!....

Pascal

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