Expert en négociation salariale : la compétence jackpot

1 janvier 2007 Sylvia Di Pasquale

On peut être un professionnel très pointu dans son domaine, doublé d'un manager hors pair. Mais, pour réussir sa carrière, il est vital d'affûter, en parallèle, une autre compétence. Une valeur ajoutée qui vous vaudra la reconnaissance de vos proches et l'admiration (à moins que ce ne soit la jalousie) de vos collègues. Elle vous vaudra de plus, le respect de vos supérieurs hiérarchiques. Et celui, si confortable, de votre banquier.
  1. Investigation
  2. Évaluation
  3. Négociation

Ce talent tout particulier, c'est l'art de négocier sa rémunération. Un sport qui s'apprend avant même de rechercher son premier emploi et qui se pratique jusqu'à l'âge de la retraite.

Investigation

Toutes les ceintures noires de cette discipline l'affirment. Pour jouer au Top niveau, il faut passer virtuose dans deux arts complémentaires : le sens de l'investigation et du commerce mêlés. C'est qu'en premier lieu il s'agit d'estimer son propre travail à sa juste mesure. Ni trop, ni trop peu. Pour ce faire, il faut connaître les tarifs pratiqués dans son secteur, dans l'entreprise où l'on postule et jusque dans le service convoité. La première étape de cette investigation est assez simple à mener. Sites Internet, convention collective, syndicat professionnel, associations d'anciens de votre école ou presse spécialisée : en sondant ces sources, vous dénicherez des études sur les rémunérations pratiquées dans votre branche.

En revanche, il est un peu plus difficile de connaître ceux de sa propre entreprise ou de celle que vous visez. Hormis quelques sociétés qui pratiquent le culte de la transparence et de la grille salariale disponible à tout un chacun, la plupart d'entre elles font plutôt dans l'opacité, le salaire au mérite et le flou artistique. Il faut donc épouser le (la) DRH pour en avoir le cœur net. Si elle (il) n'est pas libre, il faut tenter d'arracher des informations à des personnes extérieures à l'entreprise. Elles parleront beaucoup plus facilement que le personnel en poste. Anciens de la boite, concurrents, cadres à la retraite pourraient avantageusement vous renseigner sur les salaires pratiqués dans la place. Sans oublier les consultants en cabinets de recrutement ou en agence de communication en rapport direct avec les annonceurs qui embauchent. Évidemment, pour les atteindre, vous ne pouvez compter que sur votre seul réseau professionnel et amical. Même si les informations des uns comme des autres peuvent parfois dater, elles vous serviront au moins d'indicateur par rapport à votre idée première.

Évaluation

Une fois ces fourchettes de rémunération cernées, il faut les ajuster en fonction de votre niveau hiérarchique, votre ancienneté, votre expérience, vos diplômes, votre âge, etc. Un calcul à double tranchant puisqu'il vous remet personnellement en cause. C'est une des raisons pour lesquelles nombre de personnes se sous-estiment ou, à l'inverse se surestiment. Des défauts que l'on retrouve dans la vie courante et qui, forcément se répercutent sur l'autoévaluation trop approximative de sa valeur en termes de salaire.

Négociation

Il faut néanmoins en passer par là avant d'attaquer la phase suivante : la négociation. Elle a évidemment lieu lors de l'embauche, mais également dans les occasions qui peuvent se présenter tout au long de votre carrière dans l'entreprise. Les évaluations annuelles, les projets aboutis, les objectifs atteints (et surtout dépassés) sont autant d'occasions de demander une augmentation. A condition d'avoir bien négocié lors de votre arrivée dans l'entreprise. C'est un point vital qui peut conditionner toute une carrière. Car un salaire sous évalué au départ est très difficile à rattraper par la suite. D'autant que votre réputation de piètre négociateur vous précédera lors de chaque nouvelle demande d'augmentation. Un handicap, même si vous êtes un expert dans votre métier et un manager hors pair.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Vous aimerez aussi :