Les 7 phrases qui tuent une augmentation

1 avril 2019 Sylvie Laidet

Quelle que soit l’entreprise qui vous emploie, les demandes d’augmentation sont souvent très codifiées. Pour espérer obtenir une rémunération plus élevée auprès de votre employeur, certaines règles sont à respecter, notamment : le bon timing, la formulation adéquate et les arguments convaincants. Pour vous aider, Cadremploi vous livre les 7 arguments à ne surtout pas dire à votre supérieur hiérarchique et qui pourraient tuer votre augmentation.
Les 7 phrases qui tuent une augmentation
  1. « Avec les licenciements économiques qui viennent d’avoir lieu, je fais plus de travail qu’avant, ça mérite une augmentation »
  2. « On relève de telle convention collective qui prévoit une augmentation annuelle de tant, donc je veux être augmenté »
  3. « Si je n’ai pas d’augmentation, je m’en vais. De toute façon, j’ai de meilleures propositions ailleurs »
  4. « J’ai donné mon maximum cette année, je dois donc être augmenté »
  5. « J’ai autant d’expérience qu’untel qui vient d’être augmenté, je peux donc moi aussi prétendre à une hausse salariale »
  6. « Je n’ai été augmenté depuis 5 ans, ça commence à bien faire »
  7. « Si je ne suis pas augmenté, je vais adapter ma charge de travail en conséquence »

« Avec les licenciements économiques qui viennent d’avoir lieu, je fais plus de travail qu’avant, ça mérite une augmentation »

Pourquoi cette phrase tue ?

Parce que, comme le début de la phrase l’indique, le surplus d’activité n’est pas dû à un carnet de commandes en hausse et à une santé florissante de l’entreprise, mais à des difficultés économiques. « Qu’un salarié dont l’emploi a été préservé vienne se plaindre de sa rémunération donne instantanément une image de grand égoïsme, d’intérêt personnel aux dépens de l’intérêt collectif. À la limite le manager va même se demander s’il a choisi de faire partir les bonnes personnes. En tout cas, le demandeur est sûr de créer de la rancœur, d’autant que dans ces circonstances, il est fort probable que le manager n’aura de toute façon aucune marge de manœuvre », argumente Marc Devillard, PDG de Motivation Factory.

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« On relève de telle convention collective qui prévoit une augmentation annuelle de tant, donc je veux être augmenté »

Pourquoi cette phrase tue ?

Parce qu’on n’est pas à la Sécu. « En soi, la demande du collaborateur n’est pas fausse mais dans le secteur privé, cela ne passe pas. J’octroie des augmentations en fonction des résultats et de l’attitude des membres de mon équipe. Se revendiquer d’un accord de branche ou d'une convention collective ne sert donc à rien », illustre Karine Doukhan, directrice au sein du cabinet de recrutement Robert Half. 

« Si je n’ai pas d’augmentation, je m’en vais. De toute façon, j’ai de meilleures propositions ailleurs »

Pourquoi cette phrase tue ?

Parce que c’est tout simplement du chantage, une arme à utiliser avec beaucoup de précautions. Il est possible qu’une menace directe donne de bons résultats, mais elle ne le fera qu’une seule fois, parce que selon toute probabilité, le manager sait désormais que ce chantage peut se répéter. Sa seule ligne de défense est de rendre le salarié en question remplaçable le plus rapidement possible pour sortir du chantage, et là les menaces n’auront plus d’effet. Sans compter que le message envoyé « je me plairais plus ailleurs » ne tombe en principe pas dans l’oreille d’un sourd : pourquoi investir en plus sur un employé qui vous dit explicitement que son avenir est ailleurs ? « Il y a donc une probabilité élevée que le manager prenne cette posture pour un bluff et refuse instantanément. Au final, le candidat n’aura pas eu son augmentation, mais aura considérablement dégradé son image auprès de son manager, apparaissant désormais comme "en partance" », conclut Marc Devillard.

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« J’ai donné mon maximum cette année, je dois donc être augmenté »

Pourquoi cette phrase tue ?

Parce que ce n’est pas à vous de vous auto-évaluer mais à votre manager. « Avec ce genre de phrase, le salarié se piège lui-même en montrant qu’il atteint à ses propres limites et réduit donc l’envie de lui accorder une augmentation car il semble avoir déjà tout donné », argumente-t-elle.

« J’ai autant d’expérience qu’untel qui vient d’être augmenté, je peux donc moi aussi prétendre à une hausse salariale »

Pourquoi cette phrase tue ?

Parce que cette affirmation contient un double problème. D’abord, à part dans la fonction publique, les augmentations à l’ancienneté sont quand même rarissimes. Et puis, deuxième hic : se comparer aux autres. « Chez nous, il y a effectivement des nouveaux collaborateurs qui sont rapidement augmentés car leurs résultats et attitude sont remarquables. En revanche, ceux qui s’endorment et/ou ronronnent ne seront pas gratifiés. Et ce, quelle que soit leur ancienneté. La méritocratie est de mise », ajoute Karine Doukhan.

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« Je n’ai été augmenté depuis 5 ans, ça commence à bien faire »

Pourquoi cette phrase tue ?

Parce que cela indique l’incapacité du salarié à se remettre en question. « Quand on m’oppose ce genre de phrase, je réponds toujours mais « posez-vous la question de savoir pourquoi vous n’êtes pas augmenté. Est-ce une question de résultat, d’attitude, ou les deux », explique-t-elle. Surtout ne pas être dans la paranoïa, une non augmentation a toujours une explication.

« Si je ne suis pas augmenté, je vais adapter ma charge de travail en conséquence »

Pourquoi cette phrase tue ?

Parce que cela revient en fait à s’auto-augmenter et les employeurs n’apprécient guère. En effet, faute d’augmentation, vous vous apprêtez à moins travailler. Donc mathématiquement à booster votre taux horaire. Ce type de phrase incite encore davantage les managers à ne pas investir sur le collaborateur. Et donc vous voilà dans un cercle vicieux dans lequel vous ne ferez pas partie des personnes clairement identifiés et donc vos chances de voir votre salaire progresser s’amenuisent. La solution ? S’auto-augmenter mais discrètement et avec modération.

Sylvie Laidet
Sylvie Laidet

Au quotidien, Sylvie Laidet, journaliste indépendante, réalise des enquêtes, des portraits, des reportages, des podcasts... sur la vie des salariés en entreprise. Égalité femmes-hommes, diversité, management, inclusion, innovation font partie de ses sujets de prédilection.

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