Premier salaire : comment négocier sans se tromper ?

14 mai 2008 Tiphaine Réto

C'est souvent la question piège. « Quelles sont vos prétentions salariales ? » Même pour les matheux, difficile, quand on sort tout juste des bancs de l'école, de savoir combien on « vaut »... Difficile aussi d'imaginer pouvoir négocier son premier salaire. Difficile, mais finalement pas impossible.
  1. De 26 000 à 33 000 euros par an
  2. Du doigté pour négocier
  3. Penser aux primes
  4. Négocier son salaire ou préparer sa carrière ?
  5. Un délai pour renégocier

Les chiffres ne font pas rêver. Selon une récente enquête de l'Apec, un jeune diplômé tout frais émoulu d'école aurait trois fois moins de chance de pouvoir négocier son salaire qu'un cadre déjà expérimenté. Voilà qui ne laisse rien présager de bon pour les nouveaux arrivants sur le marché du travail. « Mais c'est à modérer, explique Anita Boisard, de l'Apec Richard Lenoir, à Paris. Car tous les jeunes diplômés sont rarement totalement sans expérience. »

De 26 000 à 33 000 euros par an

Un stage en entreprise ou un premier petit boulot peuvent déjà vous mettre en valeur. La maîtrise d'une langue rare ou d'un programme informatique spécifique sont évidemment des atouts à souligner. « Après, reprend Anita Boisard, c'est surtout la qualité du diplôme qui entre en jeu. » A la sortie d'une école de commerce ou d'ingénieur, le premier salaire peut ainsi s'estimer entre 31 000 et 33 000 euros par an. Diplômé d'université, la fourchette descend entre 26 et 27 000 euros. « Ceci dit, il faut toujours se méfier de ces enquêtes, sourit Christian Darantière, de l'Association pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés (AFIJ). Car tout dépend de l'entreprise où vous postulez. »

Du doigté pour négocier

Première étape, donc : se renseigner sur l'employeur. « Certaines entreprises ont une grille de salaire et n'en démordent pas, poursuit Christian Darantière. D'autres, au contraire, attendent une réelle discussion autour de la question salariale. » Pas question, en tous cas, d'arriver avec des requêtes catégoriques : « D'une manière générale, affirme Anita Boisard, il faut prévoir un fourchette de négociations raisonnables, variant de 3 à 4000 euros sur le salaire annuel. »

Penser aux primes

Mais il n'est pas interdit de ruser en pariant sur les éléments annexes de la rémunération. Primes à l'intéressement, commissions ou autres avantages liés à une fonction peuvent parfois apporter un subside non-négligeable sur les revenus de l'année. « Et c'est souvent plus facile à négocier auprès d'un employeur qui doit, de son côté, faire attention à respecter les échelles de salaire de l'ensemble de ses collaborateurs », précise Christian Darantière.

Négocier son salaire ou préparer sa carrière ?

Plus facile, mais pas forcément de meilleur ton. Pour Philippe Guittet, consultant en gestion de carrière, c'est une erreur de ne parler que d'argent dans une négociation d'embauche : « Quand on entre dans la vie active, il est bien plus important de construire sa carrière que son salaire », assène le spécialiste. En d'autres termes, mieux vaut étudier la question de l'évolution dans l'entreprise que celle de la première rémunération. « De toute manière, plus vous grandirez avec la société, plus votre salaire augmentera. »

Un délai pour renégocier

Même avis du côté de l'Apec. « Un premier contrat, c'est avant tout une chance de démarrer, confirme Anita Boisard. Il est donc parfois plus judicieux d'établir un délai pour renégocier son salaire après quelque temps passé dans l'entreprise. » Et faire ainsi valoir d'une véritable expérience.

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