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Quand les augmentations sont décidées par les salariés

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Sylvie Laidet

C’est rare mais il y a des employeurs qui laissent les salariés décider des augmentations. Quelles sont les modalités ? Quels bénéfices ? Cadremploi vous dévoile tout sur cette transparence salariale.

Chez Lucca, tout le monde à voix au chapitre des rémunérations

Chez cet éditeur de logiciels, les augmentations ont lieu une fois par an en janvier. Comme dans beaucoup d’entreprises, les salariés peuvent défendre leur demande. Mais ici, cela se passe en réunion plénière et les collaborateurs ont toujours le dernier mot. Un système d’auto-évaluation croisée entre les salariés et leur manager débouche d’abord sur une note comprise entre A+ et D.

« Fort de cette donnée, les salariés ayant au moins trois ans d’ancienneté sont conviés à des réunions d’environ 25 personnes où ils précisent leur rémunération actuelle, leur souhait d’augmentation et argumentent. Ensuite, chacun autour de la table émet un avis sur la demande. Soit elle leur paraît justifiée, soit on émet des réserves », détaille Vincent Porcel, directeur marketing et chef de produit chez Lucca.

>>Lire aussi : Augmentation : comment choisir le bon moment et bien négocier

Les plus timides (ou les moins courageux, c’est selon) peuvent émettre des réserves a posteriori auprès des RH. Si une majorité se dégage en faveur de la demande, l’augmentation est accordée. Sinon s’ouvre un second round de négociation 10 jours plus tard. « On échange alors sur les réserves et on entend d’éventuelles contre propositions du collaborateur. Il peut également camper sur sa première intention, elle lui sera de toute façon accordée. Mais s’il est trop gourmand, il se met la pression tout seul. C’est pourquoi les gens sont en général raisonnables », observe-t-il. En 2016, les augmentations s’élevaient en moyenne à 5 %. « Nous sommes entre adultes responsables et raisonnables. L’objectif est de créer de la confiance mutuelle. On connaît les salaires de tout le monde, mais si on n’est pas d’accord, on peut l’exprimer. Cette transparence permet de dégonfler les tensions qui pourraient naître sur le sujet », ajoute-t-il convaincu que ce processus est bénéfique pour tous mais aussi pour l’entreprise. Chez Lucca, le turn over de 8 % semble attester une certaine fidélisation des effectifs. Dans l’informatique, ce taux oscille en général entre 15 et 30 %.

 

>>Lire aussi : Augmentation : 3 techniques de négociation qui ont fait leurs preuves

 

Chez Web Atrio, un comité des salaires est élu

Dans cette PME spécialisée dans le développement de sites web et d’applications, ce sont les collaborateurs qui s’accordent chaque année sur le montant des augmentations des consultants (soit environ 60 personnes). Pour cela, la direction délègue le sujet à un comité des salaires. Composé de 3 salariés, élus par les autres et volontaires (c’est-à-dire que même les élus peuvent décliner la mission), cette instance reçoit individuellement chaque consultant qui fait part de son souhait d’augmentation. « Pour statuer, nous nous basons sur une grille de salaires définie en concertation avec les collaborateurs. Tant d’années d’ancienneté ouvrent par exemple droit à tant d’euros d’augmentation. Idem pour le diplôme, telle ou telle compétence… Et cette année, nous avons ajouté des critères comme le degré de mobilité des salariés, le taux de satisfaction clients, etc. Chaque nouveau critère a été débattu et approuvé en plénière par les collaborateurs », détaille Arnaud Robinet, chef de projet chez Web Atrio et nouveau membre élu au comité des salaires. Une feuille de calcul Excel est également accessible en ligne afin que chacun puisse simuler en amont son nouveau salaire en fonction du niveau d’augmentation demandé. « C’est le comité qui statue sur l’augmentation finale, en tenant évidemment compte de l’enveloppe allouée par la direction. Sauf exception, cette dernière n’intervient pas dans le choix définitif d’accorder tel ou tel niveau d’augmentation », précise-t-il. Pour l’heure cette configuration semble à la fois convenir à la direction et aux salariés qui restent raisonnables. L’année dernière, 35 salariés sur 45 ont profité de l’enveloppe de 70 000 euros allouée pour les augmentations. Soit une augmentation moyenne de l’ordre de 6,7 %. « Les salariés semblent satisfaits de cette transparence. Ils comprennent ainsi qu’ils ne sont pas de simples exécutants mais qu’ils ont également voix au chapitre. Cela rend plus responsable, plus autonome et créé un environnement de travail favorable », conclut Arnaud Robinet. Reste à savoir si ce système peut être pérenne en cas de forte croissance des effectifs de l’entreprise. Le comité réfléchit à l’élection de membres supplémentaires et/ou une révision du système des augmentations, peut-être plus collectives. À suivre.

 

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commentaires

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Jean-David Gallet

01/05/2018

à 10:35

Magnifique système pour normaliser les salaires... Ainsi ceux qui ont des salaires un peu plus haut que les autres la ramèneront un peu moins pour être augmentés vu qu'ils n'oseront pas facilement réclamer face à ceux qui ont des salaires plus bas.
Inversement, ceux qui sont bas seront plus véhéments. Mais ça coûte toujours moins à l'employeur d'augmenter les bas salaires que les hauts.
Et tout ça sous le couvert hypocrite de la démocratie. Elle a bon dos la démocratie...
Et si on faisait ça pour faire maigrir les gros ! Hein ? Tous à poil dans la grande salle de réunion !!! Chiche !

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