Faut-il parler de son handicap en entretien ?

Publié le 07 juin 2011 Tiphaine Réto

Dans 85 % des cas, les handicaps sont invisibles. Raison de plus, pour certains cadres, de taire leur handicap. Mais pour ceux qui choisissent d'en parler à leur employeur, il y a l'art et la manière d'aborder la question.

Choisir d'évoquer son handicap en entretien d'embauche ? Beaucoup de cadres se posent la question. « C'est une décision à prendre au cas par cas, prévient François Atger, responsable communication à l'Agefiph. Tout dépend de la vision qu'on a de son handicap, du secteur dans lequel on travaille et de la politique de chaque entreprise. » Même précaution pour Caroline Desmerger, consultante chez Hanploi : « Dans un entretien, on parle compétences, motivations et expériences avant de parler handicap. Cela ne sert même à rien d'aborder la question, si la personne n'a pas le profil pour le poste. »

 

Une carte à jouer pour les cadres ?

De même, à quoi bon parler de sa déficience respiratoire pour se porter candidat à un job d'informaticien ? « C'est vrai que si le handicap n'a aucune répercussion sur le poste à pourvoir, il n'y a pas forcément de raison d'en parler », reprend François Atger, Cependant, pour les cadres, il y a parfois une carte à jouer : « 80 % des personnes handicapées ont un niveau d'études inférieur au bac. Or, les entreprises en recherche de personnes qualifiées ont énormément de mal à appliquer le quota obligatoire de 6 % de travailleurs handicapés. »

 

Les risques de taire son handicap

Pour Caroline Desmerger taire son handicap comprend aussi certains risques : « Dans 85 % des cas, le handicap est invisible. Si le recruteur ou le manager n'est au courant de rien, il sera moins compréhensif sur une fatigue occasionnée par un traitement, par exemple. » Au salarié, seul, de juger des conséquences.

 

Quelle politique d'intégration ?

Mais si la décision est prise de parler de votre handicap, reste alors à savoir comment aborder la question. « Si l'entreprise communique sur sa politique d'intégration des travailleurs handicapés, on peut faire mention de son handicap dès la lettre de motivation », souligne François Atger.

 

Etre force de proposition

Pour Caroline Desmerger, il faut surtout réfléchir aux limites et contradictions qui peuvent découler du handicap : « Si le candidat peut proposer des solutions pour les compenser, c'est alors un double bon point pour lui. D'abord parce que les employeurs ne connaissent pas tous les moyens de parer à tous les handicaps. Ensuite et surtout, parce qu'il montre qu'il peut-être force de proposition pour l'entreprise. »

 

Tiphaine Réto © Cadremploi.fr

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