Devez-vous suivre une formation d’initiation au big data ?

Publié le 12 juin 2017 Régis Delanoë

Le big data reste encore une notion floue pour beaucoup de professionnels. Des formations d’initiation existent, mais à quoi servent-elles vraiment et à qui s’adressent-elles ? Cadremploi vous dit tout.
Devez-vous suivre une formation d’initiation au big data ?

Un catalogue qui s’élargit

Le terme de big data date d’il y a à peine vingt ans et sa démocratisation en France est bien plus récente. Dès lors, il n’est pas étonnant de constater que le plus grand nombre de formations sur ce thème reste des stages de découverte. « Le catalogue s’élargit, la plupart des instituts en proposent désormais », note Jean-Marc Lazard, de la start-up OpenDataSoft. Tous les leaders en la matière sont présents sur ce créneau. C’est le cas par exemple de Cegos, avec une formation de deux jours sur les fondamentaux du big data, de Demos via sa formation Big data : enjeux et opportunités, ou encore de Visiplus avec son module d’un jour Big data et data driven marketing.

>>Retrouvez les formations big data pour cadres dirigeants 

Moins de technique, plus de pratique

Quel est le contenu de ces formations d’initiation à la pratique du big data ? La réponse de Philippe Gérard, responsable de l’offre communication digitale chez Cegos : « Il ne s’agit pas d’un apprentissage purement technique axé sur le développement informatique ou des questionnements complexes sur le fonctionnement des algorithmes par exemple. Le public qui vient s’initier n’a besoin que d’une vision annexe du big data : non pas comment cela fonctionne mais à quoi cela va me servir dans mon quotidien, comprendre pour mieux exploiter. » Même discours du côté d’Aurélie Lasselin, responsable communication chez Visiplus : « Cette formation se base sur des cas pratiques, des échanges entre participants sur des questionnements. Comment optimiser mon retour sur investissement ? Comment personnaliser ma relation client ? Comment mieux vendre ? Etc. » Par exemple, un responsable e-commerce va pouvoir comprendre comment effectuer un ciblage marketing plus efficace pour toucher des clients potentiels plus précis, en fonction de critères tels que l’âge, le sexe, le panier moyen, etc. « Le big data paraît très technique au départ mais trouve vite des applications très concrètes », fait remarquer Aurélie Lasselin.

 

Décrypter le vocabulaire pour plus de clarté

Que viennent chercher les personnes qui s’inscrivent à ces formations ? « En premier lieu, apprendre à mieux déchiffrer les termes spécifiques au monde du big data, qui peuvent paraître obscures à beaucoup », signale Françoise Courtois, directrice de l’ENSAE-ENSAI, qui dispose à son catalogue d’une formation d’un jour baptisé « Panorama du big data ». Dans les modules de ce type, on apprend ainsi à décrypter ce qui se cache derrière des expressions comme la datavisualisation (la visualisation des données), le machine learning (ou auto-apprentissage, très à la mode dans les formations big data), le data telling (ou data storytelling, l’art de faire parler les chiffres et la data), ou encore le textmining (ou fouille de textes en français). « L’idée est de pouvoir en parler sans tabou, entre débutants, mettre les choses à plat pour ensuite mieux pouvoir maîtriser cette matière quasi-infinie qu’est le big data », poursuit Françoise Courtois.

 

Le big data pour tous

L’initiation au big data est l’affaire de tous désormais, assure Philippe Gérard, qui constate que ce type de formation découverte trouve son public. Lequel ? « Les trois familles de métiers les plus concernées sont celles du marketing, de la communication et du commercial. Pour ces profils, le traitement de la donnée est dorénavant une composante essentielle de leur quotidien professionnel. Il faut qu’ils sachent un minimum de quoi il retourne lorsqu’on parle de data ou d’intelligence artificielle. » Avec par exemple l’arrivée sur le marché d’outils tels que le chatbot, un agent conversationnel faisant l’interface avec les clients. « Ce n’est plus du futur, c’est du concret, estime Jean-Marc Lazard. Or, on peut constater qu’il y a parfois un retard de connaissance en la matière. Quand on sait qu’il y a encore un grand nombre de personnes à ne pas savoir utiliser des outils de traitement de données les plus basiques comme Excel, on se dit qu’il y a encore du chemin à faire et que les formations en la matière sont loin d’être accessoires. »

Régis Delanoë
Régis Delanoë

Après un Master obtenu à l’Institut d’études politiques de Rennes, Régis Delanoë s’est mis à son compte en tant que journaliste indépendant. Multitâche, il travaille depuis plus de dix ans dans le vaste domaine de la presse écrite et web. Enquêtes, reportages, interviews et veille de l’actualité : il s’est notamment spécialisé dans le secteur de l’emploi et de la formation, s’intéressant de très près aux nouvelles tendances et aux évolutions à venir en la matière.

Vous aimerez aussi :