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Bilan de compétences : témoignages de ceux qui l'ont fait

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Régis Delanoë

21/03/2017

Pourquoi avoir décidé de procéder à un bilan de compétences ? Comment s’y sont-ils pris ? Comment s’est-il déroulé ? Sur quoi a-t-il débouché ? Des cadres témoignent sur ce moment de leur carrière que tous reconnaissent comme important, avec pour certains une seconde vie professionnelle radicalement différente de la première.

Nathalie Philoxène : « Un choc émotionnel »

« Jusqu’à l’an dernier, j’étais documentaliste juridique, responsable adjointe du centre de documentation d’un grand cabinet d’avocats. En septembre 2016, j’ai obtenu le financement d’un bilan de compétences dans le cadre de mon départ en rupture conventionnelle. La raison de ce départ ? Après 17 ans à ce poste, j’ai senti que c’était le moment d’en changer, j’avais fait le tour et j’avais besoin de me poser pour faire clairement émerger l’idée de reconversion que j’avais déjà en tête sans jamais réussir jusqu’alors à l’exprimer. Le bilan de compétences est un dépoussiérage de sa vie professionnelle : on fait le point sans fard sur ses compétences, ses manquements et ses envies. C’est aussi, il ne faut pas le sous-estimer, un choc émotionnel : on ne dit pas adieu comme cela à des années de carrière, à un employeur qui vous a accompagné si longtemps. Lors de la première séance, la première question de la consultante a été : "et maintenant, qu’est-ce que vous voulez faire ?" Y répondre est simple et compliqué à la fois. Quatre mois plus tard, à raison de séances d’1h30 par semaine, cela a abouti à ma volonté de me réorienter vers le conseil en insertion professionnelle. Depuis février, j’ai entamé une formation certifiante en ce sens. Ce que j’appelle ma seconde vie professionnelle peut commencer. »

 

Florence Gouin : « Le deuxième bilan de compétences a été le bon »

« Il y a dix ans, j’avais réalisé un premier bilan de compétences qui n’avait débouché sur rien. Je trouvais qu’il avait été mené de manière biaisée par la conseillère, qui avait fini par me convaincre d’une reconversion vers un métier qui, en mon for intérieur, ne me plaisait pas. J’ai mis du temps à le digérer et à me décider à en faire un second en 2014, en choisissant cette fois moi-même le cabinet de conseil, suite à la recommandation d’une amie. Gestionnaire dans un grand groupe international des métiers de l’environnement, le métier comme le type de structure qui m’employait alors ne me convenait plus. Le bilan a été financé dans le cadre du CPF (Compte personnel de formation) et s’est fait avec le consentement de mon employeur. Ce deuxième bilan a été le bon : il m’a permis de cheminer vers une prise de conscience que je n’étais plus faite pour le développement à grande échelle mais pour le développement individuel des personnes. Moins d’un an après la fin du bilan, j’ai quitté mon employeur et je suis aujourd’hui consultante auprès de jeunes en grande difficulté. »

 

Vincent-Bruno Larger : « Briser la carapace »

« Secrétaire général de l’AFDCC (Association des credits managers et conseils) depuis 7 ans, j’ai décidé fin 2015 de réaliser ce bilan de compétences. C’est une décision personnelle, avec un bilan autofinancé et des séances effectuées sur mes heures de repos, lors de la pause déjeuner ou en fin de journée. La raison ? Je ne suis pas en échec professionnel ni vraiment en recherche active d’emploi, je me considère juste à un tournant, à 50 ans passés. À raison de 2 heures tous les 15 jours pendant environ trois mois, j’ai pu bénéficier d’un œil neuf sur mes envies, ma motivation, mon comportement au travail. La clé de la réussite selon moi, c’est le lâcher prise : il faut savoir briser la carapace et être dans une totale relation de franchise avec son interlocuteur et soi-même. J’ai ainsi pu comprendre que mon activité de base de credit manager pouvait évoluer vers des fonctions plus RH de délégué général, pourquoi pas pour le compte d’une fondation. Un an après la fin du bilan, j’occupe toujours le même poste mais désormais je suis à l’affut et je peux dire que je me connais mieux professionnellement. »

 

Muriel Malassé : « La remise à plat totale d’une carrière »

« Directrice d’un CMPP (Centre médico psycho pédagogique) en Moselle, j’ai senti le besoin de remettre à plat toute ma carrière et de bénéficier pour cela du regard d’une personne neutre. Le bilan de compétences s’est donc imposé à moi et je l’ai entrepris dans le courant du premier semestre 2016, à 44 ans. Les discussions que j’ai pu avoir avec la consultante et les tests psychotechniques et de personnalité passés m’ont été très utiles. Tout cela m’a permis de constater que ce n’était pas le poste de direction qui ne me convenait plus mais le mode de gouvernance. La dimension de la fonction posait problème car j’étais confrontée à la fois aux dimensions stratégiques et opérationnelles au quotidien, cette seconde dimension venant trop polluer la première. Dans la foulée, j’ai quitté mon poste et été recrutée dans une nouvelle structure à l’organigramme différent. Depuis septembre dernier, je suis désormais directrice de quatre établissements d’hébergement pour personnes âgées, avec des responsabilités plus clarifiées : moins dans le petit détail opérationnel du quotidien, plus dans le pilotage global. C’est conforme aux compétences et envies qui avaient pu émerger à l’issue du bilan. »

 

Alain Perrier : « Après 50 ans, une toute nouvelle vie professionnelle commence »

« Fin 2013, après 15 ans en emploi pour le compte d’une grande entreprise de l’immobilier à un poste de directeur commercial, et 30 ans au total passés dans le monde de l’immobilier, il m’a fallu me rendre à l’évidence : ce n’était plus pour moi. J’avais 52 ans à l’époque, il était encore temps de retrouver de la satisfaction dans mon quotidien. Mon idée de départ était de me réorienter sans doute vers quelque chose de plus humain. Ce que je n’imaginais pas, c’est que le bilan et les tests passés au cours de celui-ci révèleraient que j’avais un goût prononcé et des compétences pour le travail manuel. Ma consultante m’a aussi fait comprendre que parmi mes activités managériales, la gestion du stress était celle qui me correspondait le plus. Ce travail sur soi a abouti à un changement radical d’activité : j’ai quitté mon poste et financé une formation, de même que j’avais financé le bilan de compétences, pour finir par m’installer à mon compte il y a deux ans. Je suis désormais praticien en ayurveda, une médecine traditionnelle indienne basée sur le massage. Une toute nouvelle vie professionnelle a commencé pour moi, avec à la clé des revenus bien moindres évidemment mais je fais désormais ce que j’aime. Cette nouvelle carrière correspond bien plus à mes valeurs. »

 

Marina Bourgeois : « En partant du passé, on se construit un avenir »

« Chasseuse de têtes pendant quatre ans, activité couplée à celle d’enseignant-chercheur en droit des affaires au sein d’une business school, j’ai effectué un bilan de compétences fin 2015 en le finançant par le Fongecif. Mes études de droit m’avaient naturellement conduite vers ces activités et avec le rythme effréné du travail, je n’avais pas encore eu le temps de prendre conscience que le droit pur ne me correspondait plus autant que je le pensais. Je considère le bilan de compétences comme une opération de « défloutage » : on peut avoir en son for intérieur une petite idée de ce qu’on veut faire mais il faut l’affiner et se donner les moyens et le courage de la concrétiser. En partant du passé (rythme de travail, valeurs, intérêts professionnels…), on se construit un avenir. Les consultants sont des extracteurs de vie. Je suis bien placée pour le savoir car le bilan de compétences que j’ai mené a conduit à ce que je me réoriente moi-même vers le conseil en reconversion professionnelle. À 36 ans, je suis désormais à la tête de ma propre structure, convaincue que le dispositif a des vertus à tous les âges d’une vie professionnelle et qu’il permet à ceux qui l’utilisent de s’offrir la possibilité de relever la tête pour entrevoir de nouvelles opportunités de carrière qu’ils n’avaient pas forcément imaginées jusqu’alors. »

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