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Les clés pour devenir un manager international

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Marion Senant

18/11/2013

Comment mobiliser et entraîner son équipe quand elle ne partage pas les mêmes codes culturels que soi ? Cette question, de plus en plus de managers, doivent y répondre - et pas seulement des expats. Le management interculturel prend une place de plus en plus importante dans les entreprises, qui partent chercher des relais de croissance dans le monde entier.

« Vous devez être des ponts entre les cultures », c’est par ces mots que Robert Dorlin, directeur Marketing digital chez EF Education First a conclu le séminaire Careers Beyond Borders début octobre à Chicago. Dans la salle : plusieurs centaines de jeunes adultes, salariés en formation continue ou chercheurs d’emploi - venus des quatre coins du monde pour apprendre l’anglais… et s’imprégner de la culture américaine. 

La langue, oui, mais pas sans les codes culturels

Chaque année, ils sont plus nombreux à décider de consacrer quelques semaines ou quelques mois pour partir en immersion dans un pays anglo-saxon. Chez EF, qui propose ce type de séjours, le nombre des étudiants adultes a connu une croissance à deux chiffres ces cinq dernières années. Ils viennent du Brésil, de Turquie, d’Asie, du Moyen-Orient… mais aussi de France, d’Espagne ou d’Italie. Leur objectif : être capable de travailler dans un contexte international, ce qui implique de maîtriser la langue de Shakespeare évidemment, mais aussi les us et coutumes anglo-saxons, qui dominent le monde de l’entreprise aujourd’hui.

Découvrir le témoignage d'Angela Xu, responsable du recrutement Asie chez EF Education First (en anglais)


Car une méconnaissance de la culture de ses collègues peut vite provoquer des incompréhensions, voire des tensions. Par exemple, « la société anglo-saxonne est très individualiste et centrée sur l’égalité, analyse Gilles Bonnenfant, président d’Eurogroup Consulting France. Ce sont des gens pragmatiques qui valorisent le sens de l’initiative. Dans un pays comme la France, on a un rapport au groupe et à la hiérarchie plus fort. Et en Chine, c’est encore plus exacerbé ».

En résumé, si votre boss britannique vous suggère de faire quelque chose, considérez cela comme l’ordre le plus ferme qu’il pourrait vous donner. Car dans sa vision des choses, il n’aurait même pas dû avoir à vous dire quoi faire dans votre job ! 

Le management multiculturel ne concerne pas que les expatriés

Et ce conseil ne s’applique pas qu’aux expatriés français à la City. C’est la grande nouveauté dans le management interculturel. Aujourd’hui, il n’est plus forcément synonyme d’expatriation. Avec les nouveaux moyens de communication, on rencontre de plus en plus de managers dont les équipes sont dispatchées dans plusieurs pays. Sans compter les managers qui gèrent des équipes composées de plusieurs nationalités différentes dans un même pays. Les combinaisons sont multiples et elles rendent la tâche du chef plus complexe.

C’est une tendance que l’on voit de plus en plus apparaître dans les grandes entreprises, relève le sociologue Philippe Pierre, co-directeur du master Management Interculturel de l’université Paris-Dauphine : « En ce moment, un de nos cas d’étude les plus courants, c’est celui d’une employée chinoise, qui travaille à Londres pour la filiale britannique d’une entreprise américaine ».

Dans la vie quotidienne, la moindre tâche peut prendre des proportions énormes pour le manager d’une équipe multi-culturelle. Une simple réunion ne sera pas perçue de la même façon par un Britannique, un Allemand ou un Espagnol par exemple. « Au Royaume-Uni, une réunion, c’est une session de travail. Un Britannique en réunion s’attend donc à participer et à ce qu’on lui demande son avis. Pour un Espagnol, au contraire, une réunion a un but informatif. Il va donc s’y présenter en pensant avoir un rôle passif », illustre Gilles Bonnenfant. 

Savoir communiquer : la compétence indispensable à l’international

Tous les spécialistes du management interculturel en conviennent : une bonne communication est vitale pour réussir dans ce contexte. Mais là encore, attention à ménager les susceptibilités. La culture anglo-saxonne prône par exemple une approche franche et directe, « mais dans les sociétés où la notion de groupe prime sur l’individu, c’est l’inverse : il faut absolument éviter de faire perdre la face en public à un de ses collaborateurs », prévient Gilles Bonnenfant.

Si vous travaillez en Asie par exemple, vous risquez de trouver vos collaborateurs bien réservés. « Cela ne veut pas du tout dire qu’ils n’ont pas d’opinion », assure Joe Chiu, responsable pays chez EF Education First. En générale, c’est même le contraire : « plus ils sont réservés, plus ils ont de choses à dire ». Dans une réunion en Asie, vous pouvez avoir l’impression d’avoir trouvé un consensus, parce que personne ne conteste ce que vous dites, mais en fait, pas du tout ! », prévient Joe Chiu, qui vit à Hong Kong.

Découvrir le témoignage de Joe Chiu (en anglais)

L’appui local, indispensable pour faire ses débuts dans certains pays

Bien évidemment, une culture différente ne se comprend pas en un instant. « Quand on arrive dans un pays, il est important d’avoir de bons ‘‘appuis’’, qui vont nous guider les premiers temps et nous expliquer les us et coutumes à respecter », conseille Frédéric Ripart associé chez Valtus, en charge de l’international.

Cette personne support peut être un autre expat’, un collègue local ou même une entreprise spécialisée et elle va aider le manager interculturel à relativiser certaines péripéties du travail à l’étranger. « En Corée, une demande de rendez-vous est une procédure beaucoup plus complexe qu’en France, explique Frédéric Ripart. Obtenir un rendez-vous avec un décideur peut prendre jusqu’à deux ans ! Pour un Français, il y a de quoi devenir fou ! Les appuis vont vous aider à vous adapter à ce rythme et à faire preuve de patience. »

Découvrir le témoignage de Steve Napleton, directeur du département Investissement chez TriLinc Global. (en anglais)


Tous les spécialistes de l’interculturel en conviennent, « on ne peut pas être un bon manager international si on n’a pas passé quelques insomnies à réfléchir à son équipe ». L’ouverture, l’écoute et la curiosité sont les trois critères fondamentaux pour réussir dans son rôle de leader dans ce contexte. Mais Philippe Pierre de rassurer : dans le management interculturel, ce qu’il ne faut jamais oublier, c’est que nous avons plus de points communs que de différences ». 

Découvrir toutes les formations en management interculturel

 

Marion Senant © Cadremploi.fr

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commentaires

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Salah Chakor

05/01/2014

à 14:58

Ces informations sont très importantes et apportent un enseignement riche pour les managers des temps modernes

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