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Les Moocs peuvent-ils devenir les nouveaux MBA ?

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Sylvia Laidet

10/10/2016

Ces cours en ligne dispensés par des experts de renom –enfin normalement- et accessibles gratuitement, n’importe où pourvu qu’on soit doté d’un accès internet, vont-ils finir par faire de l’ombre aux MBA ? Explications.

Bientôt tous des Laurie Pickard ? Cette jeune américaine, au lieu d’investir une somme astronomique dans un MBA, a suivi des Moocs –une vingtaine- auprès de plusieurs universités prestigieuses, pour au final, se faire un MBA sur mesure. Au programme : comptabilité à Wharton School, cours d’entrepreneuriat au MIT… Bref, la crème de la crème pour une somme au final modique (à peine 9 000 dollars). Son expérience, partagée sur son blog, est aujourd’hui disponible dans un livre ou via sa société qui dispense des conseils pour se former sans se ruiner.

 

Quel développement des moocs pour les grandes écoles ?

Alors les Moocs – Massive Open Online Classrooms- peuvent-ils remplacer les MBA ? Tous les MBA ? À moindre frais ? Un sujet on ne peut plus sensible. Surtout en France ou le diplôme, et plus exactement le diplôme de certaines écoles, est encore un précieux sésame pour décrocher un job ou grimper dans les organisations. « Ces écoles vont-elles monétiser leur marque ? Par exemple via les Moocs et ainsi, tout le monde (ou presque) pourrait se revendiquer de ces grands établissements », s’interroge Marc Dennery, fondateur de C-Campus. Ou, au contraire, vont-elles essayer de protéger leur marque en ne bradant pas leur pédagogie ? Et tant pis, si elles restent élitistes et que tout le monde ne peut y avoir accès. Pour ce spécialiste de la formation continue et de l’innovation pédagogique, « comme dans le secteur de la consommation, les Moocs ne vont pas toucher le premium, ni le segment du luxe autrement dit, pas les grandes écoles ni les grandes universités, mais les écoles de rang inférieur, sans marque forte. « Pourquoi voulez-vous qu’un apprenant débourse jusqu’à 30 000 euros et soit obligé de bosser le soir et le week-end alors qu’il a désormais la possibilité de suivre des cours d’excellent niveau sur plusieurs années, à son rythme sans se couper de son entreprise », argumente-t-il.

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La force de la rencontre entre experts

Effectivement, pourquoi suivre un MBA onéreux alors que pour quelques centaines d’euros (ou dollars), voire quelques milliers de dollars en multipliant les Moocs comme Laurie Pickard, on peut suivre des cours top niveau sans bouger de sa tablette, de son smartphone ou de son ordinateur. Parce que dans un programme MBA, certes les cours magistraux sont importants, mais l’essentiel est ailleurs. D’abord dans les masters class animées par des intervenants de haut vol et des sommités du monde économique et donc des échanges qui en découlent. « Les cadres dirigeants qui se lancent dans un MBA ont certes une volonté d’associer une belle marque à leur CV mais aussi envie de passer du temps au vert. Ils préfèrent se rendre sur un campus que de suivre une formation depuis chez eux », insiste Mathieu Nebra, co-fondateur d’OpenClassrooms. Ils prennent du recul mais aussi, et surtout, se tissent un réseau ultra qualifié durant les 12 à 18 mois passés entre "MBAmers". Ces programmes à visée internationale permettent de se faire un réseau hors norme dans le monde entier. Des établissements comme l’EPITA et l’ISG (Ionis Education Group), qui proposaient jusqu’alors des MBA 100 % en ligne vont ainsi réintégrer une rencontre physique entre participants chaque trimestre afin d’encourager encore davantage les échanges entre pairs. Cette fois pas de manière virtuelle mais de vive voix. Coût de l’opération : plus de 3 000 euros pour ce MBA online, soit 9 000 euros au total. « Le prix comprend 350 heures de cours vidéo spécialement réalisés pour ce format online mais animés par les mêmes intervenants que ceux de notre MBA présentiel. À cela s’ajoutent 370 heures de projets encadrés à réaliser individuellement ou en groupe tout au long du cursus, le tutorat des participants et l’organisation des rencontres trimestrielles durant 18 mois », détaille Fabrice Bardèche, vice-président exécutif de Ionis Education Group.

 

Pour lui, les Moocs lancés par les écoles ne sont que des produits d’appel, des « vitrines visant à faire connaître notre savoir-faire ». « En signant pour un MBA dans l’un de nos établissements, les participants achètent un encadrement sur la durée et rajoutent 65 000 alumni à leur réseau professionnel, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans un Mooc. Notamment dans les Moocs gratuits », conclut-il. Alors la bataille MBA versus Mooc aura-t-elle lieu ? Pas si sûr. Ou en tout cas pas de manière uniforme pour toutes les générations et toutes les catégories de cadres.

 

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