Franchise : 3 conseils pour réussir quand on a moins de 35 ans

Quentin Velluet

Vouloir entreprendre en franchise à moins de 35 ans n’est pas une idée farfelue. C’est même possible, à condition de faire preuve d’une maturité certaine et de présenter un projet faisable et en cohérence avec son âge. Eclairages de spécialistes.
Franchise : 3 conseils pour réussir quand on a moins de 35 ans

Ils sont loin d’être majoritaires mais une poignée de franchisés français a entre 18 et 34 ans. En 2015, ils représentaient 8 % de la population des franchisés*, qui en moyenne est âgée de 47 ans. Preuve qu’entreprendre sans trop d’expérience est possible, du moins quand on est entouré et que l’on profite du savoir-faire et de la notoriété d’une enseigne. Néanmoins, savoir piloter une entreprise n’est pas donné à tout le monde. Et à 20 ans, d’autres bâtons peuvent s’immiscer dans les roues des candidats.

Oubliez votre âge, concentrez-vous sur vos points forts

« Les enseignes ne retiennent pas l’âge comme critère de recrutement lorsqu’elles choisissent d’intégrer un candidat », assure Rozenn Perrigot, professeure à l’IAE de Rennes, spécialisée dans la franchise. Reste qu’à 20, 25 ou 30 ans, respecter un savoir-faire, gérer un budget et des clients et surtout manager des équipes plus âgées que soi, c’est un vrai challenge : « La franchise quand on a moins de 35 ans, c'est tout à fait envisageable. En revanche, quand on a 20 ans, j’ai plus de réserves », confie Eric Luc, expert-comptable et directeur des relations extérieures chez Fiducial. Selon lui, à cause du manque de pratique à cet âge, les candidats ne se connaissent pas professionnellement, ce qui peut poser problème lorsque l’on veut montrer que l’on est prêt : « C’est l’expérience qui valide les compétences nécessaires au futur franchisé : des qualités commerciales, de management, de gestion et de technicité, analyse-t-il. C’est pourquoi, quand je reçois un candidat, je lui fais passer un petit auto-diagnostic de ses compétences ».

Bien plus que les autres, les jeunes porteurs de projet doivent donc prouver leur maturité, ce que confirme Rozenn Perrigot : « Lorsqu’il rencontre un candidat, le franchiseur se concentre d’abord sur l’équilibre entre dynamisme, motivation et maturité du porteur de projet ». Un cocktail qui détermine ensuite la qualité du dossier de financement, véritable passeport pour convaincre le banquier de vous financer afin d’intégrer une enseigne.

Choisir une enseigne où votre âge ne vous décrédibilise pas

La jeunesse n’est donc pas un vilain défaut pour les franchiseurs. Mais lorsque le candidat recherche une enseigne, autant être sûr que son profil correspond aux attentes de sa future clientèle : « Les exigences des clients ne sont pas les mêmes selon le secteur d'activité vers lequel le futur franchisé se tourne. Ouvrir un cabinet de coaching professionnel en franchise, c’est par exemple impensable pour quelqu'un moins de 35 ans », explique Éric Luc. En revanche, dans les secteurs de la coiffure, de l’optique, dans certaines enseignes de prêt-à-porter ou encore dans la restauration rapide, être jeune ne pose aucun problème de crédibilité pour le client.

Être lucide sur les sacrifices à concéder

Au-delà de l’aspect financier, entreprendre, même en franchise, c’est être dévoué à son activité. Le porteur de projet doit être préparé à travailler beaucoup, surtout au moment de l’installation : « Il faut être conscient que la franchise, c’est aussi des sacrifices. Il ne faut pas s’attendre à avoir beaucoup de vacances ni à travailler 35 heures par semaine », insiste Rozenn Perrigot. Pour vous faire une idée, brisez la glace et rendez visite à quelques franchisés du réseau que vous convoitez. Vous en ressortirez avec un constat clair des défis à relever.

*Source : Édition 2015 de l’Enquête de la franchise menée du 8 au 26 juin 2015 par l’Institut CSA auprès de 402 franchisés et publiée chaque année par la Banque Populaire.

Quentin Velluet
Quentin Velluet

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