Automobile : des niches prometteuses

Séverine Dégallaix

Location, réparation, nettoyage,… le secteur automobile offre de nombreuses possibilités pour les candidats à la franchise. Mais si certains réseaux peuvent envisager les mois à venir avec sérénité, d’autres restent plus prudents dans leurs prévisions de croissance.

Location : la franchise s’en sort bien

Comme l’observe André Gallin, directeur franchise Europe chez Hertz, président de la branche loueurs du Conseil national des professions de l’automobile (courte durée) et président de la Fédération nationale des loueurs, « l’année 2011 s’est déroulée en deux temps. Le premier semestre a été bon, mais l’été n’était pas à la hauteur et la rentrée a été plutôt médiocre ; sur 2012, nous restons assez dubitatifs ».

Pour autant, les franchisés, qui peuvent représenter entre un tiers et 100 % des effectifs dans ce secteur, tirent leur épingle du jeu. André Gallin note que « leur poids est très important, et leur présence dans des villes de taille modeste leur permet d’être un peu moins impactés par la crise que dans les grandes villes ». Plusieurs facteurs incitent à l’optimisme, à commencer par le rajeunissement de la clientèle, l’attrait touristique de la France, le développement des technologies qui simplifient les réservations, et les comportements de plus en plus citoyens, qui poussent les citadins à se passer de voiture personnelle et à louer en cas de besoin, de préférence un véhicule électrique ou hybride.

La réparation rapide : de vrais besoins

« Les utilisateurs sont dans l’attente de prestataires efficaces, rapides, disponibles, compétents, le tout pour des prix raisonnables, analyse Lionel Boyaval, directeur général de Doc’Biker, une entreprise qui s’est ouverte à la franchise l’année dernière, basée sur le concept de la réparation et l’entretien rapide et sans rendez-vous de deux-roues. Lionel Boyaval est optimiste pour l’avenir : « nous ne sommes absolument pas impactés par la crise, bien au contraire. Nous estimons notre potentiel de centres entre 40 et 50 unités en France et notre objectif est d’ouvrir entre quatre et cinq centres par an. Doc’Biker vise les grandes agglomérations ».

La rapidité est également un concept qui marche pour les voitures : avec 500 centres en France, Speedy continue son développement et donne de nombreux conseils à ses futurs partenaires. La franchise met notamment l’accent sur l’importance de l’étude de faisabilité : localisation, concurrence, potentiel clients, coût du local, frais d’exploitation, investissement de départ… Autant de questions primordiales dans un secteur où l’apport personnel oscille en moyenne entre 150 000 et 200 000 euros.

Les concepts verts explosent

Préoccupations environnementales obligent, depuis quelques années se développent des réseaux de nettoyage de véhicules écologique et économique. La franchise Ecolave, a constaté une progression de 95 % de son chiffre d’affaires entre septembre 2010 et septembre 2011. « Le marché de la préparation esthétique dans le milieu automobile est stable, tandis que le marché dans notre domaine du lavage sans eau à domicile augmente chaque année », constate Jérémy Richard, fondateur de l’enseigne. Autant dire qu’écologie et franchise automobile semblent faire bon ménage.

Qui sont les franchisés ?

Tous les franchisés du secteur automobile partagent un point commun : la passion. André Gallin explique que « les réseaux cherchent souvent des gens proches du milieu, par exemple d’anciens concessionnaires ou garagistes. Ou éventuellement, et c’est une particularité de la location, des professionnels du tourisme, car ils connaissent les problématiques et les clients ». Couplées à des qualités de gestion et de management, ces qualités peuvent permettre de démarrer une belle aventure dans le secteur, et surtout de viser un succès durable.

Séverine Dégallaix

 

« C’est plus facile que de se retrouver livré à soi-même »

Hervé Kennel, franchisé Ecolave depuis juin 2010, est basé à Haguenau. Il a choisi le secteur de l’automobile par affinité, mais aussi parce qu’il avait identifié des opportunités.

Comment avez-vous choisi votre franchise ?

J’en ai comparé trois. Pour la première, les droits d’entrée étaient excessifs et ils étaient de toute façon déjà implantés dans la zone qui m’intéressait. Avec la deuxième, le courant n’est pas passé : j’ai eu quelqu’un au téléphone et la conversation a été assez sèche. Quand j’ai contacté Ecolave, ils m’ont tout de suite envoyé une trame expliquant ce qu’il y aurait à faire, et j’ai senti que je serai accompagné. C’est l’avantage de la franchise : être suivi au démarrage, avoir le soutien d’un animateur et d’une enseigne bien implantée… C’est plus facile que de se retrouver livré à soi-même.

Combien de temps ont duré les démarches ?

Cinq mois. Il y a beaucoup de choses à régler entre le premier contact avec le franchiseur et l’ouverture : les rendez-vous à la banque, les accords de prêts, le business plan, et aussi la semaine de formation sur les méthodes de démarchage, la façon de nettoyer un véhicule et la maîtrise des produits.

Avez-vous rencontré des difficultés ?

Pas vraiment, car en tant que demandeur d’emploi, j’avais droit à des aides. Un cabinet m’a accompagné dans le montage de mon business plan, et un autre m’a offert son assistance pour les démarches administratives. Une seule difficulté m’a marqué : ma banque a refusé de me faire confiance. Mais je suis allé en voir une autre, qui m’a tout de suite fait un prêt. Il m’a tout de même fallu six mois avant de me dégager un salaire, mais c’est normal lorsqu’on lance une affaire… Il y a aussi le problème de la situation économique, le commerce fonctionnait mieux il y a quelques mois. Toutefois, je pense que l’avenir se dessine assez bien.

Propos recueillis par S.D.

Un secteur varié

Il existe 12 spécialités différentes pour les entreprises du secteur des services automobiles d’après la Fédération nationale de l’artisanat automobile : commerce et réparation de cycles, stations de lavage, commerce automobile/camion, parcs de stationnement, démolisseurs-recycleurs, location auto, écoles de conduite, contrôle technique, commerce et réparation de motocycles, centres auto et réparation rapide, réparation automobile/camion, et stations-service.

7 313 : C’est le nombre de franchisés dans le secteur des services automobiles en 2011 selon la Fédération française de la franchise, ce qui représente une augmentation de 19 % par rapport à 2010 (6 133 franchisés). Il existait 52 réseaux en 2010, contre 61 en 2011, qui ont réalisé un chiffre d’affaires de 2,37 milliards d’euros.

 

Séverine Dégallaix
Séverine Dégallaix

Diplômée en presse écrite, Séverine Dégallaix travaille depuis plus de dix ans sur des sujets concernant la recherche d’emploi et la gestion de carrière. A travers des interviews d’employeurs et de spécialistes du marché du travail ainsi que des années de recherches, elle a développé une expertise qui lui permet d’apporter des réponses actuelles aux problématiques rencontrées par les salariés et candidats de tous secteurs.

Vous aimerez aussi :