Avoir plus de 50 ans : avantage ou handicap pour devenir consultant?

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Difficulté à trouver un emploi, volonté de mieux valoriser ses compétences… Les raisons qui incitent les seniors à se mettre à leur compte sont nombreuses, en tournant définitivement le dos au salariat classique. Toutefois, seule une minorité saute le pas. Les plus de 50 ans rencontrent-ils des difficultés particulières en devenant solo ? Retour sur expérience de consultants seniors qui ont fait le choix du portage salarial et financier.

Trouver une mission : la prime à l'expérience !

«Le premier mois où je me suis mis à mon compte, j'ai été reçu par cinq DSI de PME et de grands groupes : c'est plus d'entretiens que n'en obtiennent, dans mon secteur d'activité, la plupart des consultants trentenaires» estime Charles, 58 ans, consultant en informatique. «La raison ? Les décideurs préfèrent mettre leurs projets entre les mains d'un homme d'expérience. Management des hommes, gestion des projets, réactivité en cas de crise… Ils savent que j'ai déjà affronté toutes les situations : pas de danger que je sois déstabilisé par leurs problématiques.» Point de vue partagé par Hélène, 55 ans, consultante en ressources humaines, pour qui le travail autonome constitue LA solution pour conserver une activité professionnelle après 50 ans. «Devenir autonome m'a permis de décupler l'attractivité de mon CV» explique-t-elle. «L'équation est simple. En tant que salariée, je représente un surcoût : pour effectuer le même travail, je demande un salaire plus élevé que celui d'un cadre junior. En revanche, en tant que solo, je deviens un partenaire de choix plus expérimenté. Les entreprises ont donc tout intérêt à faire appel à moi, surtout dans le cadre d'une mission délicate et/ou d'importance stratégique majeure.»

Développer son activité : jouer la carte du réseau

«Pour réussir en tant que solo, le bouche-à-oreille est capital.» témoigne Jacques, 59 ans, consultant en ingénierie culturelle. «La majorité des décideurs qui acceptent de me rencontrer ont d'abord entendu parler de moi par une de leurs relations professionnelles. Dans ce contexte, être senior représente un atout capital : je peux m'appuyer sur le réseau que j'ai constitué pendant mes 35 ans de carrière : partenaires, ex-collègues, anciens clients, etc. Tous peuvent, un jour, me servir de «carte de visite» pour pousser la porte d'une entreprise. «Mieux armés pour l’indépendance, les seniors ? C'est également ce que pense Françoise, 59 ans, consultante en design global. «Plus on a d'ancienneté, et plus on connaît de monde… et plus les ouvertures sont nombreuses. Personnellement, il ne se passe pas une semaine, sans qu'une connaissance de m'appelle pour me communiquer une information susceptible de m'intéresser : offre de mission, proposition de collaboration, opportunité de rencontrer un décideur, etc. Un avantage dont ne peuvent bénéficier des consultants à peine sortis de l'école.»

S'adapter au changement : une question de tempérament

Reste que, selon une opinion très répandue, les seniors auraient plus de difficultés que les juniors, à s'adapter à l'autonomie, après vingt ou trente ans passés dans le monde de l'entreprise. «Une idée reçue.» répond Claude, 59 ans, consultant en ingénierie automobile. «Les entreprises contraignent souvent les seniors à exercer des missions autres que celles qui les intéressent le plus. Dans ce contexte, passer à l'autonomie représente une libération : c'est l'occasion de retrouver l'enthousiasme de travailler. Personnellement, en raison de mon âge, la DRH m'avait fait évoluer vers un rôle de formateur, pour lequel je ne me sentais pas de vocation particulière. Aujourd'hui, me voici de nouveau dans l'opérationnel : une vraie cure de jouvence !» Avis confirmé par Jacqueline, 62 ans, consultante en communication. «La transition entre le monde de l'entreprise et l'autonomie est d'autant moins difficile qu'il existe des solutions pour évoluer en douceur. En particulier, le portage salarial et financier permet de conserver l'intégralité des avantages du statut de salarié : droits ASSEDIC, prévoyance décès invalidité, responsabilité civile professionnelle, etc. De quoi se lancer sans prendre de risques !»

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