Le métier d’ingénieur en portage salarial

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Quels que soient le domaine d’activité et la spécialité, les métiers de l’ingénierie se prêtent bien au portage salarial. Comment s’exerce la profession d’ingénieur en tant que salarié porté ? Quels sont les avantages de ce statut ? Deux ingénieurs en portage salarial nous livrent leur éclairage.

General Electric, Peugeot Citroën… Jacques Laeuffer a exercé sa profession d’ingénieur en électronique de puissance durant trente ans en tant que salarié de grands groupes : « Je suis rapidement devenu une référence scientifique dans la recherche et le développement, ce qui m’a amené à enseigner en écoles d’ingénieurs il y a une dizaine d’années ». En 2010, le quinquagénaire abandonne son statut de salarié : « je souhaitais développer mon activité d’enseignant, ce qu’un contrat de salarié à temps plein ne me permettait pas. J’avais également de nombreuses connaissances dans le domaine de l’industrie qui souhaitaient recueillir mon avis concernant leurs produits électroniques. »

Jacques Laeuffer envisage une création d’entreprise, mais le poids de la gestion administrative le conduit à opter pour le portage salarial qui lui permet aujourd’hui d’exercer deux mi-temps : en tant qu’enseignant et en tant que consultant. « J’ai ainsi trouvé un bon équilibre entre le support apporté par la société de portage salarial et ma liberté, explique-t-il. Je peux m’appuyer sur les compétences administratives et juridiques de l’équipe très réactive de la société de portage, tout en demeurant autonome dans la gestion de mon temps. Je choisis les entreprises avec lesquelles j’ai envie de travailler et reste maître des discussions commerciales en ce qui concerne mes honoraires, le caractère technique et le contenu de la mission. » Un statut qui n’offre que des avantages pour Jacques Laeuffer, mais qui exige toutefois de disposer d’un bon carnet d’adresses et d’une certaine expérience.

La force d’un réseau de consultants

Ingénieur mécanique de formation, Jean-Yves Buzenet se dirige très rapidement vers l’informatique scientifique et la CAO : « Veille technologique, codes de calcul, recherches sur des bibliothèques informatiques, création de plateformes test… j’ai durant quinze ans été consultant salarié chez HP Toulouse pour qui je gérais les projets complexes de sociétés telles qu’Airbus, Matra ou Alcatel. » En 2000, il profite de son licenciement pour réfléchir à exercer en solo, « j’étais déjà très autonome mais comme j’envisageais à l’époque d’autres projets professionnels dans le domaine de la plongée, je ne voulais pas d’une structure trop contraignante ». Il découvre alors le portage salarial : « C’était une manière assez simple d’exercer à mon compte sans avoir les aspects administratifs et le recouvrement d’honoraires à gérer », souligne l’ingénieur.

Depuis 2000, Jean-Yves Buzenet a expérimenté plusieurs sociétés de portage salarial en fonction des prestataires avec lesquels travaillaient ses clients, mais en 2007 il choisit de renouer avec sa structure actuelle. « L’un des inconvénients du portage salarial, c’est qu’il demeure encore relativement peu connu et que toutes les sociétés ne se valent pas en matière de prestations. Avec ma société de portage salarial, j’ai trouvé une équipe conviviale et très professionnelle avec qui j’ai noué une relation de confiance. Un point capital pour moi et qui compense le stress que je peux vivre dans mon travail. » L’ingénieur apprécie également le réseau de consultants de la société de portage salarial : « pouvoir échanger avec des experts évoluant dans d’autres disciplines me permet d’apprendre et d’avoir d’autres éclairages enrichissants. Ce sont aussi des ressources auxquelles je pourrais éventuellement faire appel sur certains projets. »

Quel est le coût du portage salarial ?

Il est important de noter que si un ingénieur en portage possède les mêmes droits sociaux qu’un salarié standard, il achète une prestation de service auprès de la société de portage salarial. Le montant de cette prestation appelé « frais de gestion » a un coût : entre 8 % et 15 % du montant du projet. Ce manque à gagner permet à l’ingénieur de se concentrer sur sa mission et de ne plus avoir de tâches administratives à gérer. La rémunération perçue est alors, déduction faite des frais de gestion, de 49 % du montant du projet.

Une autre composante importante du portage salarial est la précarité induite par la logique mission. En effet, pour avoir un emploi durable et être dans une logique de CDI, un ingénieur porté doit non seulement avoir des aptitudes pour travailler en indépendant mais aussi disposer d’un réseau professionnel suffisamment large et efficace pour lui permettre d’identifier ses missions. La société de portage peut également lui apporter son aide pour démarcher des clients, mais là encore cette prestation aura un coût !

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