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Comment bien manager en Russie ?

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Marion Senant

04/02/2015

Dans un pays aussi complexe que la Russie, manager ne s’improvise pas. Expert en management interculturel chez Berlitz, Pascal Montpetit nous livre ici ses conseils pour réussir son intégration dans le monde du travail russe.

Quand on arrive en Russie, la façon de communiquer de la population peut facilement déstabiliser : « les Russes sont extrêmement direct dans leur communication. Ils ont une manière de discuter avec vous sans aucun affect qui peut paraître fausse… à la limite du rustre pour nous Français », analyse Pascal Montpetit, consultant en management chez Berlitz. Mais attention aux premières impressions ! Le spécialiste de la Russie l’affirme : « pour les Russes, cet abord froid est avant tout un mode de protection, il ne faut pas le prendre comme une attaque personnelle ! ».

Briser la glace : un impératif pour travailler avec des Russes

La clé pour arriver à travailler efficacement avec une équipe russe, c’est de briser la glace au plus vite. « On s’aperçoit alors qu’il s’agit en réalité de personnes extrêmement chaleureuses et généreuses », observe Pascal Montpetit. Briser la glace, cela implique par exemple de faire l’effort d’apprendre la langue : pas la peine d’être bilingue pour s’intégrer, mais les Russes sont fiers de leur culture et aiment la partager. « Montrer qu’on s’y intéresse, c’est faire un grand pas vers eux, conseille le consultant de Berlitz. Il faut également leur donner des prises sur sa personnalité, en partageant des informations sur sa vie privée : sport, musique, passion… »

Pour bien manager en Russie : il faut savoir se montrer fort

Le travail n’est pas une valeur centrale en Russie, comme il peut l’être en France. « Attention ! Les Russes ne sont pas feignants, mais ils estiment qu’on se réalise au travers de ses passions. Ils se donnent à fond pour elles », précise Pascal Montpetit.

Il faut donc adopter la posture du manager dominant quand on travaille avec des Russes. « Ca n’est pas une caricature, il y a très peu de place pour le management participatif dans ce pays. Si vous adoptez cette approche, vous serez perçu comme une personne faible. Et dans cette société où les rapports de force sont une constante, ça ne peut pas fonctionner », ajoute le consultant en management.

Français en Russie : attention à ne pas se prendre pour Napoléon

La France bénéficie d’une excellente image auprès des Russes, mais dans le travail, ils reprochent deux choses aux Français.

- Ne pas être suffisamment clairs dans leurs demandes

- Ne pas être assez cohérents

« Souvent, les Français qui viennent travailler en Russie ont à cœur d’y laisser leur empreinte… et se lancent dans de grands projets ambitieux, remarque Pascal Montpetit. Mais les Russes seront plus à l’aise avec un manager qui définit une stratégie claire, qui leur permettra de savoir où ils vont ». Dans ses formations interculturelles, le spécialiste donne trois conseils de base aux Français qui managent des équipes russes :

- Être aussi spécifique que possible dans leurs demandes

- Toujours faire reformuler ce qu’on vient de dire par son interlocuteur : « vous seriez surpris des erreurs d’interprétation colossale qu’il y a parfois ».

- Mettre en place des processus stables

La question des ''intermédiaires''

À la différence de la France ou des États-Unis, la Russie n’est pas un État où on peut faire valoir ses droits facilement devant la justice, « en conséquence, les Russes ne font du business qu’avec des gens en qui ils ont confiance », précise Pascal Montpetit. Le réseau est donc primordial pour réussir en Russie, plus que des ‘‘intermédiaires’’, le consultant de Berlitz recommande les ‘‘sviazi’’, c’est-à-dire des ’’relations’’ : « Il faut avoir quatre ou cinq amis très proches, en qui on a toute confiance et qui vont vous ouvrir leur réseau. » Mais attention au retour d’ascenseur ! Vos ‘‘sviazi’’ vont se mettre en quatre pour vous aider dans vos affaires… vous avez intérêt à faire de même en retour, sinon vous risquez de perdre toute crédibilité.

Et si vous n’êtes pas très sociable, ne vous inquiétez pas : « en Russie, c’est un jeu d’enfant de se constituer un réseau, assure Pascal Montpetit. Les choses se passent toutes seules, sans même que vous vous en rendiez compte.

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