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Travailler aux Pays-Bas, le royaume de la force tranquille

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Vincent Merk

14/03/2016

Avec une balance commerciale excédentaire, les Pays-Bas ont traversé la crise de 2008 avec plus de solidité que la plupart de ses partenaires européens, sans pour autant afficher la bonne santé économique de l’Allemagne. Attention toutefois à l’emballement : s’il est opportun de travailler avec les Néerlandais, il convient de bien se préparer !

Une communication directe et informelle

Les Néerlandais apprécient en général un style de communication direct, informel et qui va droit au but (recht door zee). Le pathos et l’affect, typiquement latins, sont plutôt perçus comme un manque de professionnalisme et une perte de temps. Les compliments et critiques sont généralement exprimés de manière franche et directe. La critique ne vise pas la personne, mais plutôt l’action engagée. La franchise est perçue comme preuve d’efficacité et d’honnêteté.

Pour obtenir des informations sur l’avancée d’une affaire, il faut simplement en faire la demande. Informations et échanges sont généralement réguliers et transparents.

En réunion, il faut être prêt à répondre à des questions explicites et précises et à expliquer toute proposition dans les détails.

S’agissant d’une négociation, il faut savoir que les Néerlandais apprécient la concision, il faut donc entrer immédiatement dans le vif du sujet (après une intro rapide, le temps de boire un café). Présentez alors votre produit ou projet sans détour, de façon claire et évitez les argumentations trop abstraites, conceptuelles, voire intellectualistes.

 

Un rapport à la hiérarchie inspiré du calvinisme

Aux Pays-Bas, le rapport au pouvoir et à la hiérarchie est pragmatique et égalitaire, que ce soit dans les rapports sociaux ou professionnels. Un héritage du calvinisme en somme.

La place de chacun dans l’organisation est structurée et respectée, tout comme le pouvoir de décision personnel, qui en négociation est souvent plus large que celui des partenaires français.

Il est en général difficile d’imposer quelque chose à quelqu’un (approche top-down), on préfère de longues discussions (overlegcultuur). Expliquer est considéré comme une manière efficace d’agir car cela permet d’avancer vers le consensus. Si celui si se révèle impossible à trouver, ce sera alors le compromis qui unira les différentes parties. Ce mode de fonctionnement peut rallonger le temps de la prise de décision… mais il a l’avantage de générer des solutions soutenues par une large base, qui pourront être appliquées d’autant plus facilement.

Le conflit n’est pas considéré comme une manière constructive de stimuler le débat pour éventuellement faire avancer les choses, comme c’est le cas en France. Les Néerlandais préfèrent l’éviter. En atteste, par exemple, les négociations salariales : la grève ne sont vraiment que l’ultime recours, on discute d’abord et on avance pas à pas vers l’inéluctable compromis.

Cette approche pragmatique et égalitaire est symbolisée par le fameux poldermodel, ce modèle de concertation et de prise de décision typiquement néerlandais. Bien que régulièrement qualifiée de « syndrome de réunionite » et accusée de favoriser un « nivellement par le bas », cette caractéristique culturelle est malgré tout encore solidement ancrée dans les mœurs politiques, sociales et professionnelles. Tout interlocuteur étranger impliqué dans les affaires avec des Néerlandais y sera confronté de près ou de loin.

 

Gestion du temps : à vos agendas !

Le rapport au temps est, lui aussi, direct et pragmatique. Les Néerlandais préfèrent une organisation et une planification strictes des évènements et du déroulement de la journée de travail. La ponctualité est bien entendu de rigueur : horaires, délais et rendez-vous professionnels, mais aussi privés, sont scrupuleusement respectés. En réunion, on apprécie un ordre du jour suivi à la lettre, sans trop de digression ou d’improvisation. Cela peut déboucher sur un certain manque de flexibilité, voire de créativité. La confiance en affaires se gagne par la ponctualité et le respect des engagements pris, cela procure fiabilité et crédibilité. Au quotidien, on apprécie les promesses tenues. Attention en effet : une promesse même orale a force d’engagement réel ! On dit communément afspraak is afspraak: ce qui est convenu est convenu.

 

France – Pays-Bas : si proche et si différents ?

Quelques expressions populaires nous renseignent sur la perception qu’ont les Néerlandais de l’Hexagone… Ainsi de « Met de Franse slag » : faire quelque chose « à la française », c’est-à-dire… le faire mal, avec cette notion de système D plutôt mal vue aux Pays-Bas.

Ou encore « Leven als God in Frankrijk » : vivre comme Dieu en France, expression en fait d’origine allemande, mais que les Néerlandais aiment bien employer pour décrire un style de vie, une joie de vivre si (stéréo)typiquement française. Mais en réalité, on s’en méfie car si c’est bon pour les vacances (France, vacances, romance), ce n’est pas très sérieux pour les affaires !

Enfin il est un malentendu qu’il convient dissiper avant de travailler avec des Néerlandais. S’il est vrai qu’ils sont dans leur majorité tolérants et libéraux par rapport à certaines valeurs (drogues douces, prostitution, mariage pour tous, euthanasie), ils sont aussi très individualistes et indifférents les uns envers les autre. Ainsi ont-ils accueilli au cours des siècles des riches immigrés tels les juifs portugais (le philosophe Spinoza en est un exemple), ou des intellectuels en quête d’un refuge (tel le philosophe Descartes), ou encore des nobles français fuyant la Révolution, voire d’habiles artisans tels que les Huguenots, mais depuis quelques années, le masque est tombé face à l’afflux de migrants et de réfugiés plus pauvres. Ils ne sont en fait pas plus ouverts aux autres que leurs voisins, un constat largement exploité à l’heure actuelle par les acteurs politiques populistes.

 

Le fiets (vélo), c’est CHIC !

Le vélo et son usage intensif aux Pays-Bas représentent en effet un raccourci des mœurs et comportement des Néerlandais. Il est ancré dans le quotidien, le moyen de transport privilégié de 2 à 88 ans, constitue un sport national et beaucoup de Néerlandais en possèdent plus d’un. Donc le vélo c’est CHIC (en anglais) car l’utiliser c’est :

- Clean, propre pour l’environnement si fragile aux Pays-Bas

- Healty, sain pour la santé à tout âge

- Individualistic, individuel, on se déplace de A à B sans trop d’obstacles, on se comporte souvent comme le roi de la route, et finalement :

- Cheap, pas cher, oh combien important pour le Néerlandais (calviniste) et un peu près de ses sous…

 

 

8

commentaires

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ciboulette

19/03/2016

à 19:12

Il est vrai que le hollandais est assez direct et va souvent à l'essentiel.
Il est respectueux des règles, en général.

Ce côté un peu "rigide" côtoie pourtant sa grande tolérance idéologique sur multiples sujets (drogue, prostitution, euthanasie, homosexualité...)

Il a un esprit curieux et il est ouvert aux autres, s'intéressent aux autres cultures et pays que le sien. C'est un ancien pays colonisateur, il ne faut pas oublier !
Il a de plus un petit côté "précieux", et lymphatique. Il n'aime pas se stresser, ce qui ne nuit pas, pour autant, à son efficacité.

Son plus grand défaut la radinerie. Mais, il ne gaspille pas et préserve la nature et l'environnement.

Personnellement, Je le trouve "fier" et tourné sur lui-même, peu généreux.
Il aime son confort avant tout et la priorité est accordée aux vacances !

Eux nous, trouvent : "arrogants", "indisciplinés", "non respectueux", "peu discrets" et "grande gueule"... très latins.

Nous sommes, en revanche, trop formels pour les invitations à manger etc. Le néerlandais est plus spontané et vient rendre visite plus facilement sans carton bristol... ce qui nous est aussi reproché.

Pour répondre à Digio, Je suis d'accord avec tout cet article. C'est une bonne vue d'ensemble.
Et, il n'y a aucune contradiction avec le commentaire de Digio. Il n'est, en effet, nullement mentionné que le Néerlandais est une personne "très speed", donc : oui ! le néerlandais est mou par moment. Donc, je ne vois pas pourquoi Digio ne serait pas d'accord.

Je vois pas le rapport avec la choucroute ?

Quant à l'accuser d'être responsable de beaucoup d'accidents en Europe, pour avoir vécu aux Pays-Bas, la conduite y est plus sûre et moins énervée...
Tout est relatif !
Il faut aussi prendre en compte le pourcentage de néerlandais qui viennent en vacances en Europe, donc selon la masse globale est-ce bien représentatif ?
L'article parle de la masse globale...

ps : Tacler sur une faute de frappe, d'étourderie ou d'orthographe, je trouve cela un peu facile, et bas.

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Y GOULLIN

16/03/2016

à 16:43

apres 13 ans dans une PME Hollandaise, je trouve ces commentaires utiles et fondés.
Bravo, notamment sur la fausse véracité des clichés....ils sont effectivement francs, mais pas toujours...; ils sont (très) près de leur sous (ou du moins jamais pas dispendieux ) mais aussi capables de dépenser beaucoup pour un projet, pour inciter la cohésion dans l'entreprise, etc...

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Sbo

15/03/2016

à 23:23

En s'attachant au fond maintenant...
Marié à une néerlandaise, je fais de nombreux déplacements aux pays bas. Je reconnais effectivement l'ensemble des éléments apportés par Vincent.
Le néerlandais est en règle générale plutôt radin, où près de "ses sous" si vous préférez. Il aime la France (ses paysages, sa culture et ses monuments), mais moins les francais qu'il trouve sales et peu aimables (un grand merci aux commerçants parisiens sur ce point).

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Palicoco

15/03/2016

à 20:47

"...si celui si...." Hé bien alors ?!
Paragraphe 7, 4ème ligne

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Jérôme

15/03/2016

à 21:13

J'ai eu la même réflexion... ça m'a piqué les yeux sur le coup et obligé de relire trois fois pour comprendre la phrase... Énorme phote d'horttografe... très peu professionnel !

Cela dit, l'article est très intéressant à proprement parler du contenu.

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Marco

15/03/2016

à 14:59

Ancien résident des Pays-Bas et quotidiennement en contact avec des collègues Néerlandais, je suis tout à fait d'accord avec cet article. Les Néerlandais sont disciplinés, vis à vis des plannings de réunion comme du code de la route ou des files d'attente. Si on se sent compatible avec cette caractéristique et celles décrites dans l'article, alors ne pas hésiter une seconde, ce pays à beaucoup à offrir, surtout ce si on fait ce qu'il faut pour apprendre la langue.

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Alninja

02/11/2017

à 15:27

Respectueux des fils d'attente? Je vis a Amsterdam et j'ai jamais vu des gens aussi impolis. Pour les fils d'attente, vous avez beau a être proche de comptoir en train de commander, ça gène pas les hollandais qui entrent a vous presque couper la parole et se mettre juste devant vous. Etre enceinte dans ce pays doit être un expérience horrible, car il y aura personne a vous céder la place ou vous faire passer devant. Vous pousser sans s'excuser c'est plus leur genre.

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Digio

15/03/2016

à 19:41

Je suis pas d'accords avec vous. Les neerlandais sont ceux qui provoquent bcq d'accident en europe lors des grandes vacances d'été. Ils sont très moux au volant!!!

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