Québec : les secrets pour travailler avec nos "cousins d'Amérique"

Publié le 28 avril 2014 La rédaction Cadremploi

Le Québec attire les Français, rassurés par l’usage de leur langue maternelle, pourtant, travailler avec les « cousins d’Amérique » réserve bien des pièges à éviter. A commencer par l’attitude : les Québécois ne supportent généralement pas que les Français se comportent chez eux comme en terrain conquis : parlant fort avec cet accent « pointu ». Car oui, au Québec, ce sont les Français qui ont un accent.
  1. Esprit d’équipe et responsabilités individuelles : un équilibre à trouver
  2. Distance hiérarchique : jouez la disponibilité et bannissez la polémique au Québec
  3. Rapports avec vos collègues québécois: évitez le second degré
  4. Respect des échéances : remplacez le "mais" par un "et" 

 

Esprit d’équipe et responsabilités individuelles : un équilibre à trouver

L’esprit d’équipe est une valeur importante dans les relations professionnelles au Québec. Pour travailler dans les meilleures conditions, il vous faudra l’adopter et opérer un savant dosage entre implication et discrétion. L’employeur appréciera que vous fassiez des propositions, mais gardez-vous en toute circonstance de passer pour un « donneur de leçons ». Pour cela, commencez par proscrire toute comparaison avec votre pays d’origine. Tâchez au contraire de faire preuve d’ouverture d’esprit tout en restant humble et accessible. L’autocritique sera appréciée, mais ne versez pas non plus dans l’excès et évitez de tomber dans le dénigrement de votre propre culture.

Autonomie et sens des responsabilités sont des valeurs centrales au Québec, où la notion de hiérarchie reste peu présente. Chacun doit assumer ses responsabilités individuelles dans un esprit coopératif, sans empiéter sur l’espace d’autrui ni non plus espérer obtenir l’aide de collègues qui ne seraient pas directement concernés par votre mission.

Distance hiérarchique : jouez la disponibilité et bannissez la polémique au Québec

Le management se situe généralement sur un plan plutôt horizontal. Peu directive, la hiérarchie attend ainsi des collaborateurs qu’ils s’impliquent dans la prise de décisions. Les relations sont directes et franches, les supérieurs sont généralement accessibles et l’on en attendra autant de vous. Les Québécois, qui n’aiment pas le conflit, apportent le plus grand soin à la diplomatie. Ne vous y trompez pas et soyez attentifs : il vous faudra décrypter d’éventuelles critiques amenées avec soin, en « sandwich », entre deux compliments.

Le respect mutuel est crucial alors ne coupez jamais la parole de votre interlocuteur et faites attention à votre façon de formuler une critique. Celle-ci devra être constructive et être présentée avec tact. Les Québécois n’aiment pas les débats animés et la polémique. Ce qui est pour un Français une « discussion animée » pourra être perçu outre-Atlantique comme une violente dispute et entrainera généralement une réaction de rejet immédiat.

Rapports avec vos collègues québécois: évitez le second degré

Si les rapports sont détendus, conviviaux et le tutoiement très courant, les Québécois n’en sont pas moins très professionnels. Le danger qui guette un nouveau venu serait de glisser dans une certaine familiarité avec ses collègues – qui sont des relations professionnelles et non des amis. L’espace privé fait partie de l’intimité et il est malvenu de faire état de sa vie privée ou de questionner ses collègues sur la leur. Aussi chaleureux et sympathiques soient-ils, les collègues deviennent rarement des amis.

Autre particularité : lors des sorties au restaurant le plus souvent chacun paie sa part même lorsque c’est le patron qui a proposé le repas. Dans les relations d’affaires les Québécois iront d’ailleurs plus volontiers jouer au golf plutôt que partager d’interminables repas au restaurant. Et là encore, chacun paiera sa part.

De plus, laissez les blagues sexistes aux vestiaires ! Même si l’égalité professionnelle n’est pas encore totalement effective entre les femmes et les hommes, les propos sexistes, voire la galanterie, sont à bannir. Le second degré est de manière générale très peu gouté au Québec. De même que toute blague à caractère identitaire : le respect de l’égalité et de la diversité sont des valeurs centrales des entreprises québécoises.

Respect des échéances : remplacez le "mais" par un "et" 

Qu’il s’agisse de respect des horaires de réunion ou de délais de livraison, il est important de savoir respecter les échéances. Une réunion prévue à 9 heures démarrera à 9 heures précises. Un maître du temps s’assurera du respect de l’ordre du jour, un temps de travail étant le plus souvent prédéfini pour chaque point prévu. Le consensus est de mise et les participants sauront renoncer à leur idée de départ dans un esprit de décision commune. Le travailleur français gagnera à remplacer le « mais » par le « et ».

En cas de difficulté à respecter un délai, il faudra l’anticiper et en faire part au plus tôt aux parties prenantes afin de prendre les mesures nécessaires : décaler l’échéance, mettre en place une autre organisation, mobiliser des collègues, etc.

Le présentéisme ne fait pas partie de la culture québécoise. Le fait de rester tard pourrait être interprété comme un défaut d’organisation.

En résumé, pour réussir son intégration professionnelle au Québec, pensez à :

- Ne pas comparer les cultures
- Eviter les remarques sur l’accent, la façon de parler, les mots choisis et la langue en général
- Bannir l’ironie et le second degré
- Rester positif en valorisant ce qui est bien
- Garder en tête qu’un comportement avenant (relations interpersonnelles polies ou valorisantes) n’est pas en soi un signe positif de l’issue d’une relation professionnelle (signature d’un futur contrat, embauche…)
- Considérer qu’une femme qui soutient le regard ne signifie en rien qu’elle est dans un rapport de séduction

La rédaction Cadremploi
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