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Travailler au Brésil : comment dépasser les clichés?

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Marcos Lima

05/02/2014

Le Brésil : un géant qui ne cesse de grandir. Première lettre de l’acronyme BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, South Africa), le pays affiche une croissance insolente et offre toujours plus d’opportunités d’investissements étrangers. L’économie brésilienne est attractive dans beaucoup de secteurs, mais gare aux pièges.

Pour diminuer les risques de retards et d’échecs, les managers disposent de clés interculturelles pour mieux comprendre leurs interlocuteurs brésiliens afin d’établir une relation optimale. Parmi les critères les plus significatifs, on retrouve systématiquement le rapport au travail, le rapport à la hiérarchie, le rapport au temps et le rapport au style de communication.

Ces critères vont permette d’établir des profils pertinents et de dresser un tableau des tendances comportementales au travail. En tenir compte permet de travailler efficacement avec les Brésiliens.

Les réunions au Brésil

C’est particulièrement le cas des réunions de travail et des négociations : les Français sont plus axés sur les tâches que les Brésiliens, qui ont eux besoin de plus de temps pour bien connaître leurs interlocuteurs. Il n’est donc pas surprenant qu’un Brésilien insiste pour emmener un contact professionnel au restaurant, qu’ils prennent le temps de parler de leur vie familiale respective, cultivant une forme d’amitié. D’une certaine manière, les Brésiliens auront tendance à faire des affaires avec des personnes plutôt qu’avec des entreprises. 

Les Brésiliens et la hiérarchie

Concernant le rapport à la hiérarchie, Français et Brésiliens sont assez similaires. Pour ces deux cultures aux racines latines, le respect des supérieurs est plus important que la prise d’initiative. De même que l’inégalité entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent est communément admise et semble naturelle. Les Brésiliens sont très attachés aux symboles du pouvoir et aux statuts sociaux et leur apparente informalité ne doit donc pas être prise comme une marque de mépris. Au Brésil, la décontraction vestimentaire et le tutoiement ne sont pas incompatibles avec des rapports hiérarchiques très stricts.

Vie privée / vie pro au Brésil

Le rapport à la vie privée et à la gestion du temps est fréquemment une source de conflit. Il n’est pas rare que les Brésiliens se permettent d’avoir quinze minutes à une demi-heure de retard sans s’excuser (particulièrement avec les conditions du trafic actuel dans les grandes villes brésiliennes). Les plans et deadlines ne sont pas toujours suivis à la lettre ; il faut beaucoup de contrôle du côté de la hiérarchie pour s’assurer que les projets sont livrés dans les délais prévus. Les problèmes liés à la préparation pour la Coupe du Monde de 2014 sont autant d’exemples révélateurs de cette mentalité. 

Les Brésiliens et la gestion du temps

Les cultures dites « polychroniques » – ayant un rapport au temps flexible et mélangeant aisément les différents « temps » d’une journée (travail, famille, loisir…) – sont généralement particulièrement collectivistes. Dans le cas du Brésil, cela se ressent notamment vis-à-vis du rapport aux sphères privée et publique de l’individu. Au contraire des Français, les Brésiliens sont beaucoup plus souples et mélangent facilement ces deux aspects. En atteste sans doute l’explosion des réseaux sociaux propulsant les Brésiliens parmi les plus grands utilisateurs de Twitter au monde[. Enfin, cette distinction collectivisme / polychronique (Brésilien) vs. individualisme / monochronique (Français) a aussi un impact sur la façon dont est donné un feedback. Ainsi au Brésil, il n’est pas rare de critiquer en privé quelqu’un ou quelque chose dont on fera l’éloge en public. 

Attention à ne pas généraliser: les différences régionales sont importantes au Brésil

Bien évidemment, il faut prendre ces remarques avec précautions. Il s’agit de tendances culturelles, avec leurs limites. Par exemple, les Paulistanos (habitants de São Paulo, l’état le plus riche et le plus industrialisé du Brésil) ont une conception du temps beaucoup plus proche des Français que les Nordestins, davantage influencés par la dictature et l’industrialisation à marche forcée. Les Cariocas (habitants de Rio) sont eux beaucoup plus expressifs que certains Gauchos (habitants du sud, souvent descendants des Allemands), à l’instar d’un Lillois qui sera souvent plus réservé qu’un Marseillais.

Ces tendances sont un point de départ pertinent pour travailler efficacement avec des Brésiliens… mais, comme toujours, à condition d’ajuster son comportement selon la sous-culture et la personnalité de son interlocuteur.

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