Il gagnait 1 300 € par mois à La Poste, il est aujourd'hui à la tête d'un empire à 60 millions d'euros
Rien ne prédestinait Michaël Ledoux au métier de patron de franchise. Né en Seine-et-Marne d’un père plombier et d’une mère travaillant dans un hôpital, le fondateur de TransakAuto n’a jamais évolué dans la sphère de l’entrepreneuriat. Lorsqu’il était plus jeune, son « dada », c’était surtout le football et les belles voitures. « Lorsque j’étais en classe de troisième, j’avais dit à un conseiller d’orientation que je voulais être topographe, simplement parce que celui que je connaissais gagnait bien sa vie et roulait avec une belle voiture », raconte-t-il.
Après un an dans cette filière, le jeune homme – lassé de passer son temps dehors, dans le froid, pour procéder à des relevés métriques sur les chantiers – décide de l’abandonner. Il entame un premier virage à 180°. « On disait de moi que j’avais la tchatche et que je pourrais faire carrière dans le commerce. Je me suis donc inscrit en BEP vente, que j’ai passé en alternance dans un magasin de retail », explique-t-il. Sa passion pour les voitures ne le lâche pas. En parallèle, Michaël Ledoux commence alors à s’intéresser à l’achat et à la vente de véhicules d’occasion, d’abord pour « donner un coup de main ». Même si ses premiers clients sont ses amis et sa famille (notamment sa belle-mère, qui lui confie la vente de son Audi A3), le jeune homme se rend vite compte que les acheteurs et les vendeurs de voitures sont plutôt prompts à déléguer cette tâche à un tiers de confiance. Et cela l’inspire.
Tout juste majeur, Michaël Ledoux refuse alors un CDI en tant que vendeur pour rejoindre le groupe La Poste. « Je travaillais entre six heures et midi, en tant que livreur de colis. Cela me permettait d’avoir un petit revenu régulier et surtout, je pouvais profiter de mes après-midis pour continuer, en tant que micro-entrepreneur, mon business de vente de voitures », se souvient-il. Avec un ami graphiste, le jeune homme conçoit même un flyer dans l’objectif de se faire connaître. Durant sa tournée en tant que livreur, il distribue ses prospectus dans toute l’Île-de-France.
Très vite, il croule sous les appels et passe des après-midis entiers à prendre des photos de véhicules, à rédiger des annonces… En 2011, alors qu’il a seulement 28 ans, il quitte La Poste et se lance officiellement dans l’intermédiation automobile avec TransakAuto. Très vite, il empoche entre 10 000 et 15 000 euros par mois. « Cela n’avait donc rien à voir avec le salaire de 1 300 euros nets par mois que je touchais en tant que livreur », précise-t-il. Ces premiers niveaux de salaires l’encouragent à poursuivre dans cette voie. Après plusieurs rencontres, notamment avec un ancien cadre financier de la banque HSBC, il installe son entreprise dans un local du Val-de-Marne, ce qui lui évite de multiplier les allers-retours chez ses clients. À cette époque, il génère, seul, 1 000 euros de chiffre d’affaires par jour. Un an après, en 2012, voyant que plusieurs personnes voulaient rejoindre son aventure entrepreneuriale, il s’intéresse au modèle de la franchise.
Après une crise majeure – due à la perte de son associé, qui lui vaudra d’être au bord de la faillite – Michaël Ledoux redresse rapidement la barre en misant davantage sur les réseaux sociaux, à partir de 2018. Avec le succès qu’on lui connaît. Aujourd’hui, le quadragénaire est à la tête d’une enseigne qui fédère 196 magasins en France et au Benelux et environ 500 personnes. En 2025, TransakAuto a généré 60 millions d'euros de chiffre d’affaires, via la vente de plus de 32 000 véhicules d’occasion. L’entreprise projette d’atteindre 90 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2026. Après une dizaine d’années « de prudence », où Michaël Ledoux se versait un salaire net compris « entre 3 000 et 4 000 euros », l’entrepreneur a récemment vu sa rémunération décoller. « Aujourd’hui, je touche un salaire à cinq chiffres, que je tairai par pudeur envers mes proches », précise-t-il. Une rémunération qui pourrait continuer de grimper : l’entrepreneur lancera, d’ici l’été 2026, une nouvelle marque : TransakMoto, dédiée à l’achat et à la vente de motos d’occasion.