Il dirige 3 magasins Intersport en station de ski : voici ce qu'il gagne vraiment

Il dirige 3 magasins Intersport en station de ski : voici ce qu'il gagne vraiment Julien et sa femme se sont installés dans le domaine de La Toussuire, en Savoie, et emploient 16 personnes dans leurs trois magasins Intersport.

À 1 800 mètres d’altitude, quand une tempête de neige bloque encore les routes et que les premiers vacanciers s’impatientent à l’idée de fouler les pistes, Julien Noël commence sa journée. Il est 7 h 30 et le chef d’entreprise doit ouvrir ses trois magasins Intersport à La Toussuire, sur le domaine des Sybelles, quatrième plus grand domaine skiable de France, en Savoie. À 46 ans, cet ancien dirigeant de grandes structures a tout quitté pour renouer avec ses trois grandes passions : le commerce, le sport et la montagne.

Pendant quinze ans, Julien Noël a dirigé une société de remontées mécaniques avant d’intégrer, pendant six ans, une entreprise spécialisée dans la sécurité en montagne. « Je travaillais sur le déclenchement préventif d’avalanches, les filets et les matelas de protection. » Il devient ensuite directeur des exploitations d’un grand groupe hôtelier en station pendant deux ans et demi, supervisant 22 établissements dans les Alpes. « Puis, il y a un an et demi, j’ai décidé d’arrêter de diriger de grandes entreprises pour le compte d’autres groupes. Je voulais me rapprocher de ma famille et gérer ma propre société », confie-t-il.

Avec son épouse, issue du commerce, il reprend simultanément les trois magasins Intersport de La Toussuire, une condition imposée par la coopérative Intersport, dont il devient adhérent indépendant. « À 45 ans, nous avons liquidé une partie conséquente de notre patrimoine pour investir et repartir dans une nouvelle aventure entrepreneuriale », résume-t-il.

Deux des points de vente sont situés au cœur de la station. Le premier est dédié à la location de skis et à la vente d’accessoires techniques — casques, masques, gants, protections — avec un atelier attenant pour le réglage et l’entretien du matériel. Le second est consacré au textile, des vestes techniques pour skier aux tenues plus lifestyle pour se promener au pied des pistes. Le troisième magasin, plus excentré dans un quartier résidentiel et ouvert uniquement le week-end, est exclusivement dédié à la location de skis.

À La Toussuire, la saison d’hiver débute dès le 1er novembre, avec la réception du matériel. Les magasins ouvrent mi-décembre et l’activité ne faiblit plus jusqu’à la fermeture du domaine, prévue le 12 avril. « Cette semaine (celle du 16 février, ndlr), nous avons loué 1 200 paires de skis. Comme les arrivées et les départs se concentrent entre le vendredi soir et le samedi, notamment lors des bascules entre deux zones de vacances scolaires, nous n’avons qu’environ 24 heures pour tout réviser et préparer le matériel pour les nouveaux clients. »

En pleine saison, Julien travaille sept jours sur sept, de 7h30 jusqu’à 19h30 voire 20h. L’hiver, l’équipe compte 12 permanents, renforcés par deux à quatre personnes le week-end et au cours du mois de février. Soit 16 personnes au plus fort de la saison. L’été, seul le magasin textile ouvre du 10 juillet à la fin août. Les intersaisons sont consacrées aux achats, à la clôture comptable et à la préparation de la saison suivante.

Pour s’assurer que ses saisonniers aient envie de revenir l’hiver suivant, Julien ne s’en cache pas : il n’hésite pas à les choyer. Logement individuel, forfait de ski offert, équipements mis à disposition… « J’ai encadré des centaines, voire des milliers de salariés dans ma carrière. J’ai toujours placé les personnes au centre. Je choisis d’investir beaucoup dans mon équipe », explique l’entrepreneur.

S’il skie désormais peu — « six ou sept fois dans l’hiver, ce serait déjà beaucoup » — Julien ne regrette rien. « Sans hésiter, je referais cette reconversion. » Son ambition ? Développer davantage de services et valoriser des marques françaises ou européennes afin de donner une “patte” identifiable à ses magasins.

L’entreprise réalise environ 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires TTC par saison d’hiver, dont deux tiers issus de la location et un peu plus d’un tiers de la vente. Travailleur non salarié, Julien ne perçoit pas de salaire fixe. « Je me verse une rémunération sous forme de dividendes, en fonction des résultats. D’après le prévisionnel, je devrais pouvoir me rémunérer entre 80 000 et 90 000 euros bruts par an », soit l’équivalent de 4 573 à 5 145 euros nets mensuels en moyenne après cotisations et impôts.

Face au réchauffement climatique et aux variations de fréquentation, Julien se veut pragmatique : « Dans des stations d’altitude comme la nôtre, il y a toujours eu de bonnes et de mauvaises saisons. Je ne ferai jamais deux hivers identiques. » La neige de culture et la diversification entre location et vente lui permettent par ailleurs d’amortir les écarts.