"Je gagne 3 100 € nets par mois, mais il me reste moins de 800 € pour vivre" : le témoignage de Yaël, cadre à Paris
ENTRETIEN EXCLUSIF
Propos recueillis par Aurélie Tachot.
"Je vois tous mes amis devenir propriétaires en province. Personnellement, j’en suis encore loin… Et quand je le confie à mes amis, ils peinent à me croire", explique Yaël, qui vient de fêter ses 35 ans. Et pour cause : le cadre parisien travaille chez le géant du conseil et de l’audit KPMG.
"J’ai débuté comme auditeur junior et je suis désormais senior consultant. Mon travail me plaît beaucoup et je suis très investi dans mon travail. Ma rémunération n’est toutefois pas à la hauteur : elle est d’environ 50 000 euros bruts par an", confie le trentenaire, diplômé de Kedge Business School.
Soit environ 3 100 euros nets par mois (avant prélèvement des impôts) qui devraient, sur le papier, lui permettre de vivre confortablement.
Et pourtant, à ses yeux, cette rémunération est loin d’être suffisante. "Je vis seul, dans un appartement de deux pièces qui fait 38 m² – donc relativement petit ! – et qui est situé dans le 15e arrondissement de Paris. Mon loyer est de 1 250 euros par mois, ce qui correspond à plus d’un tiers de mon salaire. Ce montant est plus élevé que la mensualité que la plupart de mes amis mettent dans leurs prêts immobiliers en province", indique-t-il. Classiquement, Yaël doit, en plus, faire face à plusieurs charges : énergie, eau, transport…
"Si j’enlève le budget courses, assurances, loisirs, sport, Internet, téléphone… et surtout les impôts, mon reste à vivre est bien moins élevé que celui de mes amis. Je l’évalue à un peu moins de 800 euros par mois."
Un montant que Yaël estime "acceptable mais loin d’être confortable". Il explique : "Je gagne bien ma vie, je n’ai pas à me plaindre ! Mais la vie parisienne est tellement onéreuse que j’ai l’impression que mon salaire est trop faible. Lorsque je vois certains de mes collègues de travail, qui touchent le même salaire que moi, faire des voyages à l’autre bout du monde, débourser plusieurs centaines d’euros pour participer au marathon de New York… Je me demande comment ils parviennent à les financer. Personnellement, je ne peux pas me le permettre". À plusieurs reprises, le cadre a tenté d’obtenir une augmentation auprès de son N+1.
"Mon manager dit avoir peu de marge de manœuvre, nos salaires étant dépendants d’une grille définie par une convention collective."
En réalité, Yaël sait pourquoi ses finances sont, à ses yeux, parfois limitées. "Si j’étais en couple avec quelqu’un ou même en colocation, mes charges en matière de logement seraient beaucoup moins élevées. J’en suis conscient, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je cherche activement l’amour de ma vie !", sourit le cadre pince-sans-rire. En tant que jeune célibataire, il doit en effet tout assumer seul. À court terme, le trentenaire aimerait ainsi quitter Paris pour vivre à Nantes, où il a grandi.
"Mon salaire serait, certes, moins élevé et je devrais ajouter un budget voiture et assurance. Mais je pense que mon pouvoir d’achat serait plus important. Et je pourrai enfin vivre dans un logement plus grand, voire même épargner pour enfin devenir propriétaire", conclut-il.