C'est le seul secteur où les femmes sont mieux payées que les hommes - et c'est très inattendu
Dans un bureau, en open space ou dans un atelier, le constat reste le même depuis des années : à la fin du mois, les femmes gagnent moins que les hommes. En 2024, dans le secteur privé, leur revenu salarial, tous postes et secteurs confondus, est inférieur de 21,8% en moyenne à celui des hommes, selon l’étude "Écart de salaire entre femmes et hommes en 2024", publiée par l’Insee en février 2026. Même à temps de travail équivalent, l’écart persiste et atteint 14%. Une réalité bien installée, que les politiques publiques peinent encore à corriger.
Derrière ces chiffres se dessinent surtout des parcours professionnels différenciés. Les femmes travaillent davantage à temps partiel, connaissent plus souvent des interruptions de carrière et ne se dirigent pas vers les mêmes métiers. Elles sont notamment plus présentes dans des secteurs globalement moins rémunérateurs — comme les services à la personne ou les fonctions administratives — et accèdent plus rarement aux postes les plus lucratifs, souligne l’Insee. Résultat : les écarts se creusent avec l’ancienneté.
Et pourtant, au milieu de ce constat défavorable, une exception émerge. Il existe un secteur, pour le moins inattendu, dans lequel les femmes gagnent en moyenne davantage que les hommes. Selon l’étude, elles y perçoivent environ 2% de plus que leurs homologues masculins en équivalent temps plein. Ce secteur, c'est celui de la construction. Un domaine encore largement perçu comme masculin dans l’imaginaire collectif.
Mais derrière cette apparente inversion économique se cache une réalité plus nuancée. Si les femmes qui travaillent dans le BTP y sont en moyenne mieux rémunérées — avec environ 2 453 euros nets mensuels, contre 2 405 euros pour les hommes — c’est avant tout parce qu’elles n’occupent pas les mêmes postes. Elles sont peu présentes dans les emplois les moins qualifiés et les moins rémunérés, et davantage représentées parmi les cadres.
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Ce n’est pas le secteur qui est plus égalitaire, mais la structure des emplois qui tire la moyenne vers le haut, explique l’Insee. Autrement dit, peu nombreuses, les femmes présentes dans la construction occupent des postes plus qualifiés et mieux rémunérés que leurs homologues masculins.
L’Insee met ainsi en évidence une "ségrégation professionnelle" : femmes et hommes ne se répartissent ni dans les mêmes métiers, ni dans les mêmes proportions. Cette organisation explique une large part des écarts observés. À poste strictement comparable, au sein d’une même entreprise, l’écart tombe d’ailleurs à 3,6%. Preuve que les différences observées à l’échelle du secteur privé tiennent avant tout à la répartition des emplois.